Passés l'épuisement du déménagement et l'excitation du nouveau sur un quotidien devenu aussi routinier que transparent, le choc est rude : je vis maintenant dans 20m2, dont 18m2 remplis par mes cartons - oui je ne sais pas choisir entre mes douze milles fringues - avec deux chats : la grosse noire a mis exactement 12 secondes à comprendre comment monter l'échelle de la mezzanine, du coup, la nuit c'est un ballet incessant : "scrouitch, scrouitch" font ses griffes quand elle monte l'échelle, "tougoudoum, tougoudoum" font ses petites pattes sur ma couette, "nudge, nudge" fait son museau sur ma joue, t'es réveillée, allez t'es réveillée, CROQUETTES TIME PARTY !, "tougoudoum, tougoudoum" ses petites pattes font demi-tour quand elle réalise que OUI PUTAIN JE SUIS REVEILLEE MAIS DANS TON CUL LES CROQUETTES SALE GROSSE, "scrouitch, scrouiiiiiiiiiiitch, BLAM" quand elle redescend et se casse la gueule systématiquement. Repêtez cette séquence à l'infini, vous aurez une idée de mes nuits depuis dimanche dernier.... Ha et j'oubliais, pendant ce temps, le petit blanc toujours aussi blond, reste en bas en miaulant : il ne sait pas monter, et ça le frustre énormément.
Ajoutez à tout ça le chauffe-eau bruyant, le frigo bourdonnant et les toilettes glougloutantes - oui, la porte doit rester ouverte car la litière des chats n'a trouvé de place qu'entre la baignoire et la cuvette des water-closets - et visualisez maintenant ma tête de zombie fraîchement déterré, d'ailleurs le dernier collègue qui m'a trouvé des petits yeux ne s'en est toujours pas remis. Du coup, mes déplacements professionnels avec chambre d'hôtel vierge de chats et de bruit me paraissent beaucoup plus attrayants qu'auparavant...
Question de survie.