dimanche 1 février 2004

Requiem

Les drogues dures sont douces.
Les drogues douces sont dures.
J'ai des envies d'overdoses.

lundi 2 février 2004

Parce que je le vaux bien

Wah.
C'est ce que je me dis sans arrêt depuis ce matin à chaque fois que je me vois dans une glace.
Non, je ne suis pas devenue subitement narcissique - pour ça, il faudrait d'abord que je lime mes dents de dinosaure.
Ce sont mes cheveux.
Ils sont beaux, ils sont lisses, ils sont brillants.
Ils sont parfaits.
Genre pub pour l'Oréal, tuwa.
Genre Elle Woods, dans Legally Blonde, tuwa.
Je déambule dans les couloirs du labo, mes cheveux et mon sourire illuminants les alentours, heureuse, fredonnant le refrain de Toxic en ondulant des hanches.
Rien ne peut m'atteindre. Je suis la reine du monde.

Mon responsable sort la tête de son bureau.
- "Saki, c'est toi ? OooOooh PUTAIN mais comment t'as une TROP sale gueule, ma pauvre ! Bon, file moi ton chapitre IV, je vais le lire, là."

Çuikidikié

From: Petit Frère Kitten
Subject: Je vis avec un monstre en puissance
Date: Mon, 2 Feb 2004 19:33:13 +0100 (CET)

Je vous écris, madame, parce que j'ai les boules : ma soeur, avec qui je vis, a un comportement des plus bizarres ces derniers temps :
- Elle s'inflige des sévices corporels tous pires les uns que les autres,
- Quand elle a envie de lire au lieu de s'acheter un bouquin comme à peu près tout le monde, elle s'en achète DEUX exemplaires du même (et même trois si la version collector est disponible),
- Elle adore un film avec une avocate blonde jouée par Reese Witherspoon,
- Elle est fan du dernier single de Britney Spears,
- Et je viens de lire sur son blog (oui, car en plus, elle a un blog, que je lis au lieu de bosser mon cours sur l'espace français), qu'elle vient de se racheter un scooter !!!

C'est grave, docteur ?

Un Petit Frère en détresse

mardi 3 février 2004

Sous tension

Et je cours, et je m'agite, complètement shootée au Guronsan.
Et je brasse de l'air, et je gigote, et je me cherche un cerveau au fond des tiroirs de mon bureau.
Et je massacre mon réveil, et je piétine ma montre.
Pour essayer de le tuer.
Le temps.
Qui passe ou ne passe pas.
Au choix.

Archive

Soutenir sa thèse amène parfois à se replonger très profondément dans des notes datant de la préhistoire.
La Maman du Loukoum vient de retrouver ça, griffonné par ma main sur un des ses cahiers, vraisemblablement pendant un cours de notre DEA.
J'hésite entre rire et pleurer.

Combinaison linéaire

Bruit de porte de frigo qu'on ouvre...
- Han.
- Quoi, han ?
- Bin, tu t'es trompé en faisant les courses...
- Quoi ?
- T'as acheté de la confiture de mûres, et de la gelée de framboises.
- Et ?
- Bin, c'était l'inverse, sur la liste.
- Quoi ?
- Oui, c'était gelée de mûres et confiture de framboises.
- Et alors ? C'est pareil, nan ?
- Bin, nan. J'aime pas la framboise et Petit Frère aime pas les mûres.
- Vous échangerez, alors.
- Bin, nan. J'aime pas la confiture, et Petit Frère aime pas la gelée.
- Et emmerder le monde, vous aimez ?!

mercredi 4 février 2004

Perfect Day

Sur les toits de la fac, dominer la ville,
Assise sur la balustrade, les jambes dans le vide,
Regarder le ciel devenir rose vif,
Monter le volume de la musique,
Inspirer profondément,
Penser à l'ange posant sa main sur mon épaule,
Affronter la journée,
Avec le sourire.

vendredi 6 février 2004

Blague Naze Power

Petit matin gris aux yeux qui collent, je fais la gueule à l'écran de mon ordi. Les Filles d'à Côté passent devant la porte de mon bureau entr'ouverte en lançant "Café ! Thé ! Croissants ! Pains au chocolat !". Certaines s'arrêtent pour me faire la bise, hésitent à me demander si ça va, et finissent par me tapoter maladroitement mais gentiment l'épaule ou la joue.
Ca me déprime encore plus. Je me sens tellement seule. Je pense à ce bouquin que mon père voulait absolument que je lise, "La solitude du coureur de fond", et je soupire.
J'ai passé plus de 14 heures de la journée d'hier à travailler, et la nuit entre hier et aujourd'hui, à penser à ce que je n'avais pas fait et ce que j'avais encore à faire.
Et puis, Titi débarque dans mon bureau. Titi, c'est la secrétaire de mon labo. Elle ne me demande pas si ça va, rien. Elle me dit :
- "Saki, tu connais la différence entre une femme de 150 kg et un sanglier du même poids ?"
- "Heuh.... nOoon.."
- "Bin, le sanglier, quand tu l'as tiré, tu t'en vantes."

J'avoue, j'ai explosé de rire.

samedi 7 février 2004

Amen

Bon, écoute, mon Dieu, t'as deux minutes, là ?
Ouais, je te tutoie, je sais, c'est malpoli, mais bon, je crois pas en toi, donc, hein.
Mmmm ?
Pourquoi que je te cause si je crois pas en toi ?
Bonne question.
Trèèèèès bonne question, même.
On va dire qu'on s'en fout, d'accord ?
Et que tu vas m'écouter quand même, parce que t'es poli, toi, et pis t'es sympa, Dieu, toussa, omniprésent, omnipotent, et tout le tralala.
Donc, voilà, je vais pas tarder à aller me coucher, et ce qui s'rait super cool, ce s'rait que tu interviennes pour que je refasse le rêve, là. Tu sais, le rêve. Oui, celui là, voilà.
Et qu'ensuite, tu te démerdes pour que je me réveille jamais.
J'en sais rien, moi, comment, tu te démerdes. T'es Dieu après tout.
Comme ça, je rêve ce rêve à l'infini.
Et promis, après, je t'embête plus jamais.

Oublions, pour boire. Euh, voir.

En fait, Dieu existe.
La preuve .
Mici, mon Dieu.

lundi 9 février 2004

Y a pas de petits plaisirs

Découvrir une astuce pour envoyer des tas de sms rapidement et gratuitement.
S'octroyer une pause au milieu de la montagne insurmontable de boulot.
Pourrir de sms les pauvres malchanceux qui se trouvent dans mon répertoire - et qui ont sûrement autre chose à faire que subir mes crises de folie.
Glousser comme une gamine.
Être bêtement de bien meilleure humeur.

mardi 10 février 2004

Cosi fan tutte

Ce matin, en sortant mon Zip du garage à vélo, je me suis cassé le dos en deux. Genre chuis pas une chochotte, moi, le scooter, je te le soulève d'une main et on en parle pluuuAaAaaïe PUTAIN.
J'ai passé la journée à marcher en équerre, style j'apprends les angles droits avec mon corps, une main sur le rein gauche en permanence. Du coup, j'appréhendais pas mal la soirée, parce que 3h30 coincée dans un siège plutôt moelleux mais prévu pour un gabarit moitié plus petit que moi, ça allait sûrement pas arranger mes soucis.
En définitive, les aventures de Figaro et de Suzanne, scénario digne des meilleurs épisodes des feux de l'amour, m'ont collées à mon siège et j'ai oublié jusqu'à la moindre petite douleur, pour suivre, frissonnante et extatique les performances vocales des tenors et sopranos.
J'aime l'Opéra.
Maintenant, quelqu'un pourrait me sortir de mon strapontin ?

mercredi 11 février 2004

Masochisme

Retarder le temps qui passe en refusant d'aller dormir.
Combattre le sommeil, minute après minute, seconde après seconde.
C'est puéril. C'est vain.
A force de jouer avec les allumettes, je vais finir par me cramer les sourcils.
Et les ailes avec.

Routine

mmmrrrmmmmgn mais putain de réveil mais ta gueule comment tu sonnes trop tôt nan mais c'est pas humain d'être obligée de se lever à cette heure là j'ai pas assez dormi moi oh putain déjà 8h30 mais je me suis rendormie ou quoi aïe nan mais sérieux cette douche elle est vraiment trop petite je viens de m'exploser le coude dans le robinet d'eau chaude je sais pas comment m'habiller mes pantalons me manquent je vais les récupérer ça va être l'été ici punaise combien de temps ça met à venir de Montréal un colis bon je vais mettre ce pantalon là il est moche mais j'en ai marre de toujours mettre l'autre en plus j'ai fait un trou dedans l'autre jour en voulant couper un fil ma mère va me tuer si elle s'en rend compte un pantalon à ce prix là bon je me maquille pas j'ai trop une sale gueule pourtant mes cheveux sont pas mal aujourd'hui comme quoi pas dormir c'est bon pour les cheveux hahaha où est ce qu'il a rangé la gelée de framboise alors mais c'est pas sa place bon il va griller le toast en Papouasie ce grille pain le jus d'orange a été mal refermé j'ai failli en foutre partout ouch le thé est brûlant je vais attendre qu'il refroidisse un peu je vais aller voir si j'ai des mails ha non j'en ai pas mon thé est froid tant pis un manteau qui coupe du vent je me suis gelée les miches hier sur le scooter et une écharpe et des gants aussi je mets les écouteurs dans mes oreilles je lance la musique c'est bizarre ce mode shuffle c'est toujours le même enchainement en fait j'ouvre la porte du garage à vélo je sors le scooter aïe mon dos je mets le casque je mets les lunettes de soleil je démarre le scooter je monte le son je roule clignotant feu rouge clignotant feu rouge tiens des flics j'ai de la chance quand même il fait beau pas une goutte de pluie depuis que je l'ai acheté je vais tirer la gueule à la première averse surtout que j'aurai pas du enlever la visière de mon casque mais bon c'est tellement moche avec clignotant feu rouge can't cry those tears anymore y a pas à dire Garbage ça déchire eh oh connard tu m'as pas vue ou quoi putain j'ai failli me bouffer le trottoir là clignotant ha y a une place là bas je vais l'attacher sous les arbres je pourrais le voir de la fenêtre ce que cet antivol est lourd ha tiens mon sandwich pour ce midi je suis une maline de l'avoir mis dans le coffre dès hier quatre étages j'ai le temps d'écouter une chanson on va se mettre i'm only happy when it rains i'm only happy when it's complicated salut salut ça va oui oui ça va oui un peu fatiguée oui bon alors il boote ce portable est ce que j'ai des mails ha oui pfff du spam super j'ai pas envie de bosser je suis vraiment crevée je vais me faire deux guronsans tiens ha j'ai plus d'eau faut que j'aille dans la bibliothèque merde j'ai posé les comprimés dans du mouillé ils sont en train d'effervecer sur le rebord de l'évier j'ai envie d'aller faire pipi il est vraiment moche ce pantalon j'aurai pas du le mettre mmmm et si j'agrafe l'ourlet vers l'intérieur ça fera genre pantacourt ha ouais pas bête bon j'en étais où dans mon chapitre moi rha lalala mais comment j'ai du mal putain déjà cette heure là j'ai pas de mails je veux des mails j'ai pas envie de bosser bon je vais faire pipi je réfléchirai mieux après

Be my freak

Are you one of the beautiful people
Is my name on the list
Wanna be of the beautiful people
Wanna feel like I'm missed

Hey you with the walkie talkie
I know my clothes are not right
I wish I had my own walkie talkie
That reached to God every night

Everyone needs to be somebody
Everyone needs to find someone who cares
But I don't know if you know what I mean
'cause I'm never on your list

Are you one of the beautiful people
Am I on the wrong track
Sometimes it feels like I'm made of eggshell
And it feels like I'm gonna crack

Everyone needs to be somebody
Everyone needs to find someone who cares
But I don't know if you know what I mean
'cause I'm never on your list

Eels - Guest List

jeudi 12 février 2004

Swap

Today's fortune: "The only good is knowledge and the only evil is ignorance."
Mouais.
Fortune's Today: "The only evil is knowledge and the only good is ignorance."
Beaucoup mieux.

Alcoolique nominée et vous ?

 
 

vendredi 13 février 2004

Apnée

Si je retiens mon souffle...
Combien de temps je tiens sans respirer ?
Trois jours ?
Trois heures ?
Trois minutes.

samedi 14 février 2004

Monstre à nu

Pas envie de bosser, pas envie de bosser.
Grand ciel bleu dehors, soleil magnifique.
La lettre de Hans Grüber, S.A, mon employeur de thèse.
Fin du C.D.D. le 4 mars 2004.
Pas envie de bosser, pas envie de bosser.
Putain de chapitre 5.
Faire chauffer le scooter, faire chauffer la CB.
Dépenser pour oublier.
De la musique, des cds, pour se changer les oreilles.
Un restau, pour se remplir le ventre.
Des livres, encore des livres, toujours des livres.
Et des bandes dessinées.
Des chaussettes, rouges et noires, pour rêver.
Des tasses, des grandes, pour boire le thé par hectolitres.
Et rentrer, parce qu'il faut bien rentrer.
Pas envie de bosser, pas envie de bosser.

lundi 16 février 2004

My name is Thomas, Saint Thomas

Je n'ai jamais aimé la philo. Ma prof de Term, soporifique et brouillon au possible, a remarqué mon inhabituel jeune âge dès le premier jour, et ce crime impardonnable a été puni par des notes ne dépassant jamais la demi-douzaine, et des commentaires cinglants quoique justifiés "Manque de maturité !", "Grandissez un peu, que diable !". Je m'en foutais, à l'époque je n'aimais que les maths, et de toute mon âme.
Mais toute hérmétique que j'étais à la pensée philosophique, j'y ai quand même expérimenté une révélation, une de celles qui nous bouleversent sans qu'on s'en rende compte, qui nous plongent dans des abîmes de perplexité, un peu du même niveau qu'on m'a fait découvrir les atomes et les électrons au collège.
C'était à propos de ce courant de pensée qui veut que rien ne nous prouve que les endroits où nous ne sommes pas existent quand nous n'y sommes pas. J'avais trouvé cette idée bien égocentrée, mais elle m'avait perturbée au point de me jetter sur une cabine - eh oui, lointaine époque des dinosaures, pas de téléphone portable - pour appeler mes parents et vérifier qu'ils existaient toujours.
Des années plus tard, je bois mon thé trop chaud en regardant la rivière en bas de chez moi, et je trouve cette pensée étrangement réconfortante. Qu'est ce qui me prouve que le reste du monde existe quand je n'y suis pas ?
Et depuis quand j'ai besoin de voir pour croire ?

jeudi 19 février 2004

Tortue Ninja

Je suis atteinte du syndrome de Peter Pan. Je refuse catégoriquement de vieillir, et ce de toutes mes forces. Ca ne marche pas terrible, en fait, vu que je me dirige allégremment vers mes 28 ans, mais je continue à espérer qu'à un moment ou un autre, pouf, ça va s'arrêter.
Ce syndrome s'exprime souvent dans des comportements puérils et autres attitudes dignes d'une adolescente pré-pubère. Je roule en scooter, je me fais percer des trous dans mon petit corps tendre, j'écoute le volume à fond de la musique de djeunz, et je continue à ne porter que des Doc Marteens malgré les menaces répétées de déshéritage.
Ce matin, alors que j'attachais soignement mon bolide à un lampadaire, un très beau et très jeune homme s'est dirigé vers moi avec un large sourire. Toute flattée que j'étais, je me préparais intérieurement à lui expliquer que bon, le détournement de mineur, ça ne m'intéressait pas trop, mais avant que j'ai pu ouvrir la bouche, il m'a dit :
- "Il est vraiment chouette, votre scooter, Madame."
Heureusement que je n'avais pas de sabre sous la main, parce que je l'aurais volontiers découpé façon Zatoichi.
Non mais oh, hein, quoi, merde.

Je sais qu'il existe aussi des amours réciproques (mais je ne prétends pas au luxe)

Quand j'étais pitchoune, j'ai vécu à Marseille.
Et quand j'habitais à Marseille, j'allais souvent à la plage.
Même qu'une fois, je me suis baignée alors qu'il y avait des vagues énOOooOormes, des rouleaux terribles et fracassants, et un beau drapeau orange - mes accompagnateurs adultes devaient sûrement regarder ailleurs... Ou avoir abusé de l'apéritif.
Forcément, ça n'a pas loupé, j'ai manqué de me noyer. Emportée par les rouleaux comme dans une machine à laver, je ne savais plus où était le haut et où était le bas, et à peine je tentais de cracher les hectolitres que je venais d'avaler, que je me reprenais un mur d'eau salée sur la gueule.
Et puis, on m'a sauvée. Juste au moment où ma petite cervelle de pitchoune se disait que ça se présentait mal, on m'a attrapée solidement et ramenée vers la plage. Mon sauveteur sauveur, c'était un beau type tout bronzé avec le sourire ultra-bright et les lunettes de kakou des plages. Ma mère et ma marraine étaient tellement soulagées et reconnaissantes, qu'elles ont enduré pendant une bonne demi-heure ensuite ses pitoyables tentatives de drague.
Tout ça pour dire quoi ?
Rien.
Juste pour raconter une histoire.
Juste pour dire que j'ai à nouveau l'impression de me noyer.
Et que ce coup-ci, si on me sauve, je mords.

Soumission

samedi 21 février 2004

XXL-Files

Soit mes seins ont subitement - miraculeusement ? - pris deux ou trois tailles pendant la nuit, soit j'ai passé tous mes soutifs au sèche-linge puissance max à l'insu de mon plein gré.
La vérité est ailleurs.

lundi 23 février 2004

The Happening

Mais PUTAIN de site web de la Fnac de MERDE !
Debout devant le bureau, en petite culotte, les doigts crispés sur le clavier de mon iMac, je crache des insultes et du dentifrice. J'envisage un instant de balancer une grosse mandale à l'écran vert citron, ça ne servirait pas à grand chose mais ça me défoulerait sûrement.
Ça fait douze fois que je recommence, et douze fois que je me fais bouler du site au moment de valider la transaction. Ça se trouve, j'ai déjà commandé 12 fois le même billet.
Mais PUTAIN de site, QUOI.
Je jette un oeil à l'heure.
Je calcule, j'additionne, je soustrais l'habillage, le coiffage, le maquillage, la distance, le trajet, la vitesse et les raccourcis.
La question est la suivante : ai-je le temps de passer au Virgin et d'arriver quand même assez décement en avance pour la soutenance de la Maman du Loukoum ?
Je ne peux pas être en retard. C'est la soutenance de mon amie, ma soeur de doctorat, ma compagne de galère et d'infortune, c'est une partie de moi qui va défendre sa thèse, ce matin, devant ses pairs.
Mais je veux mon billet, merde.
Je me décide. Je mettrais le turbo, et je grillerais tous les feux rouges.
Dix minutes plus tard, record battu, je me jette, échevelée et essouflée, sur le comptoir du Virgin.
- "Pixies... Zénith... Viiiiiite"
- "Ha mais je ne les ai pas encore, mademoiselle, désolée."
- "Hein ?"
- "Oui, on m'en a réclamé y a dix minutes, ce n'est toujours pas disponible."
- "...."
- "Vous voulez que je vérifie ?"
- "OUI."
- "Oh, vous avez de la chance, ça vient d'être ouvert !"
Je tape mon code de carte bleue dans le brouillard, je recupère ticket, billet, carte d'une seule main, et je fonce sur mon scoot et sur la route, à travers la ville.

Quelques heures plus tard, je passe des petits fours et des coupes de champagne à la ronde, un immense sourire me coupe le visage en deux, je suis fière comme un paon, la Maman du Loukoum est docteur, mention très honorable, la plus haute distinction possible, elle a soutenu brillamment et fièrement, je suis aux anges, et on me dit, "La prochaine c'est toi, Saki" et je hoche la tête, sérieuse, confiante et je pense à ce petit bout de papier, plié dans la poche arrière de mon pantalon.
Pixies, Zénith.

QALC

Comme l'expliquait Corsac, j'ai été moi aussi spammé par un questionnaire à la con.
Des spams comme ça, j'en veux bien tous les jours, moi. Ça me change du sempiternel "Hé ma belle, bin, tu sais quoi, ton pénis ? Il est trop petit, hahaha". Surtout quand ça vient d'un blog où on est déjà demain, merde, quoi, ça me scie, là.
Et quand même, être spammée en si belle compagnie, bah, ça me flatte dans le sens du poil.
Donc, comme je n'ai rien à faire d'important à part cette saloperie de chapitre I - oui, je sais, je suis en retard - je me lance, wah, je suis fébrile, mon premier QALC.

1. Quel est ton record d'uptime (temps passé sans dormir, ne serait-ce que 2mn) et à quel occasion était-ce ?
Heuh... Deux secondes, je réfléchis...
Punaise, ma mémoire, l'âge, toussa.
Ha, oui !
Route du Rock, été 2003. Trois jours et deux nuits de bénévolat, sans vraiment dormir.
Terrible.

2. Tu as le choix : perdre toutes tes données personnelles contenues dans ton micro, PDA, etc. (y compris ton blog, bien sûr) sans aucune possibilité de les récupérer, ou perdre un membre de ta famille. Alors ?
Je peux choisir le membre de ma famille ?
Quoi ?
Oui, mes gerbilles sont des membres de ma famille, et alors ?

3. Donne-moi 3 acronymes à significations multiples, dont l'une doit concerner l'informatique de près ou de loin (ex: RPM = Redhat Packet Manager = Rounds Per Minute)
Je ne suis pas vraiment informaticienne, je fais juste semblant.
Donc, je m'auto-dispense de répondre à cette question.
Hop.

4. En 3 essais maxi, quel score fais-tu à ce jeu ultra nerd ?
Hahaha, on dirait le jeu que *préservation de l'anonymat* avait hacké une fois, et il m'avait mis un score terrible, rien que pour me faire plaisir. Mais en fait, en vrai, je suis nulle, j'ai 9 gros doigts tout maladroits.

5. Raconte-moi une anecdote concernant du Nutella.
Je ne mange jamais de Nutella, ça fait grossir.
(Stoi pas crédible, eh oh)

mardi 24 février 2004

Shoot, shoot, don't talk

- Va falloir que tu l'acceptes, Saki. Y a pas de solution optimale !
Je me pose deux secondes sur ma chaise, essouflée, chancelante. Je plisse les yeux. Même avec les lunettes de soleil que je ne quitte pas depuis ce matin, la lumière me brûle les rétines. Je soupire.
- Je sais, je sais, t'as raison, les contraintes sont trop fortes. Fait chier.
Prune hoche la tête. Elle pousse deux, trois classeurs, fait tomber un peu de bordel et s'assoit sur le bureau. Elle aussi, elle a du mal. Faut dire qu'on a dignement enterré hier soir la fin de vie de thésarde de la Maman du Loukoum. J'arrête de sucer ma bouteille d'eau comme si ma survie en dépendait, et j'essaie de réfléchir.
- Et si on met comme ça, et ça, comme ça, et l'autre comme ça ?
- On a déjà essayé, t'as la lumière directement dans la gueule.
- Ha oui. Mais alors, comme ça ?
- T'as le dos à la porte.
- Mmmm, exact. Bon, alors, comme ça ?
- T'es dans le cône de soleil.
- Merde.
- Ouais.
Notre espace commun ressemble à un champ de bataille. Depuis ce matin, depuis que j'ai décrété sur un ton péremptoire, que non, ça n'allait pas du tout, nous jouons à Tetris avec bureaux, armoires et chaises, afin de trouver une configuration que me satisfasse. Malgré sa gueule de bois, et mon humeur massacrante, Prune fait vraiment preuve d'une patience d'ange. Son visage s'illumine, elle a une idée.
- J'ai trouvé ! On met ça comme ça, comme ça, là, tu te mets là, moi là, et hop !
- Nan.
- Bin, pourquoi ?
- J'aurai pas les tiroirs du bon côté.

vendredi 27 février 2004

Motoneige

J'aime la neige.
Mon scooter, beaucoup moins.
Je me targue pourtant d'être quelqu'un d'assez malin, mais pas une seconde ce matin je ne me suis doutée que l'un et l'autre n'allait pas de pair. La neige, c'est de l'eau, non ? Et je roule bien sous la pluie, donc je devrais rouler aussi sur la neige.
Et bin, non.
J'enfile mes gants, petit point noir et gris au milieu d'un grand blanc, et je souris en me disant que pour une fois, je vais avaler des flocons au lieu de moucherons. Je mets le contact, je démarre, et vlaf, plaf, cloing, spouf. Magnifique dérapage, comme je n'ai jamais réussi à le faire sur des skis.
Un rebond dans le lampadaire pour finir dans le grand sapin.
J'ai mal, ça veut sûrement dire que je suis vivante.