mercredi 3 mars 2004

Alone in Ailleurs

Translation aller, et translation retour, avec au passage, une pause parisienne, le temps de me recoiffer dans la mise en abîme et en miroir des toilettes du Shywawa.
Il y a quelque chose de franchement déroutant à déambuler, seule, dans les rues et les couloirs de métro d'une ville qu'on ne connait pas.
Se sentir perdue, décalée, loin de chez soi, et cette sensation bizarre de n'être qu'un fantôme.
Et cette université qui n'est pas la mienne, étrange, faite de passerelles et d'étages empilés.
Où toutes les toilettes sont à la Turque.
Toutes, bordel !

jeudi 4 mars 2004

Insane-Ity

Je suis riche. Si, si.
Depuis hier midi, je suis riche, pleine aux as.
J'ai du flouze, de la fraiche, de l'oseille.
Je vais finir par chopper une crampe au majeur droit à force de cliquer sur le bouton Refresh de mon browser préféré. Faut dire, autant de chiffres alignés sur mon compte en banque, et même pas en négatif, j'ai grave pas l'habitude.
Pourquoi ce soudain revers de fortune ? Parce demain, je suis au chomage. Demain, j'ai plus de salaire, et Hans Grüber SA est officiellement débarassé de moi. Un rapide calcul sur le site des Assedics m'a appris que la situation ne serait rapidement plus viable (j'ai des frais moi, je suis propriétaire, faut que je maintienne un certain standing, toussa), donc j'ai contracté un prêt étudiant - non, non, ce n'est pas sale - auprès de ma charmante banque. Sur le coup, ça m'a un peu surpris que mon banquier me fasse encore confiance, et décide comme ça de parier sur mon avenir, genre il s'est dit, celle là, avec toutes les années post-bac qu'elle a fait, elle va finir par bien gagner sa vie, c'est pas possible sinon. Bon, ensuite, il a demandé l'âme de mes parents signée en douze exemplaires, j'ai compris, hein, chuis pas stupide, juste un peu *lente*.
Donc, je suis pêtée de thunes.
Que je vais devoir rembourser un jour, et que je dois faire durer jusqu'à ce que je soutienne et que je trouve un taff.
Mais pour l'instant, je m'en fous.
J'erre sur la toile au lieu de bosser, les yeux fous et le sourire largement bancal.
Tout ce que je vois, là, sous mes yeux, si je veux, je peux me l'acheter.
HahahahahahahahahahaHAHAHAHA !

Céréales Killeuse

Rédiger me fait un effet terrible. Rédiger me rend mauvaise.
Je deviens un monstre. Je ne parle plus, j'aboie. Je ne souris plus, je mords. J'oublie toutes les règles de politesse et de courtoisie élémentaire. Je ne suis plus un animal social et diplomate, je suis une boule de nerfs qui contient avec peine ses pulsions meurtrières.
Je suis tellement à cran que je me braque à la moindre remarque. Mon responsable a beau me critiquer de façon constructive, pour améliorer et faire progresser mon manuscrit, je m'en fous, je n'écoute même plus, je ne remarque que ses tics de langage, qui me hérissent le poil, m'enragent et me donnent envie de l'étouffer avec ses propres dreadlocks.

vendredi 5 mars 2004

Aux frontières de l'unguéal

Depuis quelques temps, je subis un phénomène aussi douloureux qu'intrigant.
Depuis que l'ongle de mon majeur gauche - oui, celui qu'on m'a chirurgicalement enlevé pour cause de panari - repousse doucement - à la très très très lente vitesse d'un dixième de milimètre par jour - les ongles de mon annulaire et de mon auriculaire gauche se sont mis à pousser à l'envers.
A l'envers, oui.
Vers l'intérieur, quoi.
C'est extrèmement douloureux, et particulièrement perturbant.
Inutile de préciser que ça m'empêche complètement de rédiger.

Yep yeeep yep

Il y a trois ans, jour pour jour, je débutais ma thèse.
(Insérer gros soupir ici)

Dès lundi, sur ce blog, le début d'une nouvelle aventure :
!! Saki découvre les Assedics !!
(Insérer couleur et insultes Dolby Surround ici)

Ca commence bien, je viens d'essayer de les appeler, sont déjà fermés.
(Insérer rire tendu limite hystérique ici)

lundi 8 mars 2004

Haut voltage

Forcément, vu que je m'étais plainte douze millions de fois ce week-end, et que j'avais prévenu au labo que j'allais être en retard ce matin parce que je me rendais aux Assedics, il a fallu que ça se passe vite et bien, rien que pour me contrarier.
Par un tour de force incroyable - une annulation juste quand j'arrive - j'ai même eu le temps d'enchaîner sur le fameux rendez-vous avec le conseiller ANPE.
Si ce tour de force enlève des points à mon capital chance, non merci, je préfère quand même la place de parking juste en face du restau, hein, à noter donc, pour la prochaine fois.
Maintenant, je suis très déçue, je n'ai rien de bien particulier dire sur cet entretien pourtant légendaire - car générateur de nombreux fous rires hystériques - au sein des mes connaissances *je-suis-informaticien-et-à-la-recherche-d'un-emploi*. J'ai quand même eu le droit à la question "Programmez-vous en Cobol, Fortran, C ou autres langages ?" mais elle ne m'a même pas fait sourire. J'ai à peine eu une légère crispation du sourcil gauche, quand, ayant fait remarquer à plusieurs reprises à mon conseiller que mon diplôme le plus élevé n'était pas le dea mais le doctorat, ledit conseiller m'a répondu avec un grand sourire : "C'est pareil, non ?"
NON C'EST PAS PAREIL, Y A TROIS ANS DE SOUFFRANCE EN PLUS POUR LE DOCTORAT, ET APRÈS FAUT RÉDIGER CE PUTAIN DE CHAPITRE I DE MERDE ahem, pardon, je m'égare...
Ensuite, je me suis rendue au labo, même pas en retard - oui, je sais techniquement, je suis au chomage, je ne devrais pas me rendre sur mon ancien lieu de travail mais je fais quoi sinon moi, je soutiens pas, ooooh mais c'est une chouette idée, ça... - et j'ai débarqué en pleine apocalypse. Les   plombs venaient de sauter dans le bâtiment principal de la fac, et au labo, l'onduleur n'avait survécu qu'une dizaine de minutes, c'était l'hystérie.
Avec mon sens inné du sacrifice, j'ai donc courageusement décidé de remettre mon chapitre I à plus tard, et de participer à la résolution de la crise, c'est à dire, courir partout, téléphoner n'importe où et réorganiser la répartition des multiprises.
Dommage que le courant vienne juste de revenir.

Insert coins to play again

Je viens de soumettre mon article, même congrès et même sujet que l'année dernière.
Je me paye même le délicieux luxe d'être en avance.
J'irai bien aider Prune et compatir gentiment à ses malheurs mais, cette *mmmrrggnnn*, elle est parfaitement dans les temps.
Elle m'agace, elle m'agace, on a pas idée, une thésarde de première année qui *bosse* !

Sinon, mon pronostic concernant cet article ? Bah, je vais me faire jetter.
Comme l'année dernière.
Et si Prune est acceptée, je la pends avec le cable de sa souris.

mardi 9 mars 2004

Petits papiers

J'émerge soudainement de mon chapitre I, l'oeil hagard et le poil hirsute. Un rapide coup d'oeil à l'horloge de mon ordi m'informe que je suis encore tombée dans un trou temporel - 5 publications en trois heures, putain, mais je ne suis pas rendue, moi.
Je m'éjecte de ma chaise, je m'étire en long, en large et en travers. Je louche sur mes notes. Pourvu que j'arrive à en tirer quelque chose cette fois-ci... J'ai vaguement mal à la tête. Je me penche par la fenêtre, la cafet de médecine est encore ouverte, je décide de me récompenser.
- "Cochonerie ?", je propose à la cantonade, en entrant dans la plateforme. Je ne les ai même pas entendu revenir de la manif' pour sauver la recherche, c'est dire comment j'étais concentrée.
- "Non merci", me répond Prune avant d'ajouter, "tu consommes drôlement en ce moment, hein..."
La Maman du Loukoum la gronde doucement, et me jette un regard compréhensif.
- "Elle a le droit, elle rédige."
Je hoche la tête en prenant un air malheureux, et j'observe Prune qui note fébrilement ses idées dans un beau cahier rouge tout neuf.
- "Hein, t'as déjà fini le premier ?!"
Au labo, on fonctionne par cahier, c'est notre agenda, notre organizer, notre prévisionnel, l'indispensable outil du doctorant organisé.
Prune acquiesce, et la Maman du Loukoum m'achève en me montrant la couverture de son cahier blanc.
- "J'en suis au sixième."
- "Putain.."
Je soupire et je ferme les yeux. Je pense au cahier orange quelque part sur mon bureau, mon cahier à peine rempli à la moitié, mon cahier numéro II.
Okay, triple dose de cochonerie.
Au moins.

mercredi 10 mars 2004

Keep breathing

Article refusé.
Le mail est évidemment lapidaire, et les remarques de l'unique reviewer qui s'est donné la peine de lire mon papier prouvent qu'encore une fois, la communauté scientifique dans laquelle j'évolue ne pige *rien* à la problèmatique des mes recherches.
Ou alors, j'explique vraiment trop mal et je suis bien trop con, ce qui au vu de mes difficultés actuelles à rédiger mon manuscrit ne serait pas surprenant.
Je ne sais pas comment qualifier mon état actuel. Si je pouvais me chiffoner comme un vulgaire papier, me foutre à la poubelle, et ensuite y mettre le feu, je n'hésiterais pas une seconde.

vendredi 12 mars 2004

Réunion Bilan Rédaction

Breaking down

Je rentre chez moi, les bras plein de bordel. Je déménage mon bureau. Vu qu'officiellement, je ne suis plus sensée être au labo, on va essayer de voir ce que ça donne quand je rédige à l'appart.
Je me jette sur le canapé, je vire mes chaussures et les bas qui me démangent depuis ce matin. Je zapouille machinalement. Je tombe sur la fin d'un vieil épisode d'Urgences.
Et je me mets à pleurer.
Je veux que ça s'arrête.
Il faut que ça s'arrête.

dimanche 14 mars 2004

Time Machine

J'ai réalisé en début d'après midi que la date limite pour les impôts se rapprochait à grand pas, et du coup, au lieu de bosser, j'ai commencé à retourner tout l'appart pour retrouver mon bulletin de salaire de décembre, celui sur lequel est indiqué ce que je dois déclarer, et le seul qui avait mystérieusement disparu, forcément, sinon c'est pas drôle.
J'ai donc entamé le douloureux et poussiéreux processus d'épluchage de mes archives - aussi connu sous le nom de "tiroir à bordel"- et cette activité s'est révelée bien plus amusante que prévu. J'ai retrouvé avec nostalgie et grands éclats de rire, des cartes postales oubliées, les traites en 10 fois avec frais pour les réparations d'Antibugne, des plans d'aménagement de l'appart vaguement griffonnés, la déclaration de vol de mon premier scooter, des factures de téléphone astronomiques du temps où l'Internet illimité ça n'existait pas, des lettres urgentes restées sans réponse, des clés ouvrant des portes ou des cadenas perdus, et des tas et des tas de bouts de trucs et de bidules et de machins, sans autre interêt que celui d'être une trace de ma vie, et de mon passé, au quotidien.
Remonter le temps, en fait, c'est possible, c'est simple et c'est facile.

lundi 15 mars 2004

Ch(i)a(n)ts

En fait, dans la journée, un chat, bin, ça s'emmerde.
J'ai réalisé ça tout à l'heure, et ça m'a fait comme un choc, genre un mythe qui s'effondre. Tous les matins, quand je partais au boulot, et que je les voyais, avanchis sur le canapé, pas vraiment réveillés, j'avais trop envie d'être à leur place.
Mais maintenant que je ne pars plus au boulot, je me rends bien compte. Le moment le plus intense de leur journée, c'est à 8h16, l'heure des croquettes.
Ensuite, ils s'emmerdent. Grave.
Ils regardent vaguement les oiseaux derrière la porte-fenêtre, se courent l'un après l'autre histoire de, grimpent sur les murs pour passer le temps. Enfin, c'est ce qu'ils feraient, j'imagine, si je n'étais pas là.
Vu que je suis là, ils préfèrent me suivre partout, en miaulant, et en me fixant. Ils me regardent, droit dans les yeux, et ils miaulent. "On s'emmerde, meooOow, meOoow, fait quelque chose, meOoow, meOoow, cours partout avec une ficelle et un bouchon de bouteille, meOoow, meOooow, gratouille nous pendant des heures, meOOoow, meOOoow."
C'est vachement persuasif, un chat. Alors, deux, je vous dis pas. Méthode France Info, ils vont m'avoir à l'usure, je vais me lasser avant eux, c'est sûr. Manquerait plus que l'un des deux vienne s'installer sur mon clavier, je ne pourrais même plus bossqkauzyrdvbvejk,hqsqjJ

mardi 16 mars 2004

J'aime bien

quand je m'endors dans le train au lieu de bosser, quand le vent du métro m'ébouriffe les cheveux en même temps que Tori Amos les oreilles, quand Snorky fait la cuisine rien que pour me faire plaisir, quand je m'endors devant Godzilla, quand le soleil est partout sur les murs et la Seine, quand je trouve la salle du séminaire en ne me perdant presque pas, quand j'écoute, comprends et trouve passionnant un exposé sur trois, quand je fais deux distributeurs avant de réaliser qu'ici, les plus petites coupures, c'est 50 euros, quand je commate à midi sous le ciel tout bleu au milieu des étudiants en médecine, quand j'assiste à une querelle virulente et énergique sur l'évaluation sémantique et syntaxique d'une définition, quand le séminaire finit de très bonne heure, quand je me fais trop draguer dans le métro par un bogosse qui sent bon, quand je choppe un train au dernier moment, quand je traverse les wagons des premières classes, quand mon wagon à moi sent la vinasse, et quand je m'endors sur mes papiers au lieu de bosser, et que je me réveille en sursaut pile pour mon arrêt.

mercredi 17 mars 2004

Working@Home... Almost

jeudi 18 mars 2004

Bugged

Je suis passée à la scolarité hier pour récupérer les documents officiels nécessaires à la soutenance. Je m'étais dit que les avoir en main, ça allait peut être me motiver. Du coup, j'ai appris que la grande nouveauté de cette année au sein de l'école doctorale, c'était qu'aucune soutenance n'aurait lieu du 1er juillet au 30 août. Ah merde, j'avais prévu ça pour la mi-juillet, moi... Envisager de soutenir en Juin étant aussi réaliste que d'imaginer mon chapitre I se rédigeant tout seul, je suis allée informer mes responsables que je ne soutiendrais pas avant septembre. Alors que nous discutions des nouveaux délais, j'en ai profité pour leur faire part de mes difficultés à rédiger. Ils ont tenté de me rassurer. "C'est normal, Saki, tu n'es pas encore à fond dedans, tu vas voir dans quelques jours, tu vas avoir le déclic, et là, tu vas te rendre compte que tu as toute ta thèse dans ta tête, du début à la fin... C'est une expérience unique, très intense."
Mmmmrrmmgn. J'ai hoché la tête, histoire de, mais je n'y croyais pas.
Trois ans de boulot dans ma tête en même temps ?
Je sais exactement ce qu'il va se passer :
memory overflow!
kernel panic!
system crash.

Y en a même qui disent qu'ils l'ont vu voler

Bosser chez soi, c'est trop cool.
Aucun horaire, aucune contraite, je suis libre comme l'air. Libre de me lever à l'heure que je veux, libre de profiter du soleil, pieds nus sur la terrasse, libre de faire des pauses CocaLightTwix aussi souvent que je veux, libre d'écouter de la musique, libre de faire des allers-retours en ville parce qu'il faut absolument que je m'achète un truc - une lampe, un livre, un rouge à lèvres, un truc quoi - libre d'écouter de la musique, liiiibre.
Bosser chez soi, c'est trop cool.
Faudrait juste que je trouve un moment dans la journée pour bosser.

vendredi 19 mars 2004

Demain, j'arrête.

Le verbe me saute à la gueule au détour d'un blog.
Procrastiner.
Je ne sais pas ce que ça veut dire mais ça me semble vaguement douloureux. Comme ce verbe m'est associé à quelques phrases près, je pars à la recherche de la définition. Rien dans mon Petit Larousse illustré. Mmm. Je décolle difficilement mes fesses de ma super chaise ultra moelleuse et j'en profite pour brosser les bouts de Pringles qui s'accrochent encore dans mon pull. Rien dans le dico du petit frère, un petit Robert plutôt récent.
Quoi, ce mot n'existe pas ou quoi ?
Je reviens à mon ordi, et je pose la question à mon ami Google. Ha si, ça existe. Procrastiner, c'est en gros remettre à demain le boulot d'aujourd'hui. Ah oui, effectivement, c'est ce que je fais.
Encore que, pas exactement.
Pour être tout à fait précis, je suis plutôt du genre à remettre à demain le boulot d'hier.

samedi 20 mars 2004

Tapette à mouches

Il y a exactement 20 ans, tu pointais le bout de ton museau - et aussi un petit bout d'oreille en trop -, rendant la famille Kitten impaire en nombre, quoique plus équilibrée en masculinité. Nous nous étions bien disputés au sujet de ton prénom, alors les parents avaient tranché. Petit homme, tu étais, petit homme tu seras.
De dahu baveur, blond et bouclé, tu t'es transformé en grand dadais dégingandé, avec ce même humour suspect qui est devenu un trait de famille. On a rangé la caisse de Playmobil, on ne tient plus à trois dans la baignoire, et les parents ont dû s'acheter un nouveau matelas pour remplacer celui que nous avions défoncé à force de jouer au loup les dimanches matins.
Tu as grandi pour les autres peut être, mais pas pour moi.
Joyeux anniversaire, petit frère.

lundi 22 mars 2004

Ironeek

Je prends le scooter, il a dit, et moi j'ai dit, tu es sûr ? Oui, oui, comme ça, tu pourras aller monter à cheval, ça va te faire du bien de te défouler de tout ce stress que tu accumules à cause de ta rédaction qui avance pas, t'es un amour, je lui ai dit avec un sourire, parce que quand même il pleut des cordes, et c'est son anniversaire aujourd'hui, il aurait le droit de prendre la voiture pour pouvoir aller chercher son cadeau, un ordinateur tout neuf, mais il a dit non, sûr, je prends le scooter, il l'aime bien, mon petit scooter, ça lui rappelle qu'il veut passer son permis moto, quand il aura le temps et à nouveau arrêté de fumer, parce que c'est l'un ou l'autre mais pas les deux, c'est un sacré budget, il m'a téléphoné vingt minutes après être parti, j'étais aux toilettes, j'aime pas quand on me téléphone alors que je bouquine tranquillement aux chiottes, mais j'ai répondu quand même, c'était lui, il avait une petite voix, il s'est gauffré à scooter, la pluie, une bouche d'égout qui glisse, et c'est le drame, est ce que je peux venir le chercher et l'emmener à l'hôpital ? Je me suis jamais habillée aussi vite de toute ma vie, j'ai conduit comme une folle, je le vois, là, à l'intersection, sous la pluie, il est blanc, mon dieu, qu'il est blanc, le scooter est tout rapé, on s'en fout, on l'attache vite vite dans un coin, on part pour les urgences, tu as mal ? Non, non, ça va, tu parles, il est tout blanc, les urgences, vous avez mal quand je fais ça, dit le médecin après une heure à attendre, oui, ça fait mal, et il est encore plus blanc, alors, radios, et trois heures et demi après l'accident, c'est une double fracture de l'épaule et du haut du bras gauche, immobilisation 6 semaines, bon anniversaire monsieur, on retourne chez nous, tout penauds, 6 semaines, le corps saucissoné dans une espèce de chaussette, le bras gauche sanglé contre le ventre, on ne réalise pas bien, il en a eu de la chance, son casque qui gigotte sur la banquette arrière de la voiture est aussi éraflé que le scooter, et il me regarde, il est encore bien blanc, et il me regarde, il a mal et il me dit :
- "Tu iras chercher mon ordinateur tout à l'heure, hein, s'il te plait, promis ?"

mardi 23 mars 2004

The Horrendous Space Kablooie!

vendredi 26 mars 2004

Somewhere over the rainbow

Je ne crois pas en Dieu, ni au destin, encore moins à la fatalité.
Mais là, putain, après l'épaule de mon homme et le scooter, l'embrayage de la voiture qui lâche, ça commence sérieusement à faire beaucoup.
Oui, je sais, ça pourrait être plus grave.
Oui, je sais, ce ne sont que de petites contrariétés, face à l'étendue de la misère humaine sur notre pauvre monde.
Mais si je vous dis qu'en plus, j'ai une migraine comme ça (geste) pour cause de manque de sommeil, des courbatures de là à là (grand geste) pour cause de cheval, une humeur massacrante (geste grossier) pour cause de bloquage insoluble de rédaction de thèse de *censuré* (geste encore plus grossier), une sale gueule (geste des deux mains) pour cause de coupe de cheveux qui part en vrille, et un vague trou au coeur et à l'âme (petit geste tristounet) pour une cause inavouable, est-ce que j'ai un peu le droit de dire que cette semaine était une semaine de merde ?
Oui ?
Merci.
Maintenant, excusez-moi, faut que je nettoie la litière des chats.

dimanche 28 mars 2004

Murmures et compilations

Comment redonner le sourire à un geek tout frustré d'avoir une épaule en moins et de ne pas pouvoir s'amuser avec son tout nouveau jouet cadeau d'anniversaire (boitier noir panthère Sonata de chez Antec hyper silencieux, carte mère Asus a7n8x-e Deluxe, Barton 2500+, gForce 5009-Fx, etc, etc) ?
Lui dire, avec un grand sourire, "Tu m'aides à installer une GenToo sur mon portable ?"
Succès garanti avec quelques avantages colatéraux pas désagréables, comme l'impression à la fin du week-end d'avoir un ordi tout neuf, et de se coucher moins bête, et un peu plus copine de geek.
Et évidemment aussi, la délicieuse satisfaction d'avoir une très bonne excuse... Bin, ouais, impossible de bosser sur ce *censuré* de chapitre I pendant tout le week-end pour cause de compilations intensives, GenToo oblige.

lundi 29 mars 2004

Incroyable mais vrai

Plus pour participer que pour vous informer, car vous l'avez déjà sûrement lu, pointé par d'autres.
Hallucinant, oui.
Effrayant, aussi.

mardi 30 mars 2004

Le téléphone sonne toujours trois fois

Mon portable sonne. Je me précipite, mais trop tard, je décroche juste quand la personne raccroche. Merde, c'était Poupoune, ma petite soeur. De si bonne heure, c'est sûrement une catastrophe. La vie de ma petite soeur est ponctuée de catastrophes en tout genre, mais vu que sa définition des catastrophes est très personnelle, souvent, c'est pas bien grave. Généralement, suffit de faire opposition à sa carte bleue, ou 150 bornes aller-retour en voiture jusqu'à TrouPerdu parce qu'elle y a oublié ses clés.
J'essaye de la rappeler et je tombe sur son répondeur, deux fois.
Bon, tant pis, si c'est important, elle rappelera.
Juste quand je mets le pied dans la douche, ça sonne sur le fixe.
Mmmrrrmm.
Je cours dans le bureau, je m'emmêle les pieds dans un chat au passage, et je décroche.
- Oui ?
- C'est moi.
- Je sais.
- J'ai appelé sur ton portable mais
- Je sais. Qu'est ce qui se passe ?
- J'ai fait une bêtise.
- Raconte.
- Bin, je dormais, et mon portable sonne, et normalement, je décroche jamais, mais là, j'ai cru que c'était quelqu'un d'autre alors j'ai décroché, mais comme je me réveillais, bin, heu...
- T'as pas été aimable.
- Oui.
- Et c'était qui ?
- [Insérez ici Employeur Potentiel Super Important], pour fixer un entretien.
- Ha merde.
- Et j'avais la voix toute rauque et tout, super pas réveillée, pas agréable, tu vois, genre trop trop mauvaise impression, super pas du tout professionnelle.
- Et alors, t'as fait quoi ?
- Bin, j'ai paniqué.
- Oui ?
- J'ai dit que j'étais toi, et que j'étais pas là.

Mens sana in corpore sano

Vu que j'arrive à rien avec l'esprit - la faute à cette saloperie de chapitre I - j'ai décidé de m'attaquer au corps. À défaut d'être intelligente, je serais belle. Enfin, par belle, j'entend, moins molle.
Du coup, je viens de signer pour deux heures de gym par semaine, qui s'ajoutent à mes deux heures d'équitation hebdomadaires. Pour calmer la molle en moi qui hurlait au sadisme en m'envoyant des images flashs de la fameuse position dite du petit chien - humiliante ET douloureuse, double jackpot - je me suis offert de luxueuses scéances d'UV, qui ont le mérite de ne faire mal qu'au porte monnaie.

Prochaine étape, diminuer significativement la dose quotidienne de bières-saucisson-chips.
C'est pas gagné.

mercredi 31 mars 2004

Pour le meilleur et pour le pire

Les chirurgiens, quand même, ils sont forts. Ils doivent suivre des entrainements spéciaux et secrets pendant leurs études de médecine. L'orthopédiste de mon homme, ce matin, il a réussi à nous rassurer en même pas deux minutes, poignée de main comprise. Bonjour, tout va bien, au revoir. On a quand même eu le temps de comprendre que l'os de la fracture n°2 - celle qui avait une sale gueule et qui nécessitait peut être une intervention - s'est plutôt bien remis. Tout ce qu'il faut maintenant, c'est une immobilisation parfaite, de la patience, et du repos. Beaucoup de repos. Arrêt de travail jusqu'au 9 mai. Alors que je slalomais entre les bouches d'égout - on se sait jamais, hein, même en voiture - pour nous ramener à la maison, je me disais que j'en avais de la chance, quand même, un de mes voeux le plus cher venait d'être réalisé, j'allais enfin pouvoir passer plus de temps avec lui. Nous allons être ensemble 24h/24 pendant un mois.
Un mois.
Un *mois*, ptin.
Je me demande lequel de nous deux va tenter d'étrangler l'autre en premier.