vendredi 1 octobre 2004

Laisse béton

"... on peut donc en conclure que..."
Ouf, putain, allez je fais une pause, j'en peux plus. Rha la la mais depuis ce matin que j'y suis mais comment j'avance pas vite... Nan, pousse toi Orion, je veux pas de câlin. Je serais jamais prête à 18 heures... Putain plus que 6 heures, quoi... Où est la bouteille de Coca ? Bon, tant pis, je leur envoie juste la première partie, la biblio et les annexes, et je terminerai ce soir et demain le chapitre IV et le chapitre VII... Ha tiens du chocolat... Oh, et ce putain de chapitre VIII hahaha faut pas que je l'oublie lui tu m'étonnes, je l'ai même pas commencé.. Tiens, je vais aller voir le courrier... Mmmm, facture, facture...
OH.
Amazon !
Youpi, c'est Concrete.
Nan...
Nan...
Ce serait mal.
Pas raisonnable.
...
...
Bon, juste deux minutes alors, de toute façon, j'ai envie de faire pipi.

Petit à petit...

J'ai reçu un mail de mes responsables me réclamant le manuscrit avec deux heures d'avance sur mes prévisions à la con.  Normal, hein, c'est vendredi - surtout qu'avec la vieille HP du labo, faut compter facile une heure pour tout imprimer.
Alors, bah, je leur ai envoyé.
Et je sais qu'ils vont râler, parce que mon manuscrit est plus troué que du gruyère.
Et je sais que ça sera mérité. 
Je suis pire qu'à la bourre, encore une fois.

Et pourtant, putain, quand je vois tout ce que j'ai fait cette semaine...
Je suis presque contente de moi.

lundi 4 octobre 2004

I Got You Babe

J'ai donc envoyé mon manuscrit troué à mes responsables vendredi soir.
Après j'ai fait la fête tout le week-end pour arroser ça. Nan, c'est pas vrai mais j'aurai bien aimé, hein.
En vrai, je suis restée prostrée devant mon ordi à essayer de trouver la force de boucher les trous, tout en me tordant les doigts d'angoisse que mon téléphone sonne avec mes responsables à l'autre bout qui me diraient "Hahahaha, Saki, super drôle ta blague, on a bien ri, envoie nous le vrai manuscrit maintenant".
Et ce matin, alors que j'ouvre pour la énième fois le fichier chapitre3.tex pendant que mes deux comprimés de Guronsan finissent de vibrer dans le fond de mon verre, j'ai la désagréable impression de m'être une fois de plus réveillée à Punxsatawney.

mardi 5 octobre 2004

Pincez-moi, je...

Ce matin
Dans ma boite
Un mail.

Mon directeur
a lu
La première partie
De mon manuscrit.

Et il a
Trouvé ça
"BIEN DANS L'ENSEMBLE !"

(Et dans deux secondes
L'alarme va sonner
Et me réveiller)

mercredi 6 octobre 2004

Cry Me a River

J'ai du dire adieu à mon iPod.
J'ai pleuré quand le mec du Sav de la Fnac l'a remballé et m'a tendu la feuille pour que je me fasse rembourser. J'ai essayé de me le faire échanger - parce que je l'aimais d'amour fou et je voulais bien faire un deuxième essai genre j'ai confiance on efface tout et on recommence sur de nouvelles bases saines - mais il ne restait que des roses, et rose, même pour un iPod, je peux pas.
Son remplaçant vient d'arriver ce matin.
C'est un iRiver Hp120 - oui j'ai lâchement cédé à la vile pression de mon entourage.
Je déballe le plastique alors que les chats déchiquètent le carton et je fais grave la gueule parce moi mmmggmmn j'voulais un iPod mmmmgnnnn pas un iRiver mmmggnmmmm...
Ha, ça va, il est plus petit que je croyais.
Mais bon sang, ce qu'il est moche.
Bon, ok, il fait 20 Go au lieu de 4.
Bon, ok, il tient 16 heures d'écoute au lieu de 4.
Bon, ok, il est reconnu comme un disque dur.
Bon, ok, il est pas méga fragile.
J'ai presque retrouvé mon sourire quand soudain, c'est le drame...
Il est techniquement impossible de l'accrocher à ma petite culotte !

Ça n'est pas sérieux

Souvent, je trouve que j'abuse parce que je suis trop forte pour donner des conseils de la mort qui tue sans les suivre moi-même, c'est un peu genre l'Hôpital qui se fout de la Charité - j'adore ce dicton à la con, bref c'est pas le sujet passons.
En l'ocurrence, le conseil en question, c'était "y a pas de honte à demander de l'aide quand on en a besoin, hein" et je me suis dit bon allez, et j'ai téléphoné et j'ai pris rendez-vous chez un psy histoire de parler à quelqu'un de payé pour m'écouter ou du moins pour faire semblant de mes graves problèmes génétiques de procrastination. Vous me direz, à 15 jours d'envoyer ton manuscrit aux rapporteurs, tu t'y prends un peu à la dernière minute, nan, et vous aurez résumé l'histoire de ma vie en une seule phrase.
J'arrive donc au cabinet, je lui sers la main, il a l'air sympa, je m'installe dans le fauteuil, je suis un peu mal à l'aise, et j'espère de toutes mes forces qu'il lui suffise de marmonner deux trois formules magiques pour que paf je me mette à travailler.
Au bout de 5 minutes de silence courtois, je me rends compte que c'est moi qui doit causer, et je déballe, doucement d'abord, puis ça se met à partir tout seul comme des boîtes de conserve dans une réaction en chaine dans un rayon de supermarché, je remplis toute la pièce avec mes mots et ma voix j'oublie même de m'arrêter pour respirer par moment tellement j'ai de trucs à dire.
Et bin vous savez quoi ? Il s'est choppé un fou-rire. Tellement fort que quand il m'a dit au revoir à la semaine prochaine mademoiselle, il avait des larmes au coin des yeux.
Je fais rire mon psy.
Je sais pas comment je dois le prendre.

vendredi 8 octobre 2004

Is there any risk of brain damage?

How happy is the blameless vestal's lot
The world forgetting, by the world forgot
Eternal sunshine of the spotless mind
Each prayer accepted,
And each wish resigned.

Alexander Pope - Eloisa to Abelard.

dimanche 10 octobre 2004

Touche pas à ce sablier

J'ai très mal à la tête, genre pogo d'éléphants et de rhinocéros sur mon lobe temporal droit, et j'ai vaguement la nausée dès que je m'installe devant mon ordi.
Alors, soit j'ai développé une nouvelle forme d'allergie à la rédaction de mon manuscrit à trous qui se termine doucement oui merci c'est gentil de demander, mais il se termine pas assez vite c'est con parce qu'il reste plus que 10 jours, soit  je n'aurai pas du boire autant hier soir mais c'est pas de ma faute, on m'a forcée à boire alors que j'avais du boulot, si c'est pas honteux.
Du coup, j'erre dans l'appartement en gémissant et je m'allonge sur la moquette de l'ancienne chambre de mon petit frère, maintenant complètement vide. Mon petit frère a déménagé ce matin dans l'ancien appartement de ma petite soeur qui, elle, a déménagé dans un nouvel appartement dans une nouvelle ville pour une nouvelle vie et un nouveau métier tout neuf.
Et dans deux petits mois, mon parcours d'étudiante arrivera à son terme après onze longues années et je vais devoir devenir grande et chercher un vrai boulot et la chambre se met à tourner et tourbillonner autour de moi, je ferme les yeux très fort, ça fait trop de changements tout ça, je crois que j'ai besoin de boire un petit verre, moi.

mardi 12 octobre 2004

Thérapie express

- Oui, allo, Monsieur Igor ? J'appelle pour annuler le rendez-vous de ce matin, j'ai pas le temps, là j'ai trop de boulot.
- Ha mais alors ça veut dire que vous travaillez, c'est bien.
- Non je travaille toujours pas mais là, j'ai pas le choix, vous comprenez. Je vois mes responsables à 14 heures, c'est la panique, je n'ai rien de nouveau à leur montrer.
- Bon, je vous vois mardi prochain alors ?
- Ha nan mardi prochain, ça sera pire, je dois donner mon manuscrit à imprimer mercredi, alors...
- Oui, oui, bon alors le mardi encore après ?
- ...
- Pardon, Mademoiselle Kitten, vous pouvez répéter, je vous entends mal.
- Je ne peux pas non plus.
- Pourquoi donc ?
- Bin, j'aurai rendu mon manuscrit !
- Et alors ?
- Je n'aurai plus besoin de vous voir !!

Totally burned out

Retour de réunion au labo.
La dernière avant l'envoi du manuscrit.
Le jury est définitif.
La date de la soutenance est fixée.
Mais...

J'en peux plus.
J'ai plus rien à dire.
J'ai plus rien à écrire.
J'arrive même plus à y penser...
Encore moins y réfléchir.
Je vomis cette thèse et son sujet.
J'y suis allergique.
C'est épidermique.

Putain, c'est trop tard pour abandonner.

jeudi 14 octobre 2004

La survie de la galaxie, c'est pas prouvé (mais on sait jamais hein)

J'me suis levée de bonne heure ce matin - plus tôt que d'habitude quoi - parce que j'avais rendez-vous avec mon neurochirurgien préféré pour qu'on discute du manuscrit presque complet - oui, y a ENCORE des trous je fais de mon mieux mais c'est hallucinant comment le temps diminue plus vite que le nombre de trous bouchés augmentent... Je sens que d'ici à mercredi ce théorème va poser problème...
Bref.
Quand on sait que mes délires de chercheuse causent essentiellement de neurochir', qu'un de mes rapporteurs est neurochirurgien et que je ne suis pas moi même quoique ce soit de neurotruc, j'ai grand intérêt à blinder et valider ce que je peux raconter, histoire de pas sortir une connerie grosse comme un paquet de Twix King Size.
Du coup, histoire d'être de bonne heure et de bonne humeur au rendez-vous, entre la douche, le petit déj' et le choix d'une tenue vestimentaire appropriée - oui, je sors pas beaucoup de chez moi en ce moment alors du coup choisir des fringues pour le dehors ça me prend encore plus de temps que d'habitude - j'ai pas eu le temps de booter mon ordinateur.
La réunion à l'hôpital s'est bien passée, en dehors du fait qu'il a surtout corrigé la forme sans vraiment répondre à mes questions existentielles de fond - du genre, putain, mais ça sert à quelque chose, hein, ce que j'ai fait là ? Sérieux ? Ça sert, dis ? - et après un petit crochet au labo pour faire signer les papiers officiels à mon directeur - qui avait l'air drôlement fatigué, si c'est pas la preuve que la recherche nuit gravement à la sante, hein - je suis de retour chez moi, bien décidée à... euh.. ah oui, bien décidée à bosser.
Je m'assoie devant mon ordi et je boote. Je délace ma Doc droite - 18 trous, ça prend du temps - je la vire, je vire ma chaussette, l'écran de log' apparait, je tape, je délace ma Doc gauche - 18 trous aussi, et oui - je la vire, je vire mon autre chaussette, je vire mon pantalon, je me lève pour aller dans la salle de bains et enfiler mon uniforme informe pour rédiger même que j'ai pas honte d'être habillée comme ça quand j'ouvre à mon facteur - enfin, presque pas.
Je reviens dans le bureau, et je regarde mon écran. Un toast est sorti du grille-pain, ça veut dire que j'ai des mails, chouette. Je les récupère en faisant une petite prière pour que ça ne soit pas que du spam, et je commence à farfouiller dans mes papiers et chercher mes lunettes. Je regarde à nouveau mon écran, et là suprise.
Limite, j'en tombe de ma chaise.
Plein de vrais mails de vrais gens.
Des mails d'encouragement.
Je devine rapidement qui est à l'origine de cette chaine d'un nouveau genre, je lis les mails un par un et je souris. C'est gentil, c'est drôle et putain, c'est agréable de se sentir autant encouragée. Du coup, j'ai pas d'autre choix que de m'y mettre...
Mais dans deux minutes, hein, promis.
Parce que là, j'ai trop envie d'un énorme sandwich au thon.

vendredi 15 octobre 2004

Fille perdue, cheveux gras

Y a un petit chat mort sur la pelouse en bas de chez moi.
Le pot d'échappement de ma voiture est tombé.
La taxe d'habitation a triplé depuis l'année dernière.
Je dois me faire opérer deux fois au lieu d'une.
Il ne me reste plus que quatre jours pour finir de rédiger.
Et...
J'ai terminé hier le dernier paquet de Petits Écoliers.

samedi 16 octobre 2004

Chéri, je te jure, j'étais somnambule

Mes responsables m'ont fait remarquer à plusieurs reprises que mon manuscrit était écrit bien petit et que les marges étaient un peu trop larges.
Persuadée qu'ils fumaient gentiment la moquette et que j'allais leur offrir des lunettes pour Noël parce que je suis une fille sympa quand je rédige pas, je ne me suis pas inquiétée outre mesure avant de feuilleter ce matin le manuscrit d'un ancien doctorant du labo. Je dois bien constater qu'ils ont raison : à côté du sien, mon manuscrit semble avoir rétréci au lavage au milieu de la feuille A4.
Merde, je croyais que j'utilisais le même style que tout le monde, moi.
Ni une, ni deux me voilà en train de chevaucher Google et de télécharger these.tar.gz, un style LaTex pour thèse qu'il est bien - dixit le site en question.
Je le regarde 5 minutes, et je me rends compte que hahaha, c'est exactement le même que celui que j'utilise déjà. Ok, je l'efface et je cherche autre chose. Et là, j'ai tapé à la racine de mon homedir :
rm -rf these*

TUEZ MOI !

Sauvegarder ou mourir

Par le présent post, je remercie officiellement une certaine personne que j'ai réveillée ce matin, en larmes et hystérique, persuadée que j'allais devoir me faire hara-kiri.
Merci à cette personne de m'avoir installé - il y a déjà 8 mois de ça - un super script de back-up et de m'avoir inlassablement demandé tous les soirs "T'as pensé à back-uper ?" et ce malgré mes grognements et autres aboiements du genre, "mais putiiiin mais tu me prends vraiment pour un boulet !"
Force m'est de reconnaitre aujourd'hui que oui, je suis un boulet...
Un vrai.
Et que ce dernier back-up me sauve la vie.

lundi 18 octobre 2004

Passe moi une carotte, merci

56 heures avant de déposer mon précieux manuscrit pour impression à la Repro' de la fac.
Je me sens très proche psychologiquement du petit lapin imprudent qui est allé jouer sur la rocade et qui regarde sans bouger deux énormes phares jaunes lui arriver sur la gueule.

All Hell Broke Loose

Il ne me reste plus que quelques heures, il faut que je sois efficace.
Il faut que je sois terriblement efficace et je tente vainement de contrôler mon imagination de tigrée qui part en vrille et en chanson en compagnie de Tessa Martin.
Pour être efficace, j'ai organisé soignement mes documents, mes brouillons, mes articles, ma matière première, en petits tas intelligents astucieusement répartis sur mon bureau. Mes petits tas sont classés en chapitre, section, catégorie, je peux retrouver en deux secondes l'information dont j'ai besoin.
Ma chaise à roulette virevolte.
Je me concentre, je pose mon verre de Coca Light et en réfléchissant, j'attrape et je croque dans un carré de chocolat aux noisettes.
J'entends un soudain *tougoudoum tougoudoum* qui se rapproche...
Avant que j'ai pu réagir, c'est trop tard.
Attirés par le bruit de mes dents sur le chocolat, Kernel et Orion déboulent comme deux météores dans la pièce, sautent sur le bureau, glissent, dérapent sur le mélaminé et balayent pots, claviers, verre de Coca, chocolat et ASTUCIEUX PETITS TAS.
Le bordel est total, le chaos absolu.
Ils me regardent, reniflent le carré de chocolat que je tiens toujours à la main, totalement abasourdie, et repartent à toute allure se poursuivre dans tout l'appart.
J'hésite à peine deux secondes avant de pousser un long hurlement et de me joindre à eux.

mardi 19 octobre 2004

Demain est un autre jour (de moins)

Plus que 32 heures.
Surtout... NE PAS PANIQUER NE PAS PANIQUER NE PAS PANIQUER NE PAS PANIQUER NE PAS PANIQUER NE PAS PANIQUER NE PAS PANIQUER NE PAS PANIQUER NE PAS PANIQUER NE PAS PANIQUER NE PAS PANIQUER NE PAS PANIQUER NE PAS PANIQUER NE PAS PANIQUER NE PAS PANIQUER NE PAS...
Bon, raté.
Je panique.
Autant aller dormir, du coup, hein.

From Dusk Till Dawn

- Allo, la Repro' ?
- Oui.
- Euh, je suis passée la semaine dernière pour commander deux exemplaires de thèse à imprimer et relier pour vendredi, je devais vous amener mon pdf demain matin, mais euh...
- Vous êtes à la bourre.
- Oui.
- Tiens, comme c'est bizarre.
- Pardon ?
- On a l'habitude, tous les doctorants sont à la bourre. Bon, dites moi, vous pourriez l'amener quand votre pdf ? Il nous faut au moins une journée et demie pour imprimer et relier.
- Bin... Jeudi matin ?
- Jeudi matin. C'est sûr ça ?
- Bin, euh... normalement, enfin je sais pas... Il me reste une discussion et deux conclu-
- Et vous voulez vos exemplaires pour quand au plus tard ?
- Euh... Vendredi ? Allez, lundi. Au plus tard, hein.
- Ha de toute façon, la semaine prochaine ce sont les vacances, on est fermé.
- HAN !
- Donc, vous avez pas le choix, à jeudi mademoiselle.

mercredi 20 octobre 2004

Je rédige donc je suis

Gratuitement, comme ça, parce que je suis sympa, je vous donne une super astuce pour terminer la rédaction d'un manuscrit de thèse avec dilligence et efficacité : surtout ne jamais jamais JAMAIS se relire.

Je rédige toujours donc je suis encore

Gratuitement, comme ça, parce que je suis quand même une fille vachement trop sympa, je vous donne une super astuce pour trouver des putains d'idées de perspectives pour vos putains de travaux de recherche que c'est quand même trop la honte et le désespoir au bout de trois ans à se prendre la tête dessus de sécher pendant une putain de journée entière sur la putain de conclusion générale : boire plusieurs verres de Muscat.
Et ensuite, ne surtout surtout SURTOUT pas se relire.

jeudi 21 octobre 2004

Voilà... C'est fini...

vendredi 22 octobre 2004

La vie est dure pour les super héros

J'ai un problème... Mon papa chéri lit mon blog.
Je le sais depuis un moment et ça me fait bien plaisir parce que si je le fais rire, lui, y a de petites chances que je sois vraiment un peu drôle.
Je n'ai réalisé pleinement les conséquences indirectes de cette lecture qu'hier, alors que nous savourions un délicieux café au soleil - délicieux car exempt de toute trace de culpabilité et de "Han déjà cette heure là putain faut que j'aille boooooosser" - après notre Chinois familial du jeudi.
Alors que je me plaignais avec force - mais subtilité - de l'augmentation éhontée de ma taxe d'habitation et du coût de la vie en général, l'auteur de mes jours m'a gentiment interrompue pour me demander si j'étais contente de mon iRiver.
Mon père lit ce blog et j'ai perdu toute crédibilité.

Brisby et le secret de Nimh

J'accélère le pas dans la montée et mon regard glisse sur une flaque de vomi, beurk, je viens de me souvenir pourquoi je ne supporte pas ce centre commercial. Y a un truc qui bouge au milieu de la flaque et je réalise avec stupeur que c'est un énorme rat.
Beurk, beurk, et re-beurk, putain !
Je pousse la porte du bureau de poste, merde y a la queue. En attendant mon tour, je feuillette mon manuscrit, très très mauvaise idée, en quelques pages je remarque trois fautes bien honteuses et je manque de me remettre à chialer en constatant à nouveau la qualité absolument dégueulasse de mes belles images couleurs. C'est à mon tour, bonjour, deux envois Chronopost s'il vous plait, je m'installe sur un petit bureau pour remplir les adresses et juste en face de moi à travers la vitre, y a la flaque et l'énorme rat. Je prends mon temps pour faire mes petits paquets, je ne veux pas me mélanger, j'essaie de pas trop regarder la flaque mais mes yeux y reviennent sans cesse, comme hypnotisés. Juste au moment où je termine, le rat s'étrangle sur un trop gros morceau, gigote, tressaute, sa queue bouge dans tous les sens, et paf, il meurt.
J'ai posté mes manuscrits et je suis partie.
S'il y a un message, je veux bien qu'on m'explique.

lundi 25 octobre 2004

Thank you all, folks

On dit souvent que ça va sans dire, mais parfois ça va mieux en le disant. Ce dicton à la con me sert de phrase d'introduction parfaite à ce post qui va sûrement sembler digne d'un épisode de Dawson ou pire qu'une remise des Oscars à certains d'entre vous. Bref, sortez vos mouchoirs.

Oui, parce que maintenant que j'ai réussi à terminer ce putain de manuscrit tout pourri, et que je n'ai plus qu'à dormir - enfin, dès que mon réveil interne arrêtera de me réveiller aux aurores par bête habitude - et à me tourner les pouces jusqu'à la soutenance - ha ouais, merde, y a la soutenance à préparer, bon bref on verra demain - je peux enfin prendre le temps de vous dire merci.

Merci, vous, tous les gens là qui me lisez, ceux qui me connaissent en vrai comme ceux qui ne m'ont jamais vue. Merci pour vos mails, un véritable marathon du soutien, mails qui ont très souvent réussi à m'arracher des sourires voire des fous rires alors que j'étais en mode Grumly-Xtrem. J'ai reçu tellement de mails que je ne vais pas pouvoir répondre à tout le monde, c'est la première fois que ça arrive bordel.
Merci aussi pour les coups de fils et tous ces forfaits que vous avez cramé juste pour m'entendre pleurer et renifler dans le combiné, pour m'entendre gémir que j'allais paaaaaaaaaaaas y arriver, merci de m'avoir secouée, enguelée, surveillée, kickée, forcée à combattre ma flemme et ma procrastination, toutes deux profondément encodées dans mes gênes.
Merci pour les sms, les chocolats, les massages, les lettres et les petits cadeaux. Merci pour votre patience sans faille, merci de votre interêt sincère - ou très bien imité - dans ce truc à la con qui me dévorait toute entière, merci pour votre capacité extraordinaire à me remonter le moral,  encore et encore et le jour d'après aussi, merci pour votre foi en moi, merci de n'avoir jamais douté que j'allais y arriver, même quand moi j'avais baissé les bras.
Peut-être que j'y serais arrivée sans vous.
Ou peut-être pas.

mardi 26 octobre 2004

Baaaad Kitty FanArt From Maïa

Madame est servie

La fin de cette intense période rédactionnelle a sonné aussi pour moi le douloureux retour à la réalité. Autrement dit, les courses ne se font plus toutes seules, le lave-vaisselle ne se vide plus comme par magie, la bouffe n'apparaît plus miraculeusement sur la table et la litière des chats ne s'auto-nettoie plus.
Passé le premier moment de découragement, et les remarques habituelles à la "vivement que je sois riche qu'un bel homme musclé vienne faire le ménage chez moi de préférence nu sous son tablier", j'ai bien été obligée de reconnaitre que maintenant que je suis une chomeuse en instance de soutenance et pas une chomeuse qui rédige, j'ai le temps de gérer les petits tracas du quotidien.
J'ai donc joyeusement débarassé le lave-vaisselle et soigneusement nettoyé la litière des chats. Avant d'entamer la suite des festivités par la préparation du repas du soir, je me suis posée deux minutes devant mon ordi. Au bout d'une demi-heure, je réalise que les chats miaulent quand même pas mal et que ce n'est pas normal. Je retourne dans la cuisine, et je les trouve tous les deux assis devant la litière. Ils me fixent. Ils miaulent. Bin quoi ? Elles sont propres vos chiottes, allez y. Ils regardent la litière, me regardent et miaulent à nouveau.
Je regarde la litière à mon tour.
Oh.
Je l'ai rangée dans le mauvais sens, la porte d'entrée collée au mur.
Bon, ce soir, je commande une pizza.

mercredi 27 octobre 2004

Quand je serais grande...

Dans un mois, j'ai un super rendez-vous à l'Anpe, un rendez-vous d'actualisation de mon projet d'action personnalisé, comprenez ça fait plus de 6 mois que je suis au chômage alors si je veux encore des sous faut que je leur montre que je cherche activement un boulot. Faut que j'amène un cv et je vais y passer l'après-midi parce qu'on va me faire des tas de propositions en rapport avec ma définition de métier.
Quand je me suis inquiétée d'avoir rendez-vous dans une agence paumée à l'autre bout de la ville et pas dans mon agence habituelle, ni à celle des cadres, on m'a expliqué que c'était normal, c'était à cause de la particularité de ma définition de métier.
Mais je voudrais bien savoir, moi, ça m'intéresse, cette question me travaille à longueur de journée, c'est quoi ma putain de définition de métier ?

jeudi 28 octobre 2004

Silica Gel Do not eat Throw away

Comment amuser deux chats et occuper un poulpe tigré qui s'ennuie méchamment, il faut bien le reconnaitre, depuis qu'elle a rendu son manuscrit dont la rédaction occupait 99% de ses journées, elle nous ferait un petit manuscrit-blues que ça serait pas étonnant en plus elle a super mal à la tête mais elle refuse bêtement de prendre du Zomig parce que ça la rend complètement shootée ?
Prenez un papa.
Prenez un papa qui a un ordi qui plante et qui le dépose chez sa fifille chérie pour diagnostic et réparation.
Mettez cet ordi dans un carton à ordi qui a toujours dans le fond un sac de conservation avec un trillon de billes dedans.
Mettez ce carton à ordi dans la chambre du fond vide parce que le petit frère a déménagé - et il n'appelle jamais, le petit con, et il vient juste pour Internet et le saucisson, tu parles d'un amour fraternel, ha !
Oubliez de fermer la porte de la susdite chambre.
Forcément, un carton, les chats, ils adorent.
Forcément, ils le détruisent - avec des bruitages qu'on se croirait au Japon pendant une réplique.
Et ils détruisent le sac avec.
C'est fou comme ça se répand vite dans un appart, un trillon de billes.
Surtout avec deux chats qui courent après et dérapent dessus...
C'est impressionnant ce qu'un chat, lancé à plein puissance et en perte de contrôle et de trajectoire à cause d'une bille malencontreusement coincée sous le mauvais coussinet, peut faire comme dégâts.
Alors deux...
Je vous laisse imaginer.
Bon sang, c'est formidable, je suis occupée pour la journée !

vendredi 29 octobre 2004

Dix minutes de massage par caleçon, non mais oh !

- Oui ?
- Grande soeur chérie d'amour que j'aime ?
- Oui, quoi ?
- C'est ton petit frère adoré.
- Ha ouais, celui qui appelle jamais, qu'est ce que tu veux ?
- Je me demandais comme ça, tu manges quoi ce soir ?
- Haha, t'as plus rien à bouffer.
- Non, mais c'est pas grave, je vais aller m'acheter un kebab, c'est très mauvais pour la santé, les kebabs...
- Bon, allez, ramène toi.
- T'es sûre, je dérange pas ?
- Je vais pas me répêter.
- D'accord, j'arrive et euh...
- Quoi ?
- J'ai du linge sale et euh...
- Tu rentres pas chez les parents ce week-end, et tu veux que je le lave ?
- Oui, mais je t'aime d'amour fort, tu sais, ma grande soeur super chouette.