jeudi 1 avril 2004

Tuons les moutons

Je suis tellement tendue et énervée que je me sens capable de faire ou dire des choses irréparables.
Mieux vaut que j'aille faire le ménage, tiens.
J'ai horreur de ça habituellement, mais ça va peut être m'aider à me défouler.
Voire me donner l'impression que je contrôle encore quelque chose.
Quoique.

vendredi 2 avril 2004

Biactol

J'ai un bouton, là.
Un gros.
Ca devrait être interdit, bordel, les boutons à mon âge.
Ma journée est foutue.
FOUTUE !

dimanche 4 avril 2004

Boulet blanc et blanc boulet

- Allo, les pompiers ?
- Oui ?
- C'est pour mon chat, il est coincé en haut d'un arbre...
- On s'déplace plus pour les chats, mademoiselle. S'il a réussi à monter tout seul, il finira bien par redescendre par le même chemin.
- Oui, c'est sûr, mais euh, c'est à dire que, euh, sa laisse s'est un peu beaucoup enroulée autour d'une branche là haut et il est coincé...
- Ha.
- Oui, hein.
- Quelle hauteur ?
- Heuh, à vue de nez, je dirais bien sept-huit mètres, parce que l'échelle du voisin, elle arrive même pas à la moitié, et elle fait bien trois mètres.
- Ha, mais si vous avez une échelle pourquoi vous allez pas le chercher vous même ?
- Bin, euh, j'ai essayé mais si j'insiste, je crois que c'est pour moi que vous allez devoir venir.

lundi 5 avril 2004

Dr. Calimero

J'avais une réunion aujourd'hui au labo pour discuter de l'avancement de ma rédaction. J'avais essayé de l'annuler avec la meilleure justification qui soit - bin, oui, à quoi ça sert de discuter d'un avancement nul ? - mais ça n'a pas marché.
Résultat, je suis revenue furieuse et contrariée.
Parce que maintenant, au labo, y a distribution gratos de canettes de COCA LIGHT.
C'est trop injuste.

mercredi 7 avril 2004

Sale pimousse

Snorky dit : Tu n'as pas le monopole de la glandouille...
Saki dit : Je le sais bien, c'est quand même à cause de toi que ma thèse est pratiquement foutue.
Snorky dit : Tout de suite les grands mots.
Saki dit : D'ailleurs, la preuve, encore une fois, tu viens de m'interrompre en pleine effervescence rédactionnelle !
Snorky dit : Rédiger (orig. bretonne), "manger des Pringles avec du saucisson".

jeudi 8 avril 2004

Volume: 100%

Wake up in New York
Put a comb through your hair
Don't you ever want to lie down
When there's no one else around
I want to say this to you

I know I hurt you
You know you hurt me too
Don't you ever want to lie down
Close your eyes and leave the ground?
I want to get hold of you

I'll meet you in New York
By the drugstore on First Avenue
And then we will lie down
With the buildings all around
I want to say this to you
I want to say this to you

Craig Armstrong - Wake Up In New York

vendredi 9 avril 2004

Wild Wild Ouest

Je me gare et je m'extirpe de la voiture. Le soleil brille dans un magnifique ciel bleu de fin d'après midi, et le vent froid met la pagaille dans le foin de mes cheveux. Je réajuste mes chaps, et je remonte la fermeture éclair de ma doudoune.
Henri déboule de derrière le manège, la casquette vissée sur le crâne, l'éternelle gitaine maïs comme une extension naturelle de sa bouche. Il parle, et je plisse les yeux en le regardant avec un respect nouveau - j'ai récemment découvert qu'il avait 68 ans - mais encore une fois, je ne comprends rien à ses instructions. Je me tourne vers mes camarades, ils hochent la tête, et obéissent à Henri. Je suis le mouvement. Peut-être que moi aussi, avec quelques mois de pratique supplémentaires, je finirai par le comprendre du premier coup.
Il faut aller chercher les chevaux au pré. Nous sommes six, il y a 13 chevaux à ramener. Mmm. Ca va poser un problème, ça. On s'organise rapidement, on se répartit les licols, on se glisse des granulés dans les poches, et on y va.
On en attrape douze plutôt facilement - un cheval peut difficilement résister au son des granulés - mais Scoubidou se tient résolument à l'écart en secouant la tête, genre, vous m'aurez pas comme ça. Il finira par nous suivre, parce que finalement, rester au pré tout seul, c'est pas drôle.
Scoubidou, c'est mon cheval. Enfin, quand je dis *mon*, je veux dire qu'il est à moi trois heures par semaine le jeudi en fin d'après midi. C'est un petit bai avec deux balzannes noires, et une tête trop courte un peu bizarre, avec de grandes oreilles, ce qui lui donne un air bêta mais coquin. En manège, c'est une vraie crème de docilité et d'obéissance, mais dès qu'on est à l'extérieur, le rodéo commence. Il me mène souvent la vie dure, mais je ne m'ennuie jamais sur son dos.
Je le panse rapidement, je le bride et je le selle. Henri vient vérifier mon sanglage et alors qu'il se tourne vers moi, les vapeurs d'alcool me montent à la tête. Mmm. C'est peut-être ça, le secret de la longévité. Une vie à l'extérieur, avec beaucoup de travaux manuels, et de l'alcool. Beaucoup d'alcool. Henri me parle, et je me concentre pour le comprendre.
- "Vous allez partir en ballade, hein, fait beau, faut en profiter. Alors, avec Scoubidou, surtout, tu te laisses pas distancer, hein, sinon, ça va partir en cahuète. Ferme, mais souple, et reste vigilante, c'est un sacré comédien, le Bidou, hein, mon gars !" Il balance une claque sur la croupe de mon cheval et fait mine de ne pas remarquer la poussière qui s'élève, preuve flagrante des graves lacunes de mon pansage.
On part en ballade, donc. Les uns derrière les autres, nous nous enfonçons dans l'immense forêt qui borde le centre équestre. Le paysage est magnifique et je m'émerveille, comme à chaque fois. Je machouille un brin d'herbe ramassé au passage, nous alternons les allures, pas, trot, galop, nous sautons par dessus des branches, nous traversons des petits cours d'eau. Scoubidou a les oreilles en girouette et me fait du cinéma au moindre bruissement de feuillage. Je reste ferme, mais souple.
Alors que le soleil se couche et que la forêt s'assombrit, l'air prend la douce odeur de la nuit. Je souris, et je soupire, heureuse, détendue. Je me sens tellement bien et à ma place que c'en est presque indécent.
C'est alors que la cavalière de tête lève la main pour nous dire de nous arrêter. Elle se retourne, debout sur ses étriers, et dans la luminosité qui baisse, je remarque son petit sourire inquiet.
- "Dites, les gens, euh... Je crois bien qu'on est perdu... Quelqu'un a pensé à prendre un portable ?"

samedi 10 avril 2004

Vilaine

J'étais ultra-motivée pour avancer mon chapitre I, cet après-midi.
J'avais sorti, dépoussiéré et trié par section mon énorme tas de publis à lire, bien décidée à leur faire un sort, et convaincue qu'une fois que je les aurais toutes lues, tout serait plus limpide, clair et évident.
Mais, paf.
Nouveau layout.
Sigh.

dimanche 11 avril 2004

Thérapie

Un air de famille

Pourquoi diantre est-ce qu'on fête Pâques dans ma famille d'athés convaincus ?
Pour ma grand-mère, qui croit encore.
Pour se retrouver tous ensemble.
Pour le plaisir de la bonne bouffe et du bon vin.
Et aussi, pour fêter l'anniversaire de Poupoune, ma petite soeur, née un dimanche de Pâques il y a déjà un quart de siècle. Poupoune, qui a encore réussi ce matin l'incroyable tour de force de me foutre de super mauvais poil en même pas une demi-seconde, et que j'ai eu envie de tuer avec ma petite cuillère pendant une bonne partie du repas.
Sauf que j'en avais besoin pour le dessert.
Des fraises de Plougastel.
Question de priorité.

lundi 12 avril 2004

Manque de fibre

Nos amis de la capitale sont venus nous rendre visite, avec leur petit bout de 3 mois, Gazelle. Elle est adorable, elle sent bon, elle a de grands yeux, et plus je la regarde et plus je constate l'effervescence affectueuse que déploient autour d'elle ses parents attentionnés, et plus je me dis que j'adore mes chats.
Au moins, je peux les enfermer sur le balcon pour avoir la paix.

mercredi 14 avril 2004

*Erk*

Dans la liste des trucs franchement débiles que je peux faire parfois parce que putain c'est trop bon, tout en sachant pertinemment que je regretterai ensuite, je me suis enfilé en première partie de soirée un bon gros reste de pâte brisée crue.
Et là, je regrette.
Oh, oui, putain, je regrette.

jeudi 15 avril 2004

Y a d'la joie

Les beaux jours reviennent, je le sens, je le sais.
Certains signes ne trompent pas.
Voilà deux après-midi que je m'endors, sur la terrasse, en plein soleil, au milieu de mes publis éparpillées telles des fleurs des champs.
Les chats ont ouvert la saison de Chasse aux Trucs Volants Qui Traversent l'Appart. C'est absolument fascinant des les observer poursuivre, traquer, sauter, dévaster les lieux dès qu'un truc vrombissant a le malheur de rentrer par la fenêtre ouverte. L'ennemi semble toutefois mieux organisé que l'année dernière, choisissant des endroits d'observation stratégiques, comme le plafond, ce qui est déclaré totalement injuste et hors jeu par les fêlins à grand renfort de miaulements outrés, mais sans résultats probants jusqu'ici.
Je suis prise d'une crise de phobie du poil et j'affute ma pince à épiler. Cette angoisse est sûrement liée à mon dernier cauchemar récurrent : impossible de rentrer dans mon amour de maillot de bain préféré.
Je me suis achetée une nouvelle paire de lunettes de soleil. Trop classe.
Tous mes fantasmes sont à base de sable, de soleil, d'océan et de Ti-Punch.
C'est pas gagné pour rendre mon manuscrit fin Juin...

Découverte et fil

Sweet 25

Dans une relation entre deux soeurs, on trouve : une part de légende - dès 9 mois, avec son youpala, elle me terrorisait en me roulant sur les doigts - une part de fous rires - il suffit d'un peu de musique pour qu'on mette le feu à la moquette à grand coups de hanches et de cheveux -, une part d'angoisse - est-ce qu'enfin un jour, elle sera heureuse ? -, une part de complicité - elle me connait comme si elle m'avait faite et me devine dans mes plus beaux mensonges -, une part de rage - elle est la seule à me mettre dans ces états là - et une certitude : elle sera toujours là pour moi, et vice versa.
Je t'aime, ma puce.
Joyeux anniversaire.

dimanche 18 avril 2004

Livre 1, Page 23, Phrase 5

"Especially malignant cerebral gliomas are very aggressive tumors, usually associated with rapidly fatal outcome, but it has been recognized more recently that even low-grade gliomas often have a poor prognosis."

1. Prenez le livre le plus proche de vous.
2. Ouvrez le livre à la page 23.
3. Trouvez la cinquième phrase.
4. Publiez cette phrase dans votre blog, ainsi que ces instructions.

Chez Pomme, via Binnie, via Nothing.

mardi 20 avril 2004

Intra nombrilisme

Un jour, j'avais expliqué que tant que je postais, ça allait.
Du coup, pour me convaincre moi-même, je poste.
Un post intéressant et drôle, de préférence, où je ne parlerais pas du fait que je n'ai pas rédigé une ligne valable depuis des semaines, que j'ai cramé ma carte Fnac en commandant les 5 saisons de Sex and The City d'un coup, de ma culpabilité intense due à cet arrêt complet de ma productivité rédactionnelle même si ça ne m'empêche pas de me faire des marathons devant la télé, de mes insomnies due à la télé et à la culpabilité, de mes violentes migraines dues aux insomnies et à la culpabilité, de mon putain d'ongle qui se choppe une dystrophie unguéale - c'est pour ça que j'avais aussi mal, bordel, tout s'explique - et qu'il va falloir que j'aille voir un podologue même si c'est pas un doigt de pied, et pour finir, de ce *censuré* de *censuré* de séminaire au vert organisé par le labo au beau milieu d'une forêt au beau milieu de nulle part, et auquel je suis obligée de me rendre malgré toutes les bonnes mauvaises vraies fausses excuses que j'ai pu trouver.
Ha, zut, j'en ai parlé.
La prochaine fois, alors.
Ou pas.

Le supplice du ballon rond

Un des inconvénients à partager son appart' avec deux individus de sexe masculin est que parfois, pas souvent, mais parfois, même être la grande soeur de l'un d'eux (autorité +++, menaces ++, bouderie +) et la chérie de l'autre (autorité +, menaces d'ordre sexuel ++++++, bouderie ++) ne permet pas d'échapper à l'atroce, l'horrible, l'insupportable soirée foot.
Pas d'autre solution alors que de se la jouer grand seigneur et de céder de plus ou moins bonne grâce, en se promettant de faire de ce sacrifice un argument infaillible dans les âpres négociations de la cohabitation.
Oh oui.

jeudi 22 avril 2004

Séminaire au verre

De retour du beau milieu de la forêt au beau milieu de nulle part, je regrette partiellement mon a priori négatif sur ce fameux séminaire. Les deux journées ont été sans surprise, bavardes, grandiloquentes, et pleines de voeux pieux que j'attends de voir réalisés pour y croire.
Mais la nuit...
Rien que pour la nuit, ça vallait le coup de venir.
Une nuit blanche, en petit comité, dans une ambiance tamisée et feutrée, sous le signe du Dom Pérignon Cuvée 1988. Une nuit blanche parfaitement équilibrée entre bulles, cigarettes, fous rires en cascade, confessions et discussions en tout genre.
Le champagne, putain, c'est dingue comme ça désinhibe.

mardi 27 avril 2004

Suite de la Fabuleuse Aventure de Ma Vie qui vous passionne tous, si, si, je le sais, ne faites pas semblant de regarder ailleurs, eh oh, hein

Je suis donc allée chez le podologue pour lui faire un doigt.
Et maintenant, je suis en plastique.
Mais je travaille toujours pas.
Comment ça, y a pas de rapport ?

jeudi 29 avril 2004

Post en vrille

En fait, si je ne poste plus aussi souvent, c'est parce que j'arrive même plus à trouver un caractère humoristique à mes aventures quotidiennes. Vous expliquer encore et toujours que bin, nan, la rédaction n'avance pas, ça fait depuis la mi-février que ça ne vous fait plus rire, hein, avouez ?
Pourtant, c'est pas pour autant qu'il ne m'arrive rien. Par exemple, la grande nouvelle actuelle, c'est que j'ai trouvé un boulot. Enfin, un boulot à mi-temps, deux jours par semaine et seulement pour un mois, hein, parce que bon, faut pas prendre trop de temps sur ma rédaction, hein.
Hahahaha.
Le boulot en question, c'est dans une toute petite entreprise qui veut trop m'embaucher un jour - s'entend, quand j'aurai soutenu, et si elle existe encore à ce moment là, c'est dur actuellement pour les toutes petites entreprises, bah ouais, c'est la crise putain, ça y est j'ai la chanson dans la tête merde bref - pour développer un logiciel trop utile et trop intelligent qui va révolutionner le fonctionnement des hôpitaux du monde entier - enfin, d'abord celui du coin, hein - basé sur les résultats de mes travaux de thèse - oui, moi aussi ça m'a surpris quand j'ai découvert que ma thèse pouvait être utile en secouant bien - et qu'on va devenir super riches et super puissants parce qu'on va en vendre dans le monde entier - en commençant par le coin, hein - et qu'on va sauver plein de vies humaines - bah ouais, c'est important aussi - mais pour que ce rêve devienne réalité faut que je soutienne, et pour ça, faut que je rédige CE PUTAIN DE CHAPITRE I !
Et merde.

-273,16

Saki : "Oui, donc, voilà, je voulais officiellement vous annoncer que je vais travailler pour ToutPetitMini, au mois de mai. Juste deux jours par semaine, hein. J'aurai le reste de la semaine pour essayer de... euh, pour rédiger, quoi."
ResponsablesDeThèseDeSaki : "...."
Saki : "Je sais que vous n'approuvez pas, mais de toute façon, c'est ma décision, j'ai vraiment envie d'essayer, ça va être une très bonne expérience."
ResponsablesDeThèseDeSaki : "...."
Saki : "J'arriverai pas à vous convaincre apparement, mais bon, j'aurai aimé avoir votre sentiment..."
ResponsablesDeThèseDeSaki : "Ecoute, on ne veut pas t'empêcher de le faire, mais par expérience, on sait que ça va diminuer grandement ta concentration et ton rythme de production."
Saki (dans sa barbe) : ".... zéro.... toujours zéro, hein."
ResponsablesDeThèseDeSaki : "Pardon ?"
Saki (hystérique, au bord des larmes) : "Une grande diminution de zéro, ça fait toujours zéro !"

[Edit : On me fait remarquer que non, ça fait pas toujours zéro, ça peut être négatif. Quoi, négatif, ça veut dire que... j'efface ce que j'ai déjà rédigé ?! Mais pourquoi je ferais une chose pareille ? Parce que c'est nul ? Ha.]

vendredi 30 avril 2004

Bienvenue du côté obscur

Je suis revenue toute déprimée et bien moins motivée de ma visite "Signons le Contrat et Répartissons les Tâches" à ToutPetitMini, ce matin.
Parce qu'il fait pas beau, qu'il pleut et que le trajet - 30 minutes en voiture - m'a semblé trois fois plus long que la dernière fois, que je suis grognon, que j'ai mal dormi et que j'ai mal à la tête, en prix à payer pour la fabuleuse soirée de la veille.
Et aussi et surtout, parce que LeChef de ToutPetitMini m'a dit : "Ha oui, aussi, Saki, j'aimerai que vous regardiez lundi pourquoi l'installation de ToutPetitMini Tools ne marche qu'une fois sur deux. Un problème avec InstallShield et la base de registres, je crois, mais je ne suis pas informaticien, hein, vous réglerez ça sans problème."
Je me suis pétrifiée de l'intérieur et le pingouin en moi a hurlé.
J'ai réussi à hocher la tête, j'ai vaguement souri, et j'ai dit en tremblant : "Bien sûr, pas de problème."
Je peux pas dire que j'ai pas été prévenue.
Je peux pas dire que je l'ai pas vu venir.
Mais putain, quand même...
C'est quoi, d'abord cette foutue base de registres ?