jeudi 2 septembre 2004

Rouleau compresseur

En hors d'oeuvre de cette journée éprouvante, j'ai pris une petite réunion au labo pour discuter de l'Avancement de la Rédaction de mon Manuscrit, assaisonnée d'une promesse ridicule de manuscrit complet rédigé pour fin septembre - le pire, quand je fais ces promesses à la con, c'est que sur le moment, j'y crois trop à mort, ça dure, quoi, allez, deux secondes, mais j'y crois - et accompagnée de la mise en place de mon jury de thèse - on dirait pas comme ça mais c'est super compliqué, y a des quotas et des sensibilités à respecter, c'est un exercice à s'arracher les cheveux.
En délicieux plat de résistance, j'ai opté pour un déjeuner au soleil en compagnie de Prune qui m'a bien remonté le moral en me racontant les derniers épisodes de sa vie amoureuse - et j'en ai loupé plein pendant les vacances, pire que Dawson - sauf que c'est plus drôle. Plat de résistance épicé par un bon fou rire quand on est allée payer notre addition dans le mauvais restau - nan on était pas saoûles.
Et enfin, en dessert un peu lourd à digérer, j'ai eu le droit à une deuxième réunion au labo pour discuter en profondeur - oui, ça fait mal - de mon chapitre II, résultat j'ai la nausée, vaguement envie de me suicider par absorption massive de petits pois et un irrésistible besoin de vider l'appart de toutes les substances alcoolisées qu'il contient.

vendredi 3 septembre 2004

Mais bon sang mais c'est bien sûr

Les gens qui fabriquent les vêtements, ils détestent l'humanité toute entière, et ils ne rêvent que de se venger en la faisant souffrir. Ils font exprès, j'en suis sûre, de coudre des putains d'étiquettes dans le dos qui grattent à mort.

lundi 6 septembre 2004

Le monde entier est contre moi

Je me lève, tard, péniblement.
J'ai passé une nuit très agitée à rêver de chemises à fleurs.
Je tente la technique dite du "Thé-Guronsan-Douche" dans l'espoir de récupérer un cerveau digne d'aligner deux pensées cohérentes.
Je m'installe devant mon ordi, en me disant, allez, putain, FAUT QUE JE BOSSE !
Et là, EXACTEMENT en même temps...
Mon voisin du bas allume sa tondeuse à gazon...
Mon voisin d'en face branche sa scie sauteuse...
Ma mère me téléphone pour savoir si je mange avec ma grand mère...
Prune m'envoie un mail me proposant d'aller à Aquatonic...
Les chats s'allongent sur mes genoux et sur mon clavier...
Mon bouquin de la semaine - oh combien passionnant - tombe de mon sac.

Beurk

Elle m'a dit, si tu veux perdre un peu de poids, c'est vraiment bien, c'est un substitut de repas.
C'est pas dégueu, le principe c'est de manger deux barres et ensuite un fruit, au lieu de ton repas de midi.
Elle m'a dit, prends au chocolat, c'est le meilleur.
Bin, le point positif, c'est que jamais de ma vie je n'avais trouvé une pomme aussi bonne.

mardi 7 septembre 2004

Petit conte moderne

Visualisez... une route. Une grande route droite, sous un grand soleil et un magnifique ciel bleu. Une grande route droite heureusement peu fréquentée - ce qui à cette heure de la journée tient beaucoup du miracle. Sur cette grande route droite, représentez vous un petit scooter. Un petit scooter gris râpé de rose sur les côtés. Heureusement pour la conductrice du scooter que la route est peu fréquentée, car le scooter zigzague. Le scooter zigzague beaucoup, même, et de façon erratique. Le petit scooter gris râpé de rose zigzague ainsi car la conductrice en question ne le conduit que d'une main. Et c'est pas évident. Elle ne le conduit que d'une main car de l'autre elle maintient sa PUTAIN DE JUPE À LA CON qu'elle a eu la bonne idée de mettre aujourd'hui alors qu'il y un vent de force douze - au moins.
Maintenant, revenons si vous le voulez bien aux circonstances malheureuses qui ont amenées la conductrice du scooter gris râpé de rose à se retrouver à zigzaguer sur cette route heureusement peu fréquentée. Il faut savoir que la conductrice en question hait les jupes. Mais vraiment. Non seulement, elle trouve que ses jambes sont immondes - et le principe d'une jupe, c'est de montrer les jambes, CQFD - mais elle se sent vraiment trop vulnérable et inconfortable en jupe - il semblerait que les poulpes tigrés aient une incompatibilité génétique avec les jupes, une question de position et de longueur des bras et des jambes.
Pourtant, la conductrice en question a une jupe - courte - dans son placard, c'est la circonstance malheureuse numéro un. La conductrice l'a acheté dans un moment de faiblesse, fortement influencée par une amie qui la trouvait top canon dedans - la conductrice est très influençable - même si elle savait pertinemment qu'elle ne la mettrait jamais, cette putain de jupe bien trop courte.
Et pourtant, en écumant son placard ce matin à la recherche d'un pantalon noir propre, la conductrice est tombée sur la susdite jupe et a été prise à la fois par le remords d'avoir dépensé 55 euros pour un bout de tissu inutile et l'envie de faire plaisir à sa mère avec qui elle allait manger le midi même - "T'es vraiment pas féminine, hein, pourquoi tu te mets pas un peu en jupe ?". La conductrice adore faire plaisir à sa mère, c'est la circonstance malheureuse numéro deux.
Afin d'éviter un trottoir mal placé, la conductrice se voit obligée de lâcher sa PUTAIN DE JUPE. Le vent malicieux lui remonte alors celle-ci par en dessous, devant les yeux amusés d'une foule de piétons apparus comme de par hasard.
La conductrice, rose et humiliée, jure un peu tard qu'on ne l'y reprendra plus.

Genre

mercredi 8 septembre 2004

À l'Ouest, rien de nouveau

Je me lève le matin.
Je travaille, un peu, j'essaie.
Je soupire, je regarde le grand ciel bleu, le soleil.
La journée passe, si lentement, malgré moi.
Sans moi.
Je me dis qu'il faudrait vraiment que j'arrête d'écouter ces morceaux qui m'éparpillent le moral.
Je me dis qu'il faudrait vraiment que je ne saute pas sur la moindre occasion d'être dehors.
Loin de cet écran.
Je me dis que je n'ai vraiment absolument aucune volonté.
Je me dis, putain, encore 3 heures avant Dawson.

[Edit] Y a pas Dawson aujourd'hui, y a foot.
        C'est décidé, je me suicide.

J'en pleure encore...

jeudi 9 septembre 2004

Pleure ma fille, tu pisseras moins

Quand j'aurai soutenu, je serai belle et mince.
Quand j'aurai soutenu, j'aurai un chouette boulot passionnant à mi-temps ultra trop bien payé.
Quand j'aurai soutenu, j'aurai des tas d'amis.
Quand j'aurai soutenu, je ferai plein de voyages inoubliables aux quatre coins de la planète.
Quand j'aurai soutenu, j'aurai une Mini Cooper.
Quand j'aurai soutenu, je lirai des tas de livres au bord de ma piscine.
Quand j'aurai soutenu, j'embaucherai un homme de ménage.
Quand j'aurai soutenu, je rencontrerai des extra-terrestres (mais des gentils, hein).
Quand j'aurai soutenu, je serai libre.

Quand j'aurai soutenu, j'aurai plus jamais mal au ventre à ne plus pouvoir respirer.
Quand j'aurai soutenu, j'aurai plus jamais envie de me chialer tout entière.

vendredi 10 septembre 2004

Debout les campeurs, et haut les coeurs

Cette nuit, alors que je m'étais encore enroulée dans ma couette d'une façon digne des meilleurs noeuds marins, j'ai entendu le tonnerre gronder par mon velux ouvert. J'ai vu les éclairs teinter de rose lumineux mes paupières résolument fermées, et j'ai savouré la chanson de la pluie sur la vitre.
Je me suis dit, "Mmm, chouette il pleut, il va faire moins chaud".
Heureusement, je ne me suis pas dit, "Mmm, merde il pleut, toutes les araignées du toit vont rentrer s'abriter à l'intérieur", car ma nuit aurait alors été définitivement foutue. Dans la liste de mes phobies, il y a les requins et les araignées. Les dernières je les tolère mieux que les premiers - tant mieux, hein, je croise quand même plus souvent des araignées que des requins - quand elles ne sont pas trop grosses et qu'elles restent de leur côté de l'appartement. Ou alors quand elles - les inconscientes - décident de traverser la vaste étendue de moquette - chance de survie, très faible, risque de se faire dévorer par un chat, très elevé.
Malheureusement, je ne me suis pas dit, "Mmmm, putain il pleut, j'ai laissé le velux du bureau ouvert !", ce qui aurait été franchement une bonne chose vu que ledit velux donne directement sur mon ordinateur, et que les ordinateurs ne sont pas étanches.
Résultat, ce matin, quand je me suis levée, je me suis retrouvée avec des araignées au plafond et un ordinateur mouillé.

Mwhahahahaha FanArt From Wakita

samedi 11 septembre 2004

Conversation d'aspiration

- VrrOOooOOoom vrrOOOoooooOOoom vrrOOOoOOoooooOOoom !
- Chéri ?
- VrrOOooOOoom vrrOOOoooooOOoom vrrOOOoOOoooooOOoom !!
- ...
- VrrOOooOOoom vrrOOOoooooOOoom vrrOOOoOOoooooOOoom !!
- CHÉRI ! ÉTEINDS L'ASPI DEUX SECONDES !
- VrrOOooOOoom vrrOOOoooooOOoom quoi ? VrrOOOoOOooooo*clic* quoi ?
- T'as pas vu Orion ?
- Orion ?
- Oui, Orion, tu sais, notre chat, le blanc.
- TON chat.
- Oui, mon chat, si tu veux, bref, tu l'as pas vu ?
- Bin, euh, non pas depuis que j'ai aspiré le salon...
- Merde.
- Tu le trouves pas ?
- Bin, non.
- Kernel, elle est là. Hein, ma chatoune, que tu es là toi, hein, t'es belle toi, hein...
- Putain, je m'en fous de Kernel, c'est Orion que je cherche.
- Il est pas enfermé dans un placard ?
- Non.
- Il est pas sous le lit ?
- Non.
- Il est pas dans le sèche-linge ?
- Nan.
- Il est pas euh... dans la goutière ?
- Non, putain, je te dis, il est nul part ! J'ai regardé partout et...
- Attends, j'entends pas miauler là ?
- Euh...
- ...
- ...
- C'est le canapé qui miaule.
- Oui.
- Le canapé, putain.
- Bah oui.
- Ton crétin de chat est DANS le canapé ?
- Bin, oui...
- Mais comment il est entré dans le canapé, bordel ?
- Je sais pas moi...
- Il est vraiment CON ton chat.
- NAN IL EST PAS CON C'EST TOI QU'EST CON D'ABORD !
- Ok. *clic*VrrOOooOOoom vrrOOOoooooOOoom vrrOOOoOOoooooOOoom !
- ...
- VrrOOooOOoom vrrOOOoooooOOoom vrrOOOoOOoooooOOoom !!
- Chéri ?
- VrrOOooOOoom vrrOOOoooooOOoom vrrOOOoOOoooooOOoom !!
- Chéri, dis, tu m'aides à soulever le canapé, s'il te plait ?

dimanche 12 septembre 2004

Shitao

Putain, voilà.
Putain, je suis amoureuse, quoi.
Ca m'est arrivé par surprise cet après-midi alors que je faisais ma position préférée n°23 sur le canapé - pieds en l'air, tête en bas avec bras posés au sol, allongée sur le ventre - devant la télé, histoire d'échapper quelques instants à mon problème récurrent du clavier qui se blo

Y avait tellement rien à la télé que bêtement, j'ai zappé sur Arte. 
Je suis tombée sur le début du documentaire d'Alain Jaubert sur les Monts Jingting en Automne.
Et maintenant, voilà que je suis amoureuse d'un putain de moine chinois à la con, mort depuis des siècles.
Tout ça parce qu'il a peint la plus belle toile que j'ai jamais vu de ma vie.
Et pourtant moi, normalement, l'art et la peinture, je suis comme la brique.
Réfractaire.

lundi 13 septembre 2004

Signes distinctifs de la Rédaction forcée

Elle est habillée pareil avant et après la douche, elle se douche quand elle y pense, elle répond au téléphone en disant : " QUOI ENCORE ?!", elle fume un paquet par jour, elle n'arrive pas à se concentrer plus de dix minutes à suivre, elle va beaucoup aux toilettes, elle fait des exercices d'assouplissement de doigts, elle a envie de picoler dès midi, elle change la musique de fond toutes les deux chansons, elle a toujours un oeil sur sa boite à mails vide, elle fait des marathons cuisine-salon-bureau-salle de bains, elle a l'oeil hagard, elle a le poil fébrile, elle est championne olympique d'étirage sur chaise, elle a très mal au ventre, elle est énervée quand il fait beau, elle est déprimée quand il pleut, elle se repête sans arrêt plus que quinze jours, plus que quinze jours, et elle a une conscience aigüe qu'elle n'écrit que de la MERDE.

jeudi 16 septembre 2004

À l'Ouest de partout

Et tout d'un coup, il s'est mis à faire drôlement froid. J'ai ri quand ma bouche a soufflé ma respiration en fumée, j'étais surprise, enchantée pour la soirée entière. J'ai foncé la tête la première dans mon placard à merveilles pour réorganiser ma garde-robe, sortir gros pulls et jeans noirs, écharpes, manteau, gants et chapeau. Je me suis permise quelques essayages alors que j'étais déjà en retard, j'avais des envies de neige et de nez gelé, j'ai sauté partout en chantonnant, c'est l'hiver qui arrive, c'est l'hiver qui arrive, suivie par ce regard désolé que les chats posent souvent sur moi. Je n'ai même pas loupé le début de la scéance de ciné et sans les soupirs d'ennui et les regards consternés de mon voisin, j'aurais sûrement adoré le film, j'ai beaucoup ri et beaucoup pleuré.
Et sur le chemin du retour, en scooter, j'ai claqué des dents en me disant...
Vivement l'été prochain, putain.

Indice de rétro-honte : MAXIMAL !

J'avais pas deux ans, je me collais sur les baffles pour écouter Riders On The Storm. J'ai grandi en baignant dans la musique de mes parents, et naturellement chez nous, on chantait.
Beaucoup. Tout le temps.
Je connais un nombre assez impressionnant de chansons entièrement par coeur, et celles que je ne connais pas, je les apprends assez vite - ne me demandez pas si ça prend de la place dans ma cervelle de tigrée, oui, ça en prend, ça explique sûrement certaines difficultés à y faire entrer des trucs moins fnu comme la représentation de connaissances avec la logique des prédicats de premier ordre.
Ma mère adorait m'entendre chanter, et me poussait toujours à le faire, enchantée, souriante. Mon nounours de père me reprenait gentiment sur la prononciation mes "th" et m'expliquait comment positionner ma langue correctement. Je suis donc arrivée jusqu'à un certain âge persuadée que quand je chantais, je faisais plaisir aux gens qui m'entouraient, et je ne m'en privais pas.
Tout ceci pour vous expliquer que rien ne m'avait préparée au drame que je vais vous conter...
C'était une soirée entre amis qui se terminait, après une bonne bouffe et de bonnes bouteilles. Il faisait froid dehors, mais l'amitié et les radiateurs nous réchauffait. Notre hôte, musicien confirmé et mélomane averti, a sorti sa guitare et nous nous sommes naturellement mis à pousser la chansonnette. Après deux ou trois morceaux, nous voilà en train de chanter en coeur Wish You Were Here. J'adore cette chanson, j'adore mes amis, j'adore chanter, je suis bien.
Soudain, l'hôte qui me regardait bizarrement depuis qu'on avait commencé à chanter, interrompt la chanson.
- Saki, on t'a déjà dit que tu chantais bien ?
- Euh, noon...
- Ça ne m'étonne pas. Tu veux bien arrêter s'il te plait ?
Inutile de vous dire que ce fut pire qu'une baffe. Une fois l'information digérée, j'ai mené ma petite enquête. Non, il ne s'agissait pas d'un cas isolé, TOUTES mes connaissances me l'ont confirmé, je chante mal, je chante faux, c'est insuportable mais j'y prends apparement un tel plaisir que personne n'avait jamais osé me le dire.  Depuis lors, je ne chante plus en public, je ne peux pas, je suis bloquée. Je chante sous ma douche, seule, ou sur mon scooter, quand mon moteur couvre ma voix - mais j'avale beaucoup de mouches, c'est pas pratique.
Et pour ceux qui ne me croient pas, je chante mal et je le prouve.

Scientific talk

(Guillermito): Je vais isoler le gène qui régule l'amour du saucisson.
(Saki): Guillermito !
(Saki): Prends moi comme sujet d'expérience.
(Guillermito): Nan, toi c'est plutôt le gène de la résistance à la rédaction.
(Guillermito): Désolé. Pas pu m'empêcher. C'était facile. Petit, même.
(Saki): Non, non, c'était drôle.
(Saki): Vraiment.
(Guillermito): Referai plus.
(Saki): J'ai eu un rictus proche du sourire.
(Guillermito): "Inducible rictus observed on french saucisson-loving PhD student" (NATURE, 2005, 1334-1336)

vendredi 17 septembre 2004

La vie est faite de petites victoires

9h24 : LaTeX PDF successfully formated 191 pages.
10h38 : LaTeX PDF successfully formated 193 pages.

lundi 20 septembre 2004

Après ce post, je bosse

Ce matin, je suis tombée du lit à une heure tellement indécente que même le coq - ou alors c'est une chèvre - qui se planque dans les jardins d'en face n'était pas réveillé. Résultat, je me retrouve prête à bosser de bonne heure et j'ai tellement pas l'habitude qu'aucune excuse pour ne pas m'y mettre tout de suite ne surgit spontanément dans mon esprit détraqué.
Quand je dis prête à bosser, comprennez que j'ai plus rien d'autre à faire : le lave-vaisselle est débarassé, la machine à laver pleine attend qu'il soit midi pour se déclencher - c'est moins cher - les chats sont nourris donc je n'existe plus, la gerbille a de l'eau fraiche, le petit déjeuner a été avalé et rangé, et je suis même lavée et habillée.
Comble du comble, je me suis aussi brossée les dents pendant 5 minutes, en faisant les mouvements qu'il faut - du haut vers le bas en haut et du bas vers le haut en bas - tout ça parce que j'ai vu mon orthodentiste samedi après-midi pour faire les empreintes pour mon futur appareil dentaire. Ce fut un moment pénible, ces empreintes. On te colle dans la bouche une espèce de pâte dégeulasse qui pue, faut que tu attendes que ça prenne, tu peux plus respirer, tu sais pas trop où mettre ta langue mais tu sais que si elle touche un bout de la pâte tu vas vomir et ça va pas être cool. Sur le chemin de chez mes parents au cabinet de l'orthodentiste, j'avais déjà des remontées de nausées en souvenir de cette putain de pâte lors de mes premières empreintes y a quatorze ans.
Et ensuite, quand la pâte a été assez dure, et qu'on me l'a retirée, y a plein de petits bouts de bouffe - genre une bonne partie de mon petit déjeuner - qui sont venus avec et j'ai eu le droit à une leçon de brossage des dents devant les grands miroirs de la salle d'attente et une ribambelle de gamins hilares de me voir ainsi honteusement réprimandée, et pendant quelques secondes tout a tournoyé autour de moi, et je me suis vue dans ce putain de miroir avec mon appareil dentaire cradingue, mes elastiques à dents, ma coupe de cheveux à la con, mon bandana pour cacher mes boutons et mes vêtements sortis des années 80, et j'ai vraiment été à deux doigts d'hurler de terreur mais j'avais plein de dentifrice dans la bouche.

mercredi 22 septembre 2004

Pull me out from inside

jeudi 23 septembre 2004

T'as vu ce qu'elle a fait, ta chienne de fille ?

J'avais rendez-vous ce matin au labo pour discuter de la nouvelle version de mon chapitre I, les jours se suivent et se ressemblent, c'est passionnant et vous, comment ça va chez vous ? Mon directeur de thèse m'a accueillie en me serrant la main avec un grand sourire, "Alors, Saki, plus que sept jours, ça va être duuuuuuuuuur !" j'ai même pas réagi tellement j'avais pas dormi de la nuit vu comment j'appréhendais cette foutue réunion. En sortant, j'avais grave envie d'aller danser sur l'autoroute mais comme je suis une fille forte qui sait surmonter l'adversité, je suis plutôt allée m'acheter un billet sans retour pour aller directement brûler en Enfer.
Ca va faire 5 heures que je l'ai acheté, je l'ai toujours pas ouvert.
J'assume pas mon côté démoniaque, en fait.

vendredi 24 septembre 2004

J-7

Plus que sept jours, putain !
J'ouvre le tube de Guronsan et je laisse tomber deux comprimés dans un verre d'eau.
PLUS QUE SEPT JOURS, PUTAIN !
Le ton de la petite voix dans ma tête est passé d'agacé à hystérique.
Comment tu vas faire ? Tu vas jamais y arriver ! Sept jours, putain, avec tout ce que tu as à reprendre...
Je regarde le verre qui mousse doucement en faisant des bruits rigolos, je me gratte le menton.
Et je ne te parle pas des deux chapitres que t'as MÊME pas encore commencé à rédiger !

Je penche la tête, je mets mon nez au dessus du verre, ça chatouille.
T'es IRRESPONSABLE, il est 11 heures, qu'est ce que tu as fait depuis que tu es levée ? Tu mets à jour à la main les tags de tes mp3 putain... T'es prête à tout pour pas bosser ma parole...

Je goûte l'eau d'une langue prudente, mmmh, ça picote, j'adore.
BON SANG MAIS BOUGE TOI BORDEL !  VA BOSSER !
Je relève soudainement la tête, mes yeux s'arrondissent, une lueur les éclairent de l'intérieur.
Ha, putain, tu réagis, c'est pas trop tôt...
J'ouvre la porte du placard, je fouille, hahaha, je savais bien qu'il restait un Twix. La vie est belle.

samedi 25 septembre 2004

J-6

Panique.
Fébrilité.
Lucidité.
Plus que 6 jours, putain.
Plus que 6 jours.
Au secours.

dimanche 26 septembre 2004

J-5

- Tu dors ?
- Mmmrrgnn, non, pas depuis que tu as lâchement envoyé la chatoune pour me réveiller...
- Ha, tant mieux, regarde, y a un truc bizarre avec mon iPod, il...
- Je m'en fous, c'est ta merde, t'assumes.
- Mais-EUH, s'il te plait, allez, regaaaarde !
- Nan. Laisse moi me rendormir.
- S'IL TE PLAIT S'IL TE PLAIT !
- Nan.
- Je bosse pas tant que tu m'aides pas.
- ...
- Et tu sais, plus que 5 jours, hein, chaque minute compte.
- Putain, ce que t'es chiante. Qu'est ce qu'elle a ta merde ?
- Bin, regarde, il refuse de lire certains mp3, je comprends pas c'est bizarre.
- Mmmm. T'es sûre qu'ils sont bien encodés, tes mp3 ?
- Bah, oui, je les lisais sans problème avec mon iBead.
- Oui, mais ton iBead, il est malin, lui, c'est pas une merde.
- ...
- A mon avis, les mp3 qu'il ne veut pas lire, t'as du les encoder en Mpeg1 Layer II. Ton iPod ne lira que des Mpeg1 Layer III.
- Oh. Je fais quoi alors ?
- Bin... Tu réencodes tout.
- MAIS PUTAIN MAIS Y A PLUS D'UNE VINGTAINE DE CDS !! J'vais en avoir pour des heures.
- Et bin, demain, on ira rendre ton iPod alors.
- ...
- Ferme la porte en partant, hein, je vais dormir encore un peu.

lundi 27 septembre 2004

Le ver était dans la pomme

Avant toute chose, sachez que je suis bien punie.
Je pleure déjà toute l'eau de mon petit corps depuis plusieurs heures - oui, je suis excessive et émotive, vous ne le saviez pas ?
Donc si c'est pour m'envoyer un mail qui dirait, en substance, "je t'avais prévenue, sale tigrée, mais encore une fois t'en as fait qu'à ta tête", vous pouvez aller vous faire *censuré* par un ornithorynque.
Car ce petit iPod que j'appelais de tous mes voeux, ce soir, je le maudis.
Après à peine 4 jours d'utilisation, me voici victime du bug du Menu Button.
Alors que je browse de forum en forum - oui, j'aurai vraiment du faire ça avant de l'acheter - les larmes roulent sur mes petites joues, et je dois me rendre à l'affreuse évidence : demain, au lieu de rédiger, j'irai pêter un scandale à la Fnac pour me faire rembourser.

J-4

Dans un magnifique élan de motivation et un réel besoin d'organisation, je me suis achetée un super grand tableau blanc et des velledas de toutes les couleurs. J'y ai soigneusement noté chapitre par chapitre tout ce qu'il me reste à faire.
J'ai écrit tout petit à certains endroits parce que le tableau n'est pas assez grand.
Ou j'ai trop de trucs à faire.
Je regarde mon tableau, je regarde mon écran.
Je baille, mes yeux se ferment.
C'est l'heure du Guronsan.

Iggy Pop Talking

You see, what, what sounds to you like a big load of trashy old noise, is infact the brilliant music of a genius, myself. And that music is so powerful, that it's quite beyond my control and uh, when I'm in the grips of it I don't feel pleasure and I don't feel pain, I just feel no emotions.
Do you understand what i'm talking about? Have you ever, have you ever felt like that, when you just, when you just, you couldn't feel anything and you don't want to either, you know, like that.
Do you understand what I'm saying sir?

Mogwai - Punk Rock

mardi 28 septembre 2004

Achète toi un analyseur syntaxique

"La plupart des psychologues cognitivistes supposent que la psychologie cognitive offre les connaissances fondamentales propres à soutenir les pratiques qui solutionnent leur problème général."
Mrrmmmm...
Allez, on respire, on se la refait...
"La plupart des psychologues cognitivistes [INSPIRE] supposent que la psychologie cognitive offre les connaissances fondamentales [EXPIRE] propres à soutenir les pratiques qui solutionnent leur problème général."
Mwais.
Putain mais ça veut dire quoi ?
"Laplupart despsychologuescognitivistes [Mwhaha] supposentquela [Hinhinhin] psychologiecognitive [Mmmrrrfff] offrelesconnaissances [Erg] fondamentalespropres à soutenirlespratiques [Mwohoho] qui solutionnent leurproblèmegénéral."
BooOOoooon.
C'est pas ga-gné pour le chapitre III, hein.

J-3

Le matin, mon cerveau n'est pas réveillé avant 11 heures.
À partir de midi et demi, j'ai trop faim pour me concentrer.
Après le repas, j'ai envie de dormir et digérer.
Dawson commence à 16 heures 25 exactement.
Dès 19 heures, l'apéro est autorisé.
Ensuite, j'ai à nouveau faim.
Puis, je m'endors sur mon clavier.
Et on est le lendemain...
Avec un jour en moins pour bosser.

Sexy Manga FanArt From Robin

mercredi 29 septembre 2004

J-2

Ajourd'hui, j'ai une flemme...
Mais genre MONSTRUEUSE.

jeudi 30 septembre 2004

J-1

URGENT :
Recherche rédacteur de génie pour travail en free-lance.
37 publis à lire, 5 discussions, 2 historiques et 2 introductions à rédiger pour demain 18 heures.
Rémunération horaire en twix et en bières.

Toujours J-1

Question : que fait une pseudo-doctorante articifiellement tigrée et championne toute catégorie de la procrastination quand elle se retrouve - un jour avant d'envoyer son manuscrit à ses responsables -  avec sur les bras toutes les parties difficiles de sa thèse à rédiger et qu'elle réalise que ce n'est pas un problème de forme ou de motivation mais un problème de fond, autrement dit, elle a beau essayer et ré-essayer, elle a beau prendre le problème dans tous les sens, elle n'a pas d'idées, elle n'a pas d'arguments, elle ne sait pas discuter, elle se sent si bête, si conne et si limitée ?
Réponse : elle pleure.
Pendant des heures.
Et après, elle est vachement avancée, tiens.

Vivement demain, tiens

- Toc, toc, toc, je peux entrer ?
- Mouais.
- Ca va ?
- Nan.
- Ha.
- J'ai pleuré toute la journée.
- Oh.
- Et j'ai mis quatre heures à écrire dix lignes complètement poucraves, attends, je te lis, tu vas rire.
[Lecture des dix lignes]
- C'est poucrave, hein ?
- Mais nan, je trouve ça bien, moi.
- Mouais, c'est parce que t'as rien compris.
- Mais nan.
- Mais si.
- Allez, courage, tu as presque fini, tu vas y arriver, je sais.
- Mouais.
- Tu dois l'envoyer aux rapporteurs pour quelle heure demain ?
- Hein ?
- Oui, t'as jusqu'à quelle heure ?
- Mais j'envoie pas aux rapporteurs demain, putain, j'envoie à mes responsables !! Je t'ai déjà expliqué douze fois, t'écoutes vraiment rien !
- Oooooh, mais alors c'est pas le manuscrit définitif définitif que tu envoies aux rapporteurs là ?
- Bin, nan il va être encore relu et revu par mes responsables avant.
- Haaaa, putain mais TANT MIEUX quoi !
- Hein ?
- Bin, je suis soulagé.
- ...
- Nan parce que sinon t'étais pas dans la merde, hein.
- ...
- Je voulais pas te le dire et tout pour pas t'enfoncer mais... euh...
- ...
- Euh... Pourquoi tu pleures ?