lundi 3 octobre 2005

Quotidien

Je me réveille en sursaut.
Pendant que les paillettes de mon rêve de la nuit s'éteignent doucement, ça me revient.
Saki.
Lundi.
Train.
Boink.
Boulot.
Putain...
Je me sens vaguement excitée, comme quand j'étais gamine et que j'allais à l'école avec un cartable tout neuf. Je me souviens, l'éclipse a lieu ce matin. Je l'ai attendue toute la semaine. Un petit tour dans le noir de l'appart pour regarder la météo sur le net me confirme ce que je savais déjà, nuageux et froid sur Boink aujourd'hui, impossible de voir quoique ce soit.
Normal.

mercredi 5 octobre 2005

Voici le temps venu de prendre les comiques au sérieux

"Il existe trois types de gueules de bois. Il y a des gueules de bois vertes, humides et visqueuses, pleines de nausées et de tremblements, accompagnées de cette certitude qu'on a été éviscéré dans son sommeil, et qu'un rat musqué mort depuis peu a pris la place de votre estomac. Il y a les gueules de bois grises, froides et dures comme la pierre, le granit de votre crâne s'est fendu comme le voile du temple, le roc de votre cerveau n'est plus que décombres à l'intérieur, des décombres douloureuses. Et enfin, il y a les gueules de bois rouges, déchiquetées et trépidantes, des éclairs qui entrent par une oreille et sortent par l'autre, vous traversent les coudes et les genoux, vous avez des sirènes, des chaises électriques et des coussins péteurs dans l'estomac, des éclats de flash dans les yeux et de l'acide de batterie dans la bouche. Voilà quels sont les trois types de gueules de bois, et Pedro les avait toutes les trois."

et

"Les romanciers, quand leurs personnages conduisent une voiture par exemple, n'éprouvent jamais le besoin de décrire avec précision les gestes accomplis par les mains, les pieds, les yeux, les genoux ou les coudes. Pourtant, un grand nombre de ces romanciers, dès que leurs personnages copulent, se livrent à une telle description physique détaillée que vous pourriez croire qu'ils écrivent un livre de travaux pratiques. Nous connaissons tous la corrélation entre la cheville droite et l'accélerateur quand on conduit une voiture, et nous n'avons pas besoin d'explications. Pour ce qui est du sexe, nous savons tout sur les genoux, les cuisses, les doigts, la douceur de la peau dans le cou, tiens-laisse-moi-t'aider, et ça tu aimes, mff, mff, mff, mff. Et si vous ne connaissez pas tout ça vous devriez éviter de lire des livres cochons de toute façon, ça ne donne que de fausses idées."

Merci, Donald Westlake, et aussi Jean Esch, le talentueux traducteur, pour ces Aztèques Dansants, et ces moments passés en votre compagnie pendant mes trop nombreuses heures de train.

Tant qu'il me restera des livres à lire, ça vaudra quand même la peine de se lever le matin.

vendredi 7 octobre 2005

Morceau du jour

Je coupe le contact de ma super nova tout en continuant à secouer la tête au rythme de mon iPod, je m'extirpe de devant le volant, je referme la portière d'un coup de fesses bien placé, j'ai été maline aujourd'hui, je ne me suis pas garée juste en face des travaux et des bulldozers, qui hier ont manqué d'arracher le parc-choc de mon bijou sur roues d'un coup de tracto-pelle mal placé bonjour la frayeur et ont transformé son beau vert bouteille en moche marron terre caca d'oie beurk, je salue les gens qui traversent le parking aussi vivement que moi car bordel il fait froid sur Boink aujourd'hui mais bon il caille tous les jours par ici, oui, oui, c'est bien Albator qui est dessiné, je zigzage, je tape le code, je rentre dans l'Open Space, ça sent pas bon, l'entretien n'a toujours pas retrouvé ce foutu rat crevé dans les canalisations, je fais la bise au seul collègue arrivé avant moi, je mets le chauffage en route, je boote mon ordi, je récupère mes mails, je vais me chercher mon petit déjeuner au distributeur en prenant la longue route parce que bon, spas la motivation qui m'étouffe ce matin, j'ai des coups de fils désagréables à passer, je découvre au fur et à mesure des jours les difficultés à travailler pour le Groupe V., une structure tellement immense que la tête ne voit plus les pieds, et faire bouger tout ça pour résoudre les problèmes et avancer demande une énergie monstrueuse, suffisante pour justifier d'abord un chocolat chaud, ensuite un KitKat et puis quelques Twix. Je retourne dans mon Open Space, la chaleur a rendu l'odeur insupportable, mes autres collègues sont arrivés, bonjour, ça va, t'as l'air fatiguée, ouais, ouais, je m'installe devant mon ordi, je soupire, je décroche mon téléphone, je regarde dehors, j'espère très très fort un truc, vite, des extra-terrestres, un dragon, un tremblement de terre, une faille spatio-temporelle, quelque chose, n'importe quoi, mais je ne vois que les bulldozers jaunes qui recouvrent consciencieusement de terre le 4x4 hors de prix du directeur en chef, alors je soupire encore, je compose le numéro, ça sonne et je me laisse engloutir par mon quotidien.

dimanche 9 octobre 2005

Mâchoire d'acier

Ma guilde se prépare pour l'instance du dimanche soir, je décide d'être raisonnable pour une fois, et je déconnecte du jeu, je vais aller me coucher, dormir, être en forme pour demain. Comme il n'est pas trop tard, je passe par la salle de bains pour faire des trucs de fille que je ne fais jamais et entretenir ma peau douce de poulpe tigré. Un masque, un désincrustant, de la crème qui me fait belle pendant la nuit - ça marche pas ces conneries mais vu le prix du pot, hein, je le termine - je me brosse les cheveux, ha tiens j'ai des boutons sur le menton - d'ailleurs, putain, des boutons à presque 30 ans, y a pas arnaque quelque part ?
Je m'active devant le miroir lorsque le baillement me prend.
Un baillement énorme, incontrôlable et j'ouvre de grands yeux en comprenant à l'avance ce qu'il va se passer.
Et crac.
Elle se déboite vers la droite.
Cette putain de mâchoire de merde.
J'ai mal, j'ai envie de crier mais avec la geule déboitée de travers, c'est pas possible. Je respire doucement par le nez pour me calmer, je vais voir Chéri qui joue encore pour le faire rigoler un peu, il devient tout blanc, ha oui c'est impressionnant hein ? Ca faisait longtemps aussi, il avait oublié.
Je retourne devant mon miroir, je songe un instant à prendre un camshot de la chose, nan tant pis j'ai trop mal, allez, c'est maintenant ou jamais, je prends mon menton et mon courage à demain.
Et cronk.
Aïe.
Ouala, remise en place.
Ouf.
Et vivement ma prochaine opération, que ce genre de truc ne se reproduise plus jamais jamais jamais.

mercredi 12 octobre 2005

Je suis cadre et j'aime ça

Le groupe V. s'est vidé, les lumières sont éteintes, les parkings sont vides, tout le monde est rentré, les chanceux avec des tas de RTT sont déjà en week-end, alors pourquoi moi, je suis encore là, avec l'oreille rouge et collée au téléphone ?
Parce que j'aime mon boulot.
Mwhahahahaha.

jeudi 13 octobre 2005

Bulletin météo

Je ne suis pas fâchée, non.
Je suis fatiguée et blasée.
Franchement, c'est pire.

La guerre froide des nerfs de la guerre froide des nerfs de euh...

Il m'appelle pas, je l'appelle pas.
Il m'envoie pas de mail, bah je lui en envoie pas non plus.
C'est lui le coupable, le fautif, le MESSANT !
Ouais.
*Snif*

Mais quel est le comble du comble  ?
Réaliser que tu joues probablement toute seule comme une conne à "je-te-fais-la-gueule, je-pleure, sniiiifllle, t'es-trop-méssant, je-suis-malheureuse-et-mal-aimée, fais-toi-pardonner !", parce qu'il est même pas au courant qu'il t'a blessée.

vendredi 21 octobre 2005

Syntax Error

While(forever) do
{
    Train(GoToBoink)
    Boulot
    Train(GoHome)
    WoW
    Dodo
}

mardi 25 octobre 2005

Juste une mise au point...

Oui, je sais, je poste pas ou très peu.
Arrêtez de me râler dessus, j'y suis pour rien, je suis pas morte, juste que j'ai rien à dire ou encore et toujours les mêmes choses chiantes et inintéressantes.
Je tourne toujours autour des mêmes sujets de conversations en ce moment, et je me retiens pour pas vous saoûler mais puisque vous réclamez en voici une nouvelle couche en vrac, alors WoW, Azeroth, Kalimdor, mon level 60 enfin, mes familiers tout choupinou kawaï, ma guilde, les instances sérieuses, les instances fou-rires, un bel arc bleu tant désiré en double, maintenant je veux mon set du  Bestiaire complet, et aussi des enchantements +15 agilité sur chacune de mes haches, et normalement je découvre le Coeur du Magma demain soir, youpi.
Et pis aussi entre deux nuits sur l'ordi, les matins difficiles noirs et gris, le train pour Boink, le train pour la maison, avec une super variante, le train pour Paris quand je vais au Siège du Groupe V., encore le train pour la maison, tellement de fois, trop de fois, je passe mon temps dans les halls de gare, les retards de la SNCF, mes retards, le sprint sur la passerelle entre les cacas de chiens au dessus des voies en hurlant "Attendez mooooaaa !", les contrôleurs sympas, les contrôleurs rigolos et les contrôleurs cons qui me verbalisent de 45 euros pour m'être endormie les pieds sur la banquette (j'avais posé un journal sous mes pieds, mais ce fourbe est tombé pendant mon sommeil), les gens dans le train, les gens sympas, les gens rigolos, les regards et les sourires quand on se retrouve à ouvrir le même bouquin, les gens cons qui veulent pas ranger leur valise et qui squattent deux ou trois places assises, les trains blindés sans place remplis de bidasses en perm' qui sentent la bière et la sueur, les copines qui prennent le même train, nos discussions sur nos mecs et le quotidien, et nos rêves d'une vie pas forcément meilleure mais différente...
Et pis aussi le boulot, le manque de sommeil au boulot à cause de WoW surtout, du train un peu, et du ras le bol de se coucher et de se lever tôt, les baillements à s'en décrocher la machoire sous les regards noirs, le boulot et le Groupe V., mon patron, mes collègues, les projets en vrac et n'importe comment, le bordel, putain, mais quel boooordel ! Les gaffes, les boulettes, les tensions, les fous-rires, les enguelades, les découvertes, les médisances, les inquiétudes, les hallucinations, et parfois comme par surprise, le plaisir...
Et avec tout ça, le temps passe, comme malgré moi.

mercredi 26 octobre 2005

Defcon 5

Suite à ce post, j'ai reçu plusieurs mails inquiets et paniqués de personnes qui se sont senties visées à différents degrés par ma guerre froide des nerfs de la guerre froide des nerfs de euh...
J'ai un peu ri d'abord parce que bon, c'est bien la preuve que ces personnes se sentent quand même vaguement coupables, alors que je n'avais absolument rien à leur reprocher,  je trouve ça rigolo, pas vous ?
Ha, bon...
Et pis ensuite, j'ai ri jaune parce que le seul à m'avoir rien dit et n'avoir pas bronché, c'est le concerné en question et l'objet de ma colère - Chéri pour ne pas le nommer, ouais ça balance mais c'est mérité - à croire qu'il ne lit pas ce blog, alors là je suis vexée.
Et pis juste après, j'ai arrêté de rigoler parce que j'ai déjà bien mal au crâne et essayer de me rappeler POURQUOI diantre diable j'étais fâchée à ce point là ce jour là, ça énerve encore plus les éléphants de dedans ma tête, faut que j'arrête de boire moi où sont les efferalgans ?

samedi 29 octobre 2005

Several miles over the madness horizon and accelerating

Le truc, sur les trottoirs et dans les couloirs de métro parisiens, c'est de marcher vite avec un air pressé et décidé, un air concentré qui affirme haut et fort que tu viens de là bas et que tu vas par ici, que tu y vas vite, tu n'as pas le temps merci.
Le truc, c'est de marcher sans s'arrêter, l'iPod au creux des oreilles et du sac à main, malgré les chaussures que t'as pas l'habitude de mettre mais que tu as bêtement choisies pour frimer auprès des nénettes toujours classes et bien sapées du Siège, qui avec leur maquillage chiadé, leur petite jupe plissée et leur talons, te donne l'impression d'être une plouc provinciale tout juste débarquée.
Le truc, c'est de marcher vite, sans faire un écart pour effrayer d'un coup de talon bien placé ce gros pigeon impudent qui s'est cru un moment invisible, sans s'arrêter pour regarder cet adorable bébé rat, vecteur de peste et de choléra, traîner tant bien que mal un demi-sandwich trois fois plus gros que lui.
Le truc, c'est d'avancer tout droit, ton nouveau chapeau vissé sur les yeux, sans se retourner malgré les klaxons et les "Oh cowboy, t'es mignonne !".
Le truc, c'est de marcher sans réfléchir, pour essayer de calmer, museller, voire même tuer une fois pour toute, cette petite bête sournoise qui t'habite et que tu as enfin décider de contrarier.

Even Cowgirls get the blues...