mardi 2 novembre 2004

From here to eternity

Oui, donc, vous avez tous capté hein, vous êtes pas débiles, depuis que j'ai plus de manuscrit sur le feu, je m'emmerde.  Mais genre, je m'emmerde grave. Limite, je passe mes journées à soupirer, dormir, lire un peu, re-soupirer, dormir encore, et je ne me lève plus que pour Dawson, qui est devenu le point culminant de ma journée - alors qu'on en est à l'épisode 19 sur 24 de la toute dernière saison, la semaine prochaine ça va être le drame.
Ceux d'entre vous qui sont débordés de taff vont se dire que putain, t'exagères, mais occupe toi, profite, fais toi plaisir, tu l'as mérité bordel - et je suis bien d'accord, je l'ai MÉRITÉ BORDEL.
Sauf que je suis à sec.
Fauchée.
Ratissée.
Et franchement, des trucs à faire dans une journée, sans un sou, il n'en reste pas beaucoup, hein. Passer mes journées sur l'ordi, bon, ça me saoûle et ça me fait mal aux yeux. Bouquiner, j'adore mais au bout d'un moment, des bouquins j'en ai plus, faut en racheter, hahaha. Le cinéma ça coute cher, louer des Dvds aussi, y a rien à la télé mais genre vraiment rien que dalle le désert télévisuel, bon à part Dawson mais Dawson c'est seulement une fois par jour - je connais le programme télé par coeur, c'est ultra flippant quand on y pense... Je suis pas motivée pour apprendre à tricoter et même si, la laine ça pousse pas sur les arbres, vous y aviez pas pensé, hein! J'ai pas trop envie de faire du sport même si je devrais vu que ma cellulite est revenue en force, la faute au saucisson, aux chips et aux journées passées au fond de mon lit, et puis bon le vélo sous la pluie, ça m'attire pas mais alors pas du tout.
Là, je vous vois hein, les deux ou trois petits malins du fond, vaguement agacés, qui grognent, mais putain mais qu'est ce que tu nous emmerdes avec tes gémissements, t'as pas un Cv à faire ? Des lettres de motivation à rédiger ? Un boulot de tes rêves à trouver ? Et ta soutenance, ça avance, t'es à combien de transparents ? Tu devais pas ré-écrire des bouts de ton manuscrit ?
Mmm, si.
Mais permettez moi de vous dire merde.
J'ai mérité de rien foutre, bordel.
Même si j'en meurs d'ennui.

jeudi 4 novembre 2004

La fin du monde est proche

Lutine m'avait prévenue mais je n'avais pas voulu la croire. Je viens d'en avoir la cruelle confirmation à l'instant, avec l'horrible bande annonce que TF1 a passé à la fin de Dawson et que j'ai regardé avec stupeur à travers les larmes qui coulaient encore sur mes joues - l'épisode d'aujourd'hui était particulièrement chargé en émotion.
A partir de lundi, c'est Melrose Place.
Ce qui veut dire que non seulement TF1 remplace ma série culte par une grosse daube mais en plus cette chaine de merde me prive des deux derniers épisodes de la dernière saison.
Ma vie est finie.

vendredi 5 novembre 2004

Marmiton.org : mots clés, pâté de chats

Mon petit plaisir du matin, c'est d'entendre le réveil sonner et de ne pas bouger d'un poil. Je ferme les yeux encore plus fort, j'enroule la couette tout autour de moi, bien enfoncée au plus profond de mon lit. J'écoute les bruits de l'appart qui se réveille, et généralement au bout de quelques minutes, si les portes sont juste poussées, y a quatre paires de pattes et deux truffes qui puent la croquette qui me sautent au visage.
Sauf que ce matin, j'ai été extirpée de ce demi-sommeil paisible par des hurlements d'horreur. Par pur reflexe du à une longue expérience en hurlements, j'ai bondi hors de mon lit bien chaud et j'ai découvert un salon entièrement dévasté... Cette nuit, ces abrutis de chats ont organisé un gymkhana dans la pièce, avec passage en traction sur les rideaux. Et forcément la tringle n'a pas resisté à 9kg de poils, de griffes et de bêtises concentrés.

La plus belle femme du monde

Alors bon, je suis loin d'être d'accord avec tout. J'imagine que ça dépend vachement du sujet de la thèse, du contexte scientifique, du financement et surtout de la personnalité du doctorant.
Mais y a des passages qui m'ont vraiment fait pleurer de rire, et d'autres auxquels j'adhère carrément. Alors merci à Arte Radio.com et surtout merci pour ce lien à l'adorable Luet, docteur en physique, spécialisée en fusion thermonucléaire et en plasmas chauds, qui m'envoie depuis quelques temps des mails pleins d'humour et d'espoir sur la vie, la thèse et... l'Anpe.

lundi 8 novembre 2004

Les soutifs de sport applatissent les seins

Comme j'en ai marre d'avoir deux genoux à chaque jambe et que le port de mon jean préféré toute une journée manque de me tuer par lente asphyxie - essayez un peu de respirer avec le ventre comprimé - j'ai décidé, comme ça, hop, je suis une folle moi, d'aller à la salle de gym ce matin.
Une fois extirpée de mon lit - c'est fou comme c'est dur dès que les journées raccourcissent, d'ailleurs, je veux ça pour Nouël, merci - j'ai retourné l'appart à la recherche de mes vieux tickets qui me restaient de la dernière fois que j'ai voulu remodeler mon corps - j'ai terminé le carnet des tickets d'UV, il en reste plein sur celui de la salle de gym, sbizarre, hein ?
Ensuite, je me suis composée une super tenue de sport total black look, un croisement entre Rocky, Alias et aussi un peu Flashdance à cause de mes vieilles jambières de l'époque où j'étais une danseuse que je tenais absolument à mettre. Toute fière de mon apparence, j'ai allumé mon iRiver et enfourché mon BiTwin pour parcourir les 500 mêtres qui me séparent de la salle de gym.
J'y suis arrivée en nage et j'ai du m'allonger deux minutes pendant que le coach me levait les jambes parce que tout tournait autour de moi et j'avais du mal à respirer. Une fois remise de mes émotions et après deux cocktails hyper énergétiques, le coach m'a balladée pendant une heure d'appareil en machine et j'avoue que quand je suis arrivée à la machine à abdos, j'ai un peu pleuré.
L'ambiance est sympa dans cette salle de gym, y a que des beaux mecs hyper baraqués partout, ça m'occupe les yeux pendant que je souffre dans des tas de positions bizarres. Ils doivent y passer leurs journées et même limite dormir là, je comprends pas comment ils font pour être aussi musclés, ils sont toujours en train de bavarder, et patati et patata et leurs conversations au secours, je me suis étouffée de rire plusieurs fois dans ma serviette de toilette.
Ensuite, le coach m'a dit que c'était bon pour cette fois, mais que si je voulais régler mon problème de double genou, faudrait que je vienne deux fois par semaine, alors je me suis vite sauvée en disant oui, oui, à bientôt, et je suis rentrée en poussant mon vélo et en boitant et en me demandant ce qu'il restait comme saucisson dans le frigo.

vendredi 12 novembre 2004

Y a-t-il une vie après la thèse ?

En fait, c'est fou, mais il ne se passe rien dans ma vie.
Rien du tout.
Moi qui croyait que tout allait être bouleversé par la rédaction de ce manuscrit, le seul changement, c'est que je me lève plus tard le matin - enfin sauf depuis deux trois jours parce que les chats ont appris à ouvrir les portes et me réveillent aux aurores à grands coups de patounes dans ma face pour leurs croquettes de 8h16 précises. 
Au lieu de me poser des questions existencielles sur mes chapitres, je me pose des questions existencielles sur le boulot que je vais faire quand je serais grande. Alors, je rencontre des gens que je connais pour en parler - ça s'appelle faire jouer son réseau relationnel, la classe, hein - et ces gens là écoutent mes explications embrouillées et ils me donnent l'adresse email d'autres gens qui me donnent l'adresse email d'autres gens qui...
Et je me dis que finalement, des chèvres et le Larzac, ce serait pas si mal.

lundi 15 novembre 2004

A.F.P.S.

Je suis crevée, j'ai très mal aux genoux et y a un rapport.
J'ai passé la journée par terre, à faire des pansements, des garrots, des points de compression avec du vrai faux sang qui coule de partout. J'ai aussi réanimé vigoureusement - mais pas trop pour pas leur casser de côte - et mis en position latérale de sécurité après avoir libéré leurs voies aériennes - la petite Anne, le jeune Patrick et Arthur, une famille de mannequins qui passent leur temps à mettre leur doigt dans la prise de courant, genre les gros boulets.  J'ai découvert en outre que pour le bouche à bouche fallait pas mettre la langue ce qui m'a un peu déçue parce que ça m'aurait fait une bonne excuse... surtout que le formateur est plutôt mignon, mmrrrhmmmm... mais bon il a dit que non Saki, la langue, c'est pas utile, franchement.

mardi 16 novembre 2004

Freezing Time

Après la fin de ma formation aux premiers secours - maintenant je peux sauver plein de gens, j'ai bien fait attention dans le métro mais personne n'a eu d'hémorragie ni de détresse respiratoire, dommage - je suis passée au labo discuter de mon avenir professionnel, de ma thèse, de ma soutenance, de la vie, de l'univers et du reste, avec mon responsable de thèse.
Depuis quelques mois, mes visites au labo sont toujours vaguement teintées de nostalgie... J'ai passé un nombre d'heures incalculables à trainer mes Docs sur la vieille moquette moche et à soupirer entre les murs couleur beurk. La seule trace de mon passage ce sont des bédés de Calvin et Hobbes collées un peu partout et Titi, la secrétaire, qui m'ébouriffe doucement les cheveux en me disant que je lui manque drôlement. J'en ai profité pour vider mes tiroirs afin de faire de la place pour Prune, et j'ai récupéré avec un petit serrement de gorge tout un tas de merdouilles diverses et barriolées.
Cinq ans de ma vie dans un petit tiroir...
Je déteste que le temps passe.

mercredi 17 novembre 2004

It's Money That I Want

Je tiens plus de la cigale que de la fourmi, c'est clair, tout le monde le sait dans mon entourage. Je suis dépensière, toujours à découvert, très souvent ultra-fauchée et mon banquier m'appelle par mon prénom.  J'ai tout le temps envie de m'acheter tout un tas de trucs vitaux et absolument nécessaires à ma survie mentale et j'ai un seuil de résistance à la tentation le plus bas de l'univers... Je suis la reine du payement en douze fois et demie, des remboursements étalés, des prêts à la consomation et je couche avec ma carte Fnac - vu le taux du crédit, je sais, je suis maso.
Les mois d'automne étant les doux mois des impôts, je suis actuellement encore plus fauchée que d'habitude - les découverts à 4 chiffres ça fait peur au début, après on s'habitue - et puis bon, le pot d'échappement de la voiture qui tombe brutalement ça aide pas non plus, hein, quand je pense que je rêvais d'un iPod mini à l'époque, et que je n'ai pas pu... Ha si, tiens, je l'ai acheté quand même.
Bref.
Si on ajoute le fait que j'essaie difficilement de mettre un peu de sous de côté pour payer le futur rabotage de ma gueule de poulpe tigré - hors de prix et tout petit partiellement remboursé par la sécu - vous pouvez imaginer que je souffre atrocement d'un manque flagrant d'achats - et de saucisson, oui je sais, aucun rapport mais je tenais à le dire - et que la tentation d'enlever Petit Frère pour demander une rançon aux parents me démange de plus en plus.
Alors sérieux, si Finaref, Cofinga, et tous leurs petits copains des organismes de crédit "Je te prête des sous après je te sodomise avec des graviers" pouvaient arrêter de me téléphoner ou de m'envoyer des courriers pour me proposer jusqu'à 6000 euros sans aucune justification disponibles dans les 48 heures remboursables sur 678 ans en petites mensualités de 30 euros, ça m'aiderait beaucoup merci, je sens que je vais craquer là.

jeudi 18 novembre 2004

C'est bon la honte

Faire les magasins avec ma mère, c'est chouette, parce que bon déjà, elle m'achète des supers fringues trop hypes, en plus elle a la classe, elle est belle, elle sent bon et surtout, elle est doucement frapadingue, normal hein c'est ma mère, les chiens ne font pas des chats - c'est ma grand-mère qui dit ça - elle me raconte ses aventures comme la fois où elle est rentrée dans une épicerie exprès pour demander au gérant s'il se souvenait d'elle quand elle avait vingt ans rapport qu'à l'époque le gérant c'était le meilleur pote de son petit copain d'alors et qu'il avait dit qu'elle était moche, elle lui a balancé tout ça au gérant, il avait la bouche ouverte aussi grande qu'une gargouille.
Faire les magasins avec ma mère, c'est pas facile, parce qu'elle raconte toute ma vie aux vendeuses, elle s'étouffe de rire quand je demande à essayer un 40, elle dit tout fort "Ha non pas ce jean là, ça fait des plis et on voit ta culotte de cheval quand tu marches" et elle explique au magasin tout entier ma passion pour la bière, les chips et le saucisson, "c'est dommage quand même elle était si mince et si jolie quand elle était plus jeune", pendant que je lui tire la langue du fond de la cabine d'essayage en me jurant pour la xième fois que ce coup-ci, c'est décidé, je vais devenir anorexique, rien que pour lui apprendre, elle sera bien attrapée...
... et ma résolution tient bon jusqu'au repas de midi, au restau avec les hommes, et le Beaujolais nouveau, et ma gigantesque tartine poitrine fumée, bleu et pruneaux, un vrai régal.

vendredi 19 novembre 2004

Il y a une mouche noire dans mon Chardonnay

Je me fais extirper de mon lit et de mon rêve torride où je sauvais Eminem d'un immeuble en feu - oui, je fantasme sur Eminem, mon subconscient est bizarre, j'arrête pas de vous le dire - par une double haleine fétide Miaou Mix et une patoune négligemment posée sur mon oeil droit genre t'es dans le passage laisse moi escalader ta table de nuit. J'ouvre les rideaux - je sais pas comment on dit pour des Vélux - et le soleil inonde la pièce, qui a dit qu'il faisait toujours moche en Bretagne ? Je me traine vers la cuisine en me frottant les yeux pour les ouvrir, je me cogne aux montants de porte, normal, j'ai les yeux fermés, je fais un crochet pour booter mon portable, je me prépare un thé, un verre de jus d'orange, une tartine pain au céréales, beurre allégé - je suis au régime, mwhahaha - et miel à la gelée royale. Je grignotte pendant que mon cerveau se met doucement en marche avec un bruit de vieux disque dur. Je retourne dans le bureau avec mon thé, et...
Mon portable est planté.
Méchamment.
Je ne comprends pas ce qu'il a, je ne suis pas capable de résoudre le problème toute seule - ouais mon diplôme d'informatique, je l'ai eu dans une pochette surprise et je vous emmerde - du coup, je suis privée d'ordi pour au moins la journée.
Putain, précisemment le jour où j'avais enfin décidé de commencer mes transparents, et d'envoyer mon cv à toutes ces supers boites qui ne rêvent que de m'embaucher !
Moi, je dis, faut pas contrarier le destin, hein.
Je me refais un thé, et je retourne au lit avec mon bouquin.

mardi 23 novembre 2004

J'ai horreur des contacts humains

De retour d'un long week-end de 5 jours - enfin, je dis ça pour les autres, hein, parce que moi en ce moment, j'enchaîne les week-ends de 7 jours sans aucun remord même pas peur de pas avoir encore commencé mes transparents, hahaha - et la première chose que je fais après avoir récupéré mes mails et vérifié qu'Internet est toujours là, ce sont les comptes, même pas mal et bon, là du coup, j'ai des envies de suicide - par absorption massive de petits pois, radical - ou de braquage de banque, au choix. En fait, la technique de l'autruche - si je regarde pas le problème en face, il va disparaitre - ça marche trop pas pour beaucoup de choses... Ca marche pas pour la rédaction de manuscrit, ni pour les sous, et je vous parie tout ce que vous voulez que ça marche pas non plus pour la soutenance, tiens...
Pour en revenir au long week-end, en familles au pluriel s'il vous plait, c'était chouette - même si mon pseudo-régime s'est retrouvé éparpillé, décomposé, retourné et piétiné vu la quantité astronomique de bouffe absolument délicieuse que j'ai pu avaler ou boire... Mon bidouf a encore atteint des records de déformation, on dirait que je suis enceinte de 8 mois, mais putain, je regrette pas.
Et pour finir sur une note musicale, je suis allée remuer hier soir mon gros ventre au concert d'Archive. On a débarqué à la salle indiquée sur les billets un peu avance, pour trouver ladite salle fermée, dans le noir total, avec un gentil monsieur devant qui dessinait des plans à toute allure sur un bloc-note pour expliquer aux gens que le concert avait été déplacé ailleurs, dans une salle beaucoup plus petite, parce que y avait pas eu assez de réservations - Archive n'a pas de succès, j'hallucine. Bref, on trouve la nouvelle salle, et effectivement, elle est petite, très petite, même trop et je découvre pendant une première partie assez sympathique ce que doit être la vie au quotidien d'une sardine en boite... On se rapproche discrètement de la scène grâce à la technique magique dite du pardon-pardon-oh-j'ai-mis-mon-coude-dans-ton-oeil, Archive débarque au milieu de la fumée, le chanteur ressemble à Jésus en trans sous acide, les guitares sont déchainées, je vibre, j'ondule et j'en fais pipi dans ma culotte de plaisir.
Bon, et allez, demain, je vous promets, je commence mes transparents.
(On y croit, hein ?)

mercredi 24 novembre 2004

Régime 0 - Twix 12

Aller chercher le courrier à la boite aux lettres deux étages en bas de chez moi, c'est comme jouer à un jeu de hasard. Bon, déjà faut sortir dans le froid, la neige et les loups, mais de temps en temps ça en vaut la peine, comme la fois où Wakita m'a envoyé du thé tout bizarre dans une adorable boite rose - je m'y mets doucement, hein, au rose, bientôt je vais regretter l'Ipod, hahaha.
Depuis quelques semaines, j'y allais à reculons parce que les divers courriers des impôts m'avaient largement traumatisé le porte-monnaie et grandement réduit ma future liste de cadeaux au père Noël.
La récolte d'aujourd'hui a mal commencé : une lettre de l'Anpe qui m'engueule parce que je ne serai pas venue à mon entretien professionnel et menace de me radier, alors moi je veux bien, mais mon entretien, c'est DEMAIN, putain. En fait, à l'Anpe, ils anticipent, ils sont précogs (comme dans le film, là, avec Tom Cruise), chapeau.
Heureusement, un colis magique a mis mon humeur au beau fixe. Moi, je vous dis, des stagiaires pareilles, on en fait plus. Même des mois après son stage sous ma direction avisée - je lui ai tout appris, les courses de chaises dans les couloirs, l'apnée au bloc opératoire, tout je vous dis - elle continue à me tenir approvisionnée en substances indispensables, alors qu'elle est même plus obligée vu que je lui tape plus dessus pour qu'elle descende 4 étages plus bas à la Cafet de Médecine me chercher un Twix et un Coca Light.

Bon sang, mais on m'aurait menti ?

L'autre soir, je regardais le journal sur France 2 - en fait, moi je voulais regarder la 6 parce que les infos ça me dépriiiime, mais je ne suis pas toujours la maitresse de la zappette, hélàs - et j'ai un peu ouvert de grands yeux ébahis devant un reportage sur le suicide au Japon, comme quoi une centaine d'ados se seraient foutus en l'air pour un retard de livraison de jeu vidéo, et entre deux morceaux de pomme - oui, j'essaie toujours d'arrêter le saucisson mais c'est dur - je me suis dit non mais trop n'importe quoi, pourquoi personne n'en a parlé, c'est fou ça quand même, et il s'avère qu'effectivement, toute cette histoire est vraiment hallucinante.

jeudi 25 novembre 2004

Que de la gueule

En fait, je fais ma petite maline, genre hahaha mais après l'enfer de la rédaction du manuscrit, la soutenance, comment ça va être trop du pipi de schtroumpf, en plus, tsé moi, chuis une grande gueule - de travers, oui, mais grande - et raconter des tas de conneries devant un parterre de gens, ça m'a jamais fait peur.
Sauf que là, le temps passe, mes transparents n'avancent pas, j'envoie des tas de mails pour inviter des tas de gens importants que je connais à peine mais la recherche c'est aussi politique, eh oui, je pense au restau, au traiteur pour après, à réserver les salles, et putain, mais Saki mais comment tu vas t'habiller, quoi jeans et docs c'est pas possible ? Ha non, c'est pas possible merde...
Et là, je sens la panique qui monte doucement le long de ma colonne, parce que putain, autant je m'en fous de faire le clown et je le fais même plutôt bien, si y a bien un truc que je déteste, c'est de me déguiser en fille sérieuse, responsable et presque - presque, hein, faut pas déconner quand même - intelligente.

Entretien professionnel

A l'Anpe aujourd'hui, j'ai appris ce que voulait dire E.M.T, B.C.A, A.F.P.E et A.D.E, j'ai appris que dans 4 mois ça fera un an que je suis au chômage, j'ai appris qu'il fallait que je fasse jouer mon réseau relationnel pour trouver un boulot parce que vu ma niche et mes qualifications très spécifiques, ça allait être compliqué, j'ai discuté avec un conseiller charmant qui a trouvé que mon cv était parfait - et toc - et qui m'a souhaité bon courage et j'ai rencontré un autre docteur en informatique qui m'a avoué pendant la pause café qu'il en avait ras le bol et qu'il allait se lancer dans le textile.

dimanche 28 novembre 2004

Relax, we understand j00

- Il est chouette ton tee-shirt, c'est quoi ?
- Bin, Megatokyo.
- C'est quoi, Megatokyo ?
- Un comics en ligne, putain mais tu connais rien hein, Saki.
- Eh oh, ça va ta gueule, sale poney.
- Va voir sur http://www.megatokyo.com, j'pense que tu vas aimer.
- Mmmm.
- Quoi, mmm ?
- Bin, j'espère qu'il y a pas trop d'archives sinon adieu ma journée de boulot...
- Oh, oh...

lundi 29 novembre 2004

La Tête Dure

Je m'assois devant l'aquarium de la gerbille, et je soulève le couvercle. Vivement que ma soeur la récupère, j'en peux plus de cette bestiole... Elle va finir par se faire boulotter par un chat, et ça va encore être un drame. Je lui nettoie sa gamelle à flotte, je lui en remets de la propre. Je fouine un peu dans sa cage pendant qu'elle court paniquée dans tous les sens pour éviter mes doigts. Je lui donne à bouffer, et je lui rajoute quelques graines de tournesol en friandise, qu'elle s'empresse de grignoter debout en frémissant des moustaches.
Je repose le couvercle et je me déplie pour me relever, d'un coup sec. Le haut de mon crâne entre en contact violent et brutal avec l'arrête que forme le mur au niveau du vélux. J'ai très mal, ma machoire claque, ma colonne vertébrale encaisse le coup, je dérape en arrière et je m'étale de tout mon long sur le dos. Je n'y vois plus très clair, je commence à pleurer tout doucement, j'ai vraiment trop mal, je passe ma main sur mon crâne, persuadée que je vais y trouver du sang, des bouts d'os et de la matière cérébrale, mais non, mes doigts ne font que palper des cheveux emmélés et devinent déjà la grosse bosse qui se forme.
Je n'arrive pas à me relever, je pleure encore, j'ai mal, je ne veux pas mourir toute seule, je veux un câlin avant, j'appelle, une fois, deux fois, je suis dans la salle de bains, la porte est fermée pour protéger la gerbille des chats, et dans le salon, Syd Matters chante fort, on finit par m'entendre, on me retrouve, on s'inquiète, qu'est ce qui t'es arrivé encore ? Une grande main se pose sur mon front, sur mes joues, un petit bisou, ça va mieux ? Mais qu'est ce que t'es gourde putain, on me relève doucement, je me retiens de shooter dans l'aquarium de la gerbille pour lui apprendre, je sors de la salle de bains en reniflant très fort, je me sens conne d'avoir autant pleuré mais putain, qu'est ce que j'ai eu mal, j'ai vraiment cru que je m'étais fendue la tête en deux, j'ai vaguement la nausée, mais non, je ne veux pas d'aspirine, ça va aller, je renifle encore une ou deux fois, mes joues sont toujours mouillées, je m'installe devant mon ordi, je frotte ma bosse qui n'en finit pas de s'allonger, aïe, et je me remets à mes transparents.

mardi 30 novembre 2004

Dieu me tripote

Depuis quelques jours, j'ai à nouveau du boulot et pas qu'un peu, entre autres, un article à rendre pour demain et des transparents à terminer pour jeudi. Comme les vieilles habitudes ont la vie dure - presque autant que ma tête, aïe ma bosse - je suis forcément à la bourre, limite même c'est la panique, et me voilà en train de réclamer à qui voudra bien l'entendre - Dieu, un Koala géant, les petits hommes verts ou le pot de nutella dans mon placard - un petit miracle, juste un tout petit.
Et alors que je relis les consignes aux auteurs pour mon article sur le site Web du congrès, voilà que je réalise que la date de soumission a été décalée à vendredi.
Merci, mon Dieu.
(Mais j'étais pas sérieuse, hein, quand j'ai promis d'arrêter les Pringles et le saucisson en échange...)

C'est pas beau de rapporter

Ce matin, quand je me suis réveillée - avec difficulté et de petits yeux bouffis et moches - un des rapports tant attendus se trouvait dans ma boîte à mail.
Pour ceux d'entre vous qui ne connaissent pas la thèse - vous devez pas être nombreux, hein, je vous soupçonne tous d'être arrivés chez moi en tapant dans Google "Le suicide par la thèse en 10 leçons" ou "Comment empoisonner discrétos son directeur de recherche" - un rapport c'est un document de plusieurs pages que les deux rapporteurs - choisis par le doctorant et le directeur de thèse - écrivent au sujet du manuscrit. Les deux rapporteurs sont les membres du jury qui ont le plus d'importance dans la décision d'accorder ou pas le doctorat, ce sont ceux qui sont censés lire le manuscrit de fond en comble, et ce sont ceux qui autorisent ou pas à soutenir.
Donc, ce matin, j'avais un des rapports dans ma boîte à mail et ça m'a réveillée d'un coup, tiens. Je l'ai lu avec des noeuds dans le ventre, d'abord j'ai cru qu'il parlait de quelqu'un d'autre - je veux dire, Madame Kitten, c'est pas moi, hein, c'est ma mère - et ensuite, bon sang, ça casse quand même bien, mais la feinte c'est que tous les compliments sont gardés pour la fin, et bon, je m'en sors plutôt bien. Je suis pas d'accord avec toutes les remarques, je sens que ça va être sportif, la soutenance, mais le principal, c'est que je n'ai pas trop de modifications à faire à mon manuscrit - ouf - et que je suis autorisée à soutenir, youpi !  Même qu'il parle de travail d'excellent qualité, j'ose pas imaginer les critiques et les remarques dans ma gueule si j'avais fait un truc pourri...
Manque plus que le deuxième rapport, et c'est dans la poche.
Ha non, faudra aussi que je soutienne, merde.