mardi 1 juin 2004

Question pour une championne

Comment ça se fait que je sois capable de suivre trois films en même temps à la télé sur trois chaînes différentes, que je connaisse par coeur des dizaines de paroles de chansons à la con, que je puisse citer de mémoire des passages entiers de films débiles, et que je sois pas FOUTUE CAPABLE DE RÉDIGER CETTE PUTAIN DE THÈSE ?!

Jusqu'au bout des phylactères

Je prends mon petit déj' tranquillou devant une merde à la télé - "La vie avant tout", sur TF1, un mélange entre "Urgences" et "Amour, Gloire et Beauté", j'adore - en me disant que allez, aujourd'hui, je bosse, si, si. Les chats dressent leurs oreilles, et s'agitent, ce qui me donne juste le temps d'éteindre la télé - j'adore mais j'ai honte - et de reboutonner mon pyjama avant que le facteur ne sonne. Je savais qu'il allait passer, j'ai eu un petit mot dans ma boite aux lettres comme quoi il m'aurait loupé la dernière fois - bah ouais, j'ai une vie, hein, j'attends pas toujours mon facteur derrière la porte... enfin, pas TOUS les jours.
Donc, le facteur sonne, et je lui ouvre, toute excitée parce que je me doute que c'est enfin mon vieux téléphone bleu des années 70 qui arrive, celui que j'ai durement gagné aux enchères chez e-Bay.
En fait non.
C'est un paquet de chez Amazon.
Un paquet ENORME.
Genre, les deux chats tiennent dedans en même temps.
Je vis alors un fulgurant et intense moment de panique. Et merde, j'ai recommencé à commander des trucs sans m'en souvenir ?! J'ouvre. Y a du paquet cadeau. Un beau, un gris, avec des dessins tribaux blancs. Putain, c'est un cadeau ! Des tas et des tas et des tas de cadeaux !
La vache.
Je me mets à rigoler comme une gamine, et je plonge les deux mains les premières. Je déballe. Je me retrouve avec assez de papier cadeau pour me faire une robe, l'intégrale en 6 tomes de "De Cape et de Crocs", une bande-dessinée avec un loup et un renard, et un Gaiman, Stardust.
Ok, qui est le malade qui m'a envoyé tout ça ?
Je trie les petits cartes qui étaient accrochées aux cadeaux pour reconstituer le message.
Je me marre.
Le malade de la tête, c'est Kobal2.
Et je ne vais pas lui dire merci, parce qu'il a trop bien réussi son coup, le fourbe : je vais encore pas bosser de la journée.

mercredi 2 juin 2004

2724

J'veux tomber en amour dès que mes yeux se poseront sur lui.
J'veux me sentir toute fébrile en réalisant que l'intérieur va me plaire autant que l'extérieur.
J'veux avoir les mains moites en le ramenant chez moi.
J'veux trembler de plaisir en le découvrant au fur et à mesure.
J'veux passer des nuits blanches à cause de lui.
J'veux m'endormir en le tenant par la main.
J'veux me réveiller en sursaut en ne pensant qu'à lui.
J'veux devenir asociale pour n'être qu'avec lui.
J'veux saoûler les gens en ne parlant que de lui.
J'veux pleurer, et je veux rire en sa compagnie.
J'veux qu'il me change à tout jamais.

Et après, une fois que ça sera fini, je le conseillerai à mes copines.

Gargantua

Depuis quelques temps, la place préférée de Kernel pendant que je rédige, c'est sur le bureau derrière moi, allongée de tous ses poils sur mes notes, articles, résumés - bref, tout mon bordel et mon matériel à rédiger, comme disent mes responsables, ça me fait triper, matériel à rédiger, ça fait genre j'ai des trucs à dire alors que hahaha, mais je m'égare.
Donc, Kernel, allongée sur.
Son activité préférée dans cette position, c'est de chopper les coins de papiers et de pochettes qui dépassent de sous elle avec ses dents ou ses griffes, de les déchiqueter et de les machouiller, le plus discrétement possible, évidemment.
Au bout d'un moment, elle s'emporte et je finis par l'entendre. Je me retourne, je l'engueule, elle me regarde avec le même air innocent et ahuri qu'ont tous les chats pris en flag', je récupère les petits bouts colorés tout humides qui trainent, je les fous à la poubelle, je me remets à mon ordi, et 5 minutes plus tard, ça recommence.
Ma chatoune est en train de dévorer mon matériel à rédiger.
Si c'est pas un signe, ça.

Sisters and Co

Ma terrasse, une petite table bleue, deux chaises.
Ma soeur et moi, au soleil. On bosse.
Du moins, on essaye.

- T'as des Pringles ?
- Nan.
- Allez, arrête, t'as des Pringles, j'en suis sûre.
- Nan.
- T'es rien qu'une sale égoiste.
- Ce sont MES Pringles.
- Putain, allez, va les chercher, merde.
- Ok, mais tu me masses alors.
- Va chier.
- Pas de massage, pas de Pringles.
- Salope.
- Poufiasse.

[cinq minutes plus tard]

- Eh, mais t'en as mangé COMBIEN ?
- Mais arrête, j'en ai à peine mangé deux pendant que tu t'en enfilais huit, j'ai bien vu. Et le chat en a bouffé deux.
- Ha oui, bien sûr, il reste la moitié de la boite, et c'est le chat.
- Nan, c'est toi, j'comprends mieux ton gros bide, hein.
- Salope.
- Poufiasse.

[cinq minutes plus tard]

- Tu veux du saucisson ? Si tu veux, y a du saucisson dans le frigo.
- Hein ? Tu me proposes du saucisson ?
- Bin oui.
- J'hallucine.
- Nan mais si t'en veux, je vais te le chercher.
- Ok, j'ai compris, il est dégeulasse, c'est ça ?
- Oui. Tu veux goûter ?
- Salope.
- Poufiasse.

samedi 5 juin 2004

Cliffhanger

Je dois rendre mon chapitre 6 lundi avant de décoller pour Paris et le concert des Pixies.
Inutile de préciser qu'évidemment, je ne l'ai pas encore commencé.
La journée d'aujourd'hui est déjà bien avancée, donc foutue, et demain, c'est la Fêtes des Mères, donc foutue aussi.
Il me reste... ce soir et demain soir pour rédiger entièrement ce putain de chapitre.
Mmmm.
J'ai toujours affirmé n'être capable de travailler efficacement que sous pression.
D'un autre côté, ce coup-ci, la pression est p'tête juste un chouïa trop élevée.

dimanche 6 juin 2004

J'y étais presque

J'vais y arriver, j'vais y arriver, j'vais y arriver, j'vais y arriver, j'vais y arriver, j'vais y arriver, j'vais y arriver, j'vais y arriver, j'vais y arriver, j'vais y arriver, j'vais y arriver, j'vais y arriver, j'vais y arriver, HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !! J'vais y arriver, j'vais y arriver, j'vais y arriver, j'vais y arriver, j'vais y arriver, j'vais y arriver, j'vais y arriver, j'vais y arriver, j'vais y arriver, j'vais y arriver, j'vais y arriver, j'vais y arriver, j'vais y arriver, putain, trop tard c'est foutu, on est déjà demain.

lundi 7 juin 2004

L'habit et le moine

Sur le chemin du retour de l'hôpital, d'où je reviens d'un rendez-vous avec mon neurochirurgien préféré pour discuter de mon chapitre 7 - même que ça m'arrangeait pas un rendez-vous aujourd'hui, rapport à ce foutu chapitre 6 que je dois rendre pour avant 15h05, heure de mon train pour les Pixies, mais j'ai appris à toujours être disponible pour un rendez-vous avec un neurochir parce que la prochaine fois que lui sera dispo, ça risque d'être dans trois mois - je me retrouve à partager la bande cyclable avec un bogoss qui chevauche une magnifique Vespa. Un bogoss en costard-cravate, roulant sur une Vespa noire panthère, siège en cuir marron crème, et - comble de la classe - le casque assorti, noir et marron crème donc.
Je bave un peu en le regardant parce que, merde, c'est ce que je me serais acheté si j'avais eu des sous, tiens, une Vespa noire et crème. Faut dire qu'avec mon p'tit Zip gris et rose râpé sur un côté - séquelle de l'accident, merci chéri, l'apparition de cette couleur rose reste d'ailleurs un mystère non élucidé à ce jour - et mon casque tout moche, admettons le, je fais tâche.
On s'arrête côte à côte à un feu rouge, et je balance de grands sourires, j'ai très envie d'engager la conversation, mais le bogoss fait mine de rien voir sous ses lunettes de soleil griffées. Je l'imagine même penser "C'est qui cette tâche qui me regarde, c'est quoi sa poubelle, je cause pas avec la plèbe, môa !" alors qu'il fixe obstinément le feu qui reste rouge.
Je continue à rêver que c'est moi qui conduit cette beauté noire et pas lui, jusqu'à ce que le feu passe au vert, et que je lui mette facile plus de 50 mètres dans les dents d'un seul coup d'accélérateur.
Rose peut-être, mais avec un vrai moteur.

mardi 8 juin 2004

Death to the Pixies

Ce matin, j'me suis extirpée du lit à cause d'un sms sonore qui voulait savoir si j'étais réveillée. J'ai la sale gueule des lendemains de jours trop attendus, de ces jours qu'on rêve pendant des mois et forcément, une fois qu'ils sont passés, c'est la déprime, faut chercher une nouvelle raison de vivre. Je me secoue, je ferme les yeux, et je me force à me souvenir. La joie animale, directement branchée à la basse de Kim, les hurlements, l'ambiance, les frissons de plaisir de les voir devant moi, les sourires des autres qui sont là, tout près de moi, et cette volonté, malgré la chaleur insupportable, la moiteur terrible, la première partie et les bandes annonces à la con, de vouloir faire de ce concert un truc mythique, un truc énorme. Un truc qui se finit trop vite, et je me traine jusqu'à Place d'Italie, pour apprendre à rouler des nems, profiter de la compagnie et du soleil, acheter une barbapapa et la transformer en totem.
Et monter dans un train sans colis piégé qui me ramène lentement chez moi, avec un putain de bouquin.
Et m'endormir, avec le sourire.

"Les désespoirs des petites filles sont de puissants freins qui ralentissent la course du Monde."
Jean-Bernard Pouy, Les roubignoles du destin.

mercredi 9 juin 2004

Même pas mal

J'avais rendez-vous au labo cet après-midi pour discuter de mon chapitre 6, et sérieusement, je m'attendais à être pendue haut et court pour avoir osé donner à lire un truc aussi... comment dire...
Un truc, quoi. Mais non.
Ils étaient même tellement optimistes et enthouiastes au sujet de ma prose massacrée et de son contenu baclé que c'en était louche.
Je préfère quand ils m'enguelent, au moins je sais que je le mérite.

jeudi 10 juin 2004

Bitch & Boss

Quand j'y réfléchis bien, après coup, à tête reposée, c'est entièrement de ma faute.
J'aurai vraiment vraiment du fermer ma grande gueule, y a quelques semaines, quand M. TPM m'a demandé ce que je pensais du prototype et du code développé par les petits stagiaires de cette école d'ingénieurs privée.
J'aurai vraiment vraiment du tourner sept fois ma langue dans ma bouche avant de répondre cette longue diatribe agacée et furieuse - ça faisait des jours que leur bouzin m'explosait constamment dans les mains dès que je le tripotais.
J'aurai du me douter qu'il allait résumer mes paroles en un concis "C'est de la merde en boite, même mes chats coderaient mieux avec une seule patte."
J'aurai du prévoir que, recevant la fiche d'évaluation et la petite facture des stagiaires en même temps - plutôt salée, la petite facture - il allait calmer ses nerfs dûs à la deuxième sur la première.
Et j'aurai vraiment du savoir que, lorsque le responsable des petits stagiaires, paniqué par la plus horrible mauvaise note de stage de toute l'histoire de l'école, allait téléphoner pour avoir des explications, M. TPM allait me tendre le combiné après lui avoir expliqué qu'il "fallait voir ça avec Satanic Kitten, c'est elle l'informaticienne chez TPM".

vendredi 11 juin 2004

Don't talk to me

Sevrage

Ce matin, ma balance m'a appris brutalement que j'avais encore pris deux kgs. Je ne suis pas tombée des nues, hein, vu que j'ai passé la journée d'hier à regretter d'avoir mis mon jean noir préféré qui m'allait encore bien y a un mois et qui maintenant me coupe la circulation de partout.
J'ai quand même vérifié si la balance n'était pas déréglée.
Mais non.
Du coup, j'ai pris une grande décision dans la voiture sur le chemin du retour : j'arrête !
Je suis à l'appart depuis 51 minutes, et jusqu'ici, zéro Pringles, zéro saucisson.

Putain, mais je tiendrais jamais.

lundi 14 juin 2004

AU SECOURS !

Au lieu de travailler, je fais des calculs débiles.
Mes responsables m'ont fixé une deadline pour l'envoi de mon manuscrit : le 13 septembre.
Est-ce que je vais réussir à la respecter ou pas, c'est la question. Armée d'un calendrier et d'un stylo, j'essaie de savoir si c'est du domaine du possible ou de la science-fiction. D'ici au 13 septembre, il reste environ 90 jours - et même moins, parce que si j'étais vraiment honnête j'enlèverai les 15 jours de vacances en Août avec mes parents, parce que ça m'étonnerait beaucoup que je bosse sur la plage...
Donc 90 jours.
J'ai calculé qu'il me fallait à peu près 10 jours par chapitre pour une première version, 5 jours pour une deuxième, et 3 jours pour une troisième, en considérant avec mon optimisme habituel que la troisième version est la version définitive. Pour l'instant, j'en suis là :
Chapitre I :    Version 0 (j'ai déjà écrit un truc mais tellement nul que ça compte pas)
Chapitre II :    Version 0 (j'ai même pas commencé à y penser, je sais juste en gros, vaguement, le plan)
Chapitre III :    Version 0 (idem)
Chapitre IV :    Version 1 (et y a du boulot pour passer à la suivante...)
Chapitre V :      Version 2 (je me demande s'il va pas lui falloir plus de versions à celui là...)
Chapitre VI :    Version 1 (idem chapitre IV)
Chapitre VII :      Version 1 (idem chapitre IV et VI mais en pire)
Chapitre VIII :    Version 0 (comme le II sauf que j'ai même pas le plan, à peine le titre)

Donc, si on fait les comptes, on arrive à  4 * (10 + 5 + 3) + 3 * (5 + 3) + 1 * 3 jours, ce qui nous donne, euh... ça nous donne... qu'est ce que j'ai fait de ma calculette, moi... 99 JOURS ! Sans compter les introductions et conclusions de chaque partie, l'introduction et la conclusion générale, le résumé et la grosse relecture générale... et bien sûr, les vacances.
Erg.
Au lieu de travailler, je fais des calculs vraiment débiles.

Méthode Triplie

[TripleBuse] dis toi que dans 90 jours c'est fini
[TripleBuse] hop hop tu passes à autre chose
[TripleBuse] l'été arrive en plus, c'est l'occas de s'organiser pour la dernière ligne droite
[TripleBuse] genre été de championne
[TripleBuse] reveil à 8 h
[TripleBuse] petit dej de sportive
[TripleBuse] 9 h / 12 h 30 : taf
[TripleBuse] miam, courses, pause
[TripleBuse] 14 h 18 h : taf
[TripleBuse] un petit thé sous le coude
[TripleBuse] 18 h / 20 h 30 pause
[TripleBuse] 20 h 30 / 23 h 30 : taf
[TripleBuse] puis dodo
[TripleBuse] c'est pas mal ça

ARGH !

mercredi 16 juin 2004

Rions un peu

Je me permets une petite pause - j'ai le droit, hein, justement, c'est l'heure de la pause - dans ma journée de championne de marathon de la rédaction de manuscrit de thèse en 90 jours - organisée tout spécialement pour moi par mon adorable coach perso à moi que j'ai, Triplie pour ne pas la nommer, qui, après m'avoir fait un planning d'enfer démontrant toute sa maitrise du tableur et des couleurs, a poussé la conscience professionnelle jusqu'à me téléphoner ce matin à 8 heures pour vérifier que j'étais bien réveillée, du coup j'ai même pas pu me rendormir jusqu'à 10 heures comme d'habitude quand je bosse pas chez TPM du coup je suis grave crevée et grognon...
Zut, je me suis perdue en route.
Donc, oui, euh...
Une pause.
Une pause blague, rien que ça.
Des blagues spéciales thésard bien sûr, histoire de rester dans le ton. La première, je ne sais plus qui me l'a raconté, et la deuxième c'est Guillermito qui vient de me l'envoyer.

Première blague :

C'est l'histoire d'un tout petit et adorable lapin. Un jour qu'il est furieusement occupé à taper comme un malade sur le clavier de son portable connecté en Wifi sur Internet au milieu d'une prairie de cresson, un loup passe et se dit qu'il se le mangerait bien pour son quatre heures, un lapin aussi mignon, hein. Mais interloqué par l'acharnement du lapin à appuyer sur les touches, il demande :
- Mais qu'est ce que tu fais donc, adorable et appétissant petit Lapin ?
- Bin, je fais des recherches pour ma thèse ! répond l'adorable et appétissant sans même broncher d'une oreille.
- Une thèse !? ? Ha ha ha, se gausse le loup, et c'est quoi ton sujet ?
- De la supériorité du lapin sur le loup, répond la boule de poil.
Mort de rire, se tenant le ventre poilu des quatres pattes, le loup n'en croit mot. Et le lapin d'insister, si, si et de proposer au loup de lui faire une démonstration complète dans son petit terrier, ça tombe bien, c'est à deux bonds de là. Le loup se disant qu'après tout, il n'est pas pressé, et que de toute façon, il peut se le manger quand il veut et sans aucun problème, accepte.
On ne revit jamais plus le loup...
Un mois plus tard, c'est un tigre qui remarque le même lapin, toujours au milieu de sa clairière de cresson, très occupé à faire des tas de calculs sur un Cray X11 rutilant.
- Mais qu'est ce que tu fais, adorable et appétissant Lapin ?
- Bin, je fais des calculs pour ma thèse ! répond l'adorable et appétissant sans même lever la tête.
- Une thèse !? ? Ha ha ha, se gausse le tigre, et c'est quoi ton sujet ?
- De la supériorité du lapin sur le tigre, répond la boule de poil.
Le tigre n'en peut plus de rire, en fait même pipi dans sa fourrure, et accepte de suivre le lapin dans son terrier pour qu'il lui démontre de A à Z que si, si, d'ailleurs ça tombe bien le terrier est toujours à deux bonds de là.
On ne revit plus jamais le tigre...
Un mois plus tard, un renard croise le lapin, et là encore, même scénario. Le lapin, fort occupé à chatter sur IRC,  lui explique qu'il fait une thèse sur la supériorité du lapin sur le renard et le renard,  après avoir manqué de s'étouffer de rire dans le cresson, suit le lapin chez lui pour la démonstration, d'ailleurs, ça tombe bien, le terrier est toujours à deux bonds de là.
Deux bonds plus tard, au fond du terrier, le renard ébahi découvre un tas d'os de loup et un tas d'os de tigre et un tas d'autres os, et au milieu de la pièce un lion. Un magnifique, un énorme, un terrible lion.
- Je te présente mon directeur de thèse, dit le lapin.
Et le lion se jette sur le renard et le dévore sans façon.
Moralité : Peu importe ton sujet, ce qui compte c'est ton directeur de thèse.

Deuxième blague :

C'est un directeur de thèse qui se promène sur la plage avec ses deux thésards. Ils parlent du boulot, tout ça, de la science, de la beauté de la recherche, comment c'est intéressant ce qu'il font. Puis ils tombent sur une vieille lampe en or échouée dans le sable. Un des thésards la ramasse, et paf ! Un génie en sort.
- Je peux exaucer trois voeux, n'importe lesquels !
Le premier thésard dit, sans réfléchir :
- Je veux me retrouver à Las Vegas avec plein de thunes à claquer, une Rolls qui m'attend devant le casino, une suite royale dans le meilleur hôtel, mais surtout, loin d'ici !
Et paf, il se retrouve à Las Vegas à flamber.
Le second thésard, rapidement, dit :
- Je veux être sur une île dans les tropiques, ne plus jamais entendre parler de science, je veux des vahinés qui dansent autour de moi sur la plage, et une caipirinha dans la main.
Et pif, il se retrouve allongé sur un transat dans les Caraïbes.
C'est au tour du directeur de thèse. Il réfléchit une seconde, et dit :
- Ramène-moi ces deux abrutis tout de suite au labo.

jeudi 17 juin 2004

Post-chanson à lire en ENTIER

It's only joy I ache
Woka Woka Woka
Bam Thwoka Woka Woka
Bosses and Offices on Autopilot drip
They got the keys to the city but we got a lot of shakin' in our hips
Oh you know me I love the universe
I love all the listeners
Watch it!
Here's 50,000 watts of goodwill!

It's only joy I ache
Love Bang Crashaaaa-
Woka Woka
Bam Thwoka Woka Woka
Woka Woka Wokaaaaaah
Bam Thwok Woka Woka Woka

I can hear the buzzing modulations of the universe
But you're the first to make me feel it
I love all the universe, I love all the listeners
Watch it! Here's 50,000 watts of goodwill!

It's only joy I ache
Love Bang Crash
Ah Woka Woka
Bam Thwok
Love Bang Crash
Woka Woka
Woka Woka Wokaaaaaah
Bam Thwok Woka Woka Woka

Pixies - Bam Thwok

J'aime pas l'bleu

Comme je l'expliquais dans un post précédent, la vie en colocation avec deux individus du sexe masculin est faite de beaucoup de concessions. Surtout des concessions venant de moi, je dois dire, mais ceci est un autre sujet.
Donc, en cette période d'Euro 2004, moi qui hais le foot, moi qui vomis le foot, et moi qui refuse même d'en entendre parler vaguement dans mon salon, j'ai accepté bon gré mal gré que mes hommes regardent les matchs où il y avait des petits bouts de France dedans.
Ce soir, ça va être le deuxième, et je souffre - non, non pas en silence, faut pas déconner non plus.
Vous allez voir qu'avec le bol que j'ai, ces cons vont aller jusqu'en finale.

vendredi 18 juin 2004

Very Baaaad

J'aime pas ça les principes, je trouve ça très con.
Une des phrases qui m'agace le plus est "Jamais, c'est une question de principe" - la première de la liste étant "Désolé Saki, j'ai bu la dernière bière/mangé le dernier Pringle/terminé le saucisson que tu t'étais mis de côté pour après ta dure journée de boulot mais c'est pour ton bien, hein".
Bon, d'accord, ça n'a rien à voir.
Là, ce soir, au moment où je vous parle, non seulement je viens de me rendre contre que j'ai en deux, de principes à la con - le premier, c'est jamais JAMAIS jamais mettre un soutif et une petite culotte dépareillés - mais en plus, je viens de briser le deuxième.
Jamais JAMAIS ramener du boulot à faire pendant le week-end.
Bon, vu que je bossais pas avant, j'avais pas trop eu l'occaz d'y être confrontée - bah oui, la thèse ça compte pas, c'est pas du boulot, c'est une partie de moi, ma chair, mon sang, hahahah, ce serait comme, par exemple, arrêter d'être enceinte pendant les week-ends, spas possible.
J'ai ramené du boulot, donc.
Y a une démo mardi, et j'ai envie que ça soit prêt et que ça fonctionne et que ça clignotte et que ça ronronne, et pour ça, faut que je le tripatouille encore un peu.
Je fais des heures sup' en Visual Basic de mon plein gré...
Achevez moi, par pitié.

dimanche 20 juin 2004

Bleuhaaarg

Ne plus jamais aller en boite avec les voisins et la carte bleue.
On n'est jamais assez bourré pour en oublier le code.

mardi 22 juin 2004

Ours Grumly Is Back

J'm'endors dans ma tasse de thé. J'baille à m'en décrocher la mâchoire - Aïe - alors que William bavarde en sourdine, je regarde les images qui agitent l'écran de la télé, mais je ne les vois pas, mon cerveau refusant furieusement de se réveiller.
J'ai bossé hyper tard hier soir pour que la démo d'aujourd'hui fonctionne, et elle ne fonctionnera pas. Mais curieusement, ce matin, je m'en fous. Les seules questions qui émergent comme des morceaux de mon esprit en bouillon de soupe, sont :
- Putain, mais qu'est ce que je vais bien pouvoir raconter à mon patron pendant les 3 heures aller et les 3 heures retour ?
- Putain, mais comment je fais pour décider comment je m'habille aujourd'hui avec ces *censurés* de prévisions à la con de Météo France qui sont devenues payantes à quatre jours ?

Mister Hyde

Les parisiens sont des fous du volants.
La règle là bas, c'est ne fait pas attention aux autres, les autres feront attention pour toi, sinon tant pis pour leur gueule et leur aile avant gauche.
Et non, je ne dis pas ça parce que je suis traumatisée par l'agression verbale et le concert de klaxons que j'ai vécu lors de la première et dernière fois de ma vie où j'ai mis mes roues dans les rues parisiennes.
Les parisiens sont des fous du volants, et c'est contagieux. Dès notre entrée dans Paris, mon patron, un homme courtois, posé, raisonnable et attentif s'est transformé en monstre, la bave aux lèvres, le regard fou, le coup de volant épiléptique et la bordée d'injure en mode automatique.
Et moi, cramponnée à la portière, j'oscillais entre terreur et fou rire hystérique.

mercredi 23 juin 2004

Blocage

Ca va faire plus de deux heures que j'essaie de rédiger une conclusion à mon chapitre 6, et j'ai même pas réussi à écrire un seul mot.
Je sens la crise d'angoisse qui arrive, j'ai mal au ventre, la tête qui tourne, je sens la panique qui monte, je respire de plus en plus difficilement, ça bourdonne dans mes oreilles, mon champ de vision se rétrécit et devient noir, je m'allonge sur la moquette, je ferme les yeux.
Les débuts de phrases, les embryons d'idées, les mots qui tournent sans cesse dans mon esprit s'évaporent devant un soudain rayonnement de lucidité : je vais pas y arriver.
Je vais jamais y arriver.

Putain, mais sérieux, mais qu'est ce qui m'a pris ?!

Trois heures de réunion de copropriété, et je suis prête à tuer avec les dents. J'peux pas comprendre qu'on préfère préserver les places de parking plutôt que les arbres.
Trois heures de réunion de copropriété, et j'adhèrerai presque aux idées défendues par l'Armée dans le bouquin de Maïa - au détail près que dans son bouquin, j'en suis une, de vieille, mais bon.
Trois heures de réunion de copropriété, de débats mesquins, d'arguments égoistes et de d'entêtement j'vois-que-le-bout-de-mon-neztiste.
Trois heures de réunion de copropriété et me voilà déléguée syndicale de mon escalier.

jeudi 24 juin 2004

Blocage bis : demain, promis, je panique

Le nombre de merdes qui passent à la télé en semaine l'après-midi, c'est absolument dingue.
Le pire, c'est que je les ai toutes déjà vues ET QUE JE ME SOUVIENS DE L'HISTOIRE !

Bobo-aïe

J'viens de m'arracher un bouton et le grain de beauté qui était à côté.
C'est pas joli à voir, ça pisse le sang.
C'est marrant.

La solitude du thésard de fond

C'est chiant d'être bloquée, en fait.
Parce qu'au moins, quand je bosse, je m'emmerde pas autant.

vendredi 25 juin 2004

Happily Ever After - au moins jusqu'à demain matin

Je rentre chez moi après une séance de Shrek 2 gavée de foux rires.
Dans ma boite à mails, un message du 4ème docteur du labo - celui qui a soutenu en décembre et qui est maintenant en post-doc aux Etats-Unis, celui qui avait le sujet de thèse le plus proche du mien, celui qui est connu pour dire les choses exactement comme il les pense et tant pis si on le trouve pas très sympa. Dans ce mail, il me dit, après l'avoir lu en détail, que mon chapitre 6 est très intéressant même s'il reste encore du boulot. Evidemment, ça me fait très plaisir, vu que moi j'étais persuadée que c'était de la merde en boite, comme le reste de mon manuscrit.
Peut-être que je vais enfin commencer à croire en moi...
Au moins jusqu'à demain matin.

P'tit con, quand tu seras en thèse, j'me vengerai

- Tu te fais un thé ?
- Oui.
- Et c'est quoi, ça ?
- Bin, des petits écoliers, tu vois bien.
- C'est déjà l'heure du goûter ?
- ...
- Nan, parce qu'il est à peine 14 heure 30...
- ...
- Et tu viens à peine de finir de manger et...
- TA GUEULE TA GUEULE JE SUIS DÉPRIMÉE J'ARRIVE PAS À BOSSER ALORS JE MANGE ÇA COMPENSE !
- Oh.
- ...
- Quand on est déprimé, c'est tout le temps l'heure du goûter !
- ...
- T'as vu en plus, ça rime.

La thèse, ça pue du cul

Tu fais chier, Louise.
Oui, tu fais chier.
A 16 h 35 s'est terminé le film "Une question de courage", sur France 3, avec celui qui joue Morgenstern dans Urgences dans le rôle principal, et j'essuie mes larmes et ma morve qui coule - oui c'était très triste - et je décide d'aller bosser.
Enfin, du moins, essayer.
Avant je regarde mes mails, et j'en ai un qui s'appelle, "la thèse ça pue du cul", forcément, ça m'interpelle, alors je lis, et je vais voir le blog de la thésarde en question, et je commence à lire - l'interface de 20six pour remonter au tout premier post, c'est vraiment de la merde, hein - et paf il est 18 h 07 et j'ai tout lu, et j'ai pleuré et j'ai rigolé comme une bossue, surtout le passage avec la règle - j'ai fait pareil - celui avec les remerciements - les miens sont impubliables, ils tiennent plus du réglement de compte et puis j'ai promis dans un moment de faiblesse de mettre le mot Bukkake dedans - et des tas d'autres trucs qui font que même si on écrit pas la même thèse et que ça se sent dans ses mots que la sienne est littéraire, je reconnais une camarade de galère, une soeur de sueur des doigts sur le clavier.
Mais tu fais chier, Louise, putain, non seulement à cause de toi j'ai rien glandé, mais j'ai loupé le début d'Urgences.

Bleu délavé

Grèce 1 - France 0.
J'ai jamais autant apprécié la fin d'un match de foot.
Et je retrouve enfin le contrôle de ma zapette.

mardi 29 juin 2004

At least but not at last

Pour fêter mon dernier jour chez TPM, mon patron et sa femme - aussi connue sous le nom de "unique employée de TPM au smic à temps partiel" - m'ont emmenée dans un super restau de la mort qui tue, un de ceux où y a autant de verres que de couverts et où la nourriture se dévore avec les yeux avant de régaler l'estomac. Du coup, forcément, cet après-midi j'ai trop eu du mal, parce que je ne sais pas résister à un verre de vin et mon patron a souvent proposé de remplir le mien.
Ce repas m'aura au moins permis de découvrir que coder en Visual Basic, c'est vachement plus drôle un peu saoûle - dommage que ça soit seulement à la fin - et m'aura aidé à ignorer gentiment les allusions sexuelles explicites de l'adorable Tofu, très jeune stagiaire de son état. J'ai pas encore décidée si j'étais flattée - je ne suis pas si dinosaure après tout - ou agacée - il est plus jeune que mon petit frère, bordel, je drague pas à la sortie des écoles maternelles. Enfin, pas encore.

La journée aurait pu être parfaite à deux détails près : le frigo s'est révélé désespéremment vide de bière à mon retour, et maintenant, plus rien ne m'empêche techniquement de bosser ma thèse à fond jusqu'en septembre.

Je vais bien tout va bien

Hier, j'ai gagné du temps, on a commandé.
Mais vu que mon homme numéro Un est toujours perdu quelque part dans la région parisienne, ce soir, c'est mon homme numéro Deux qui fait la bouffe.
Afin de rester optimiste, je me dis que ça peut pas être pire que si c'était moi.