dimanche 4 janvier 2004

On avance à rien dans ce canoë

Donc, bon, voilà, on est en 2004 depuis 4 jours.
Pitin, c'est pas gagné.

lundi 5 janvier 2004

Saki tips the scale

Mon ventre fait des plis et je ne peux pas fermer le dernier bouton.
Han. HAN !
Des mesures draconiennes s'imposent.

Ma balance vient de s'offrir un aller simple pour le fond de la poubelle.

Panari Story

Il est mignon, il est blond aux cheveux longs et il tient ma main dans la sienne.
Je lui demande de répéter ce qu'il vient de me dire.
Alors, il repète :
- "On vous emmène au bloc, on vous fait une piqure là, dans le creux de la main, on enlève l'ongle et on nettoie bien en dessous."
- "Mmmmmmobligé, la piqure, le bloc, l'ongle ?" je lui demande, en lui faisant mes meilleurs yeux de Bambi.
- "Oui, obligé sinon pouf plus de doigt." il me répond.
- "Bon, bah, alors zouh, le bloc." je soupire.
- "Pas avant 17 heures, le temps que les chirurgiens soient dispos." il explique.
- "Oh. Mais j'ai le temps de retourner au labo consulter mes mails alors." je réalise, enchantée.

Il est mignon, il est blond aux cheveux longs, il est interne aux Urgences, et il me regarde comme si j'étais complètement folle.

Pouet Again

J'avais un panari,
J'avais le doigt tout jauni,
Je suis toujours très malpolie,
MAIS PUTAIN COMMENT JE DOUILLE GRAVE !!

[Edit : Mwhahahahaha ! Merci, mon Le Nours]

mardi 6 janvier 2004

Journée de merde

Où notre héroïne découvre que c'est pas le majeur qui manque mais la taille du pansement qui gêne et que montrer le sol est beaucoup plus douloureux que faire un doigt au ciel.

mercredi 7 janvier 2004

Gore etc...

Le pansement réduit de moitié par les mains expertes d'une douce infirmière, je me remets de mes émotions en reprenant mon souffle. Je viens d'insulter copieusement et jusqu'à la 42ème génération le chirurgien orthopédique qui m'a opérée lundi. Ce *censuré* n'a pas jugé bon de mettre un tulle gras entre la plaie béante qu'est devenu mon doigt et les compresses du pansement. Vu que ça a pas mal saigné, pour décoller tout ça ce matin, ça a été carrément rock'n'roll.
- "Vous avez été très courageuse", me rassure l'infirmière en tapotant mon épaule, alors que je fixe mon reste de doigt qui pulse dans les hautes fréquences.

C'est faux, j'ai envie de lui répondre.
C'est archi-faux, je ne suis pas courageuse, je suis très lâche. Très.
Je fuis, j'esquive, j'évite.
J'ai tort, je sais.
A un moment ou un autre, va bien falloir que je commence à rédiger.

jeudi 8 janvier 2004

Yeah

Femmes au bord de la crise de nerf

Demain, bloc-op.
Je ne peux pas y aller, pour cause de panari récemment opéré - dans le milieu hospitalier, même un ridicule panari est regardé comme un truc ultra contaminant. Quand je me suis faite opérer lundi, j'ai été traitée comme une pestiférée, installée en chambre stérile et récurée jusqu'au bout des doigts de pieds.

Donc, comme je peux pas y aller, bin, c'est Prune que j'envoie à ma place.
Je l'ai coachée, briefée, entrainée et stressée bien comme il faut.
Et là, alors que les lumières du labo se sont éteintes les unes après les autres, et qu'il ne reste plus que nous deux sur la plateforme, à galérer et à pester comme des malades pour préparer cette foutue intervention malgré les emmerdes informatiques répêtées, je l'observe.
Penchée sur sa station de travail, elle se mord la lèvre inférieure, le doigt crispé sur la souris.
Le logiciel plante pour la 10 000ème fois.
Elle hurle : "Mais BOURDIL ! Mais je m'en fous, j'abandonnerai pas !"
Et elle relance le truc à nouveau.
Je souris, fière.
Elle est prête.
Les patients sont entre de bonnes mains.

vendredi 9 janvier 2004

Comment survivre ?

Ma dose quotidienne d'hippopotame en antibiotiques m'épuise et m'achève.
J'ai des cernes qui descendent jusqu'au menton, le poil triste, l'oeil hagard.

Et puis, l'infirmier ce matin, en voyant mon doigt, il a ouvert de grands yeux.
- "Ouh là, là, mais c'est pas beau du tout, ça, ça va pas. Y a encore plein de pus, c'est tout inflammé. Vous le revoyez quand le chirurgien ? Y a des chances qu'il faille réopérer."

Et pour couronner le tout, ce matin, j'ai mis un 'ti haut noir à manches courtes, et un pull à manches longues qui grattent.

samedi 10 janvier 2004

En fait, j'aime pas le beaujolais

Faisons table rase du passé, et célébrons le Satanic Kitten Website version bétâ !
Tout est carrément différent et tout a exactement changé.
Après quelques jours de dur labeur, vous en prenez plein les mirettes et moi, je suis toute proche de l'orgasme informatique.
Et pour ceux et celles qui trouvent que c'est tout moche et tout pourri, soit c'est parce que vous utilisez Internet Explorer, soit c'est parce que vous avez aucun goût.

dimanche 11 janvier 2004

Panari Story - Episode XVII

Allez-retour aux Urgences.
L'infirmier en charge de mes pansements a insisté pour que j'y aille dès aujourd'hui, sans attendre le rendez-vous de demain avec le chirurgien qui m'a opéré. Alors que je le taquinais sur tant d'affolement pour un si petit bobo, il a utilisé des gros mots comme nécrose et septicémie.
Ca m'a calmée net.
Car c'est quand même vrai que plus les jours passent et plus mon doigt est moche.
Mais vraiment, vraiment moche.
Une fois aux urgences, je montre mon doigt et on confirme les inquiétudes de mon infirmier. On m'installe dans une chambre, et on me dit d'attendre le chirurgien.
Soudain, les urgences, plutôt calmes, s'embrasent.
Quelques minutes plus tard, un interne de garde désolé revient me faire un pansement - avec du matériel de fortune - et me renvoie chez moi. Ils sont débordés, ils ne pourront pas s'occuper de mon doigt avant le lendemain. Autant que je me rende directement à mon rendez vous chez le chirurgien.
Je comprends, je me rhabille et je prends mes papiers de sortie.
Je traverse une salle d'attente bondée de blessés et de malades. Certains saignent, d'autres boitent. Certains sont patients et compréhensifs, d'autres inquiets, furieux et aggressifs. Une infirmière tente de calmer ceux qui ne sont pas prioritaires.
Je boutonne mon manteau et je sors. Pour travailler aux urgences de nos jours, il faut vraiment avoir la foi.

lundi 12 janvier 2004

On prend les mêmes et on recommence...

J'ai donc gagné à nouveau une place au premier rang dans le bloc opératoire de mon choix, et ce, dès ce soir. Vu la gueule de mon doigt, et de ce qui s'en écoule, c'est pas une grosse surprise. Mais maintenant que je sais ce qui m'attend, chuis pas du tout motivée pour revivre tout ça - et en particulier, l'anésthésie locale par injection dans le tunnel métacarpien. Douloureuse, oui, mais surtout longue et très désagréable.
Je sais bien que je fais ma douillette et ma chochotte, et que je devrais avoir honte de faire tout un plat d'un si petit bobo. Quand on compare, par exemple, avec la description détaillée des aventures d'un autre patient de mon infirmier - pour faire court et résumer, ce patient s'est *bêtement* tronçonné la main droite - je suis tout bonnement ridicule.
J'en ai marre. C'est pas grave ce qui m'arrive, mais qu'est ce que c'est chiant.
Alors, les gars et les filles, écoutez mon conseil : si vous ne voulez pas vous retrouver dans la même situation que moi, arrêtez immédiatement de vous bouffer les petites peaux autour des ongles.

De profondis

La force avec laquelle je claque la porte des toilettes est directement proportionnelle à mon envie de faire pipi.
Ou inversement.
Cette réflexion profonde m'a rappelé une conversation que j'ai eu dans une autre vie avec des bloggueurs célébres, un soir que nous avions abusé en communauté de la bonne bière, avant de se rappeler que les toilettes, ben, elles étaient drôlement loin. Nous avions alors disserté avec philosophie - et pour oublier notre vessie - le long du chemin vers la libération, de ce plaisir intense et universel que l'on ressent en se soulageant après une longue attente. Nous en étions arrivés à la conclusion que le plaisir valait le sacrifice de l'attente, et là, on m'avait honteusement doublée dans la queue pour les toilettes, et j'avais été à deux doigts de mouiller ma culotte.
Ce qui m'avait alors amenée à l'interrogation suivante: on se dit souvent, "oh là là, c'était moins une", et en fait non. Comme quoi, on a des réflexions cons quand on est bourrée à la bière, hein ? (ou quand on ne l'est pas, c'est possible aussi, merci de le faire gentiment remarquer).

Ceux qui se diront que ma soudaine avalanche de posts est due à mon nouveau layout auront raison. Et ceux qui se diront que je parlerais de n'importe quoi pour ne pas penser à ce soir auront raison aussi.

Addicted

J'ai plus le droit de boire et de manger depuis midi, rapport à l'anesthésie.
Mais les Twix et le CocaLight, ça compte pas, hein ?
Hein, oui, que ça compte pas ?!

"T'essaies de battre le record du monde du plus gros doigt ?"

...me demande mon petit frère alors que j'arrive de l'hôpital.
Bin, les panaris, c'est pas comme le sexe, ça fait plus mal la deuxième fois que la première.
J'ai pleuré pendant l'anesthésie, parce que ça m'a grave fait mal, et après, j'ai aussi pleuré au bloc, parce que j'ai bien senti, à cause de l'anesthésie qui avait mal pris.
Je suis repartie chez moi avec des sourires, des plaisanteries - "Allez, à la semaine prochaine, hein !" - et des tas de petites pillules dans un sachet en plastique : de quoi voir la vie en rose pendant quelques heures. Le bonheur.
Et moi qui pensait naïvement qu'ils ne pouvaient pas faire pire que la première fois niveau pansement, j'ai eu la preuve que je les sous-estimais.

mardi 13 janvier 2004

Quel jour on est ?

Bin, voilà, il est sorti.
Et non, je ne vous dirais pas mon mois préféré.
Et non, ahahaha, bande de petits rigolos, ce n'est pas du tout le mois de mai. Mais il faut bien avouer que sur cette photo, j'avais la fièvre. La faute à Pomme ou à la grippe, on ne le saura jamais.

Bravo à tous et surtout à Kitof, le responsable de tout ça (traduction : c'est sa faute, tapez le).

I love Xylocaïne

Cette semaine s'annonce pire que la précédente.
Je me suis évanouie à deux reprises pendant le changement de pansement d'aujourd'hui.
Forcément, ça colle, j'ai plus d'ongle.
Et quand ça colle, forcément, quand on décolle, c'est atroce.
Surtout sur une plaie à vif.

J'ai le doigt ET le moral en compote.

Déformation

Quand y a le mot r00t qui s'affiche en rouge sur l'écran LCD du tout nouveau lecteur de DivX/DVD/Mp3/etc.. - mais il fait pas la vaisselle, dommage - acheté super pas cher chez Géant Casino - mais on peut le trouver aussi chez Leclerc (fin du message publicitaire) - bin, sérieux, moi, ça  m'angoisse d'appuyer sur la touche "Eject" de la zapette.

mercredi 14 janvier 2004

CQFD

Peace and love

Où notre héroïne découvre que neuf doigts, c'est beaucoup moins pratique que dix, mais tant que ça ne l'empêche pas de taper sur un clavier pour raconter sa vie, elle survivra...  - comme si on pouvait mourir du doigt, n'importe quoi !

jeudi 15 janvier 2004

...

- "Oh lalalala, c'est vraiment pas beau.... Il vous a expliqué le chirurgien, comment votre ongle allait repousser ?"
- "...."
- "Ouais, ça va être moche, hein, votre carrière de mannequin de mains est définitivement foutue..."
- "....."
- "Ha mince, y a plus de xylocaïne... Bon, tant pis, on va faire sans. Tenez vous à la table, je vais tirer d'un coup sec."
- "!!"
- "Hé, mais c'était une blague, hahaha, détentez vous un peu, vous avez perdu votre humour avec votre ongle ou quoi ?"
- "...."
- "Ca fait mal ? C'est normal, c'est à vif."
- "...."
- "Vous allez pouvoir revendre vos bagues de majeur gauche, vous savez."
- "?"
- "Bin, ouais, avec la nouvelle gueule de votre phalange, elles passeront plus."
- "...."
- "Allez, vous pouvez respirer à nouveau, c'est fini. Et demain, faites moi plaisir, prenez vos anti-douleurs avant que j'arrive."

Faut jamais faire confiance à un castor

Le chinois du jeudi midi est en passe de devenir une tradition familiale pour la grande joie de toute la famille Kitten. Ce midi donc, les parents Kitten se sont retrouvés en ville pour "faire les soldes pour Papa Kitten". Lorsque l'on sait que Maman Kitten s'en fout que ce soit cher du moment que c'est beau, et que Papa Kitten s'en fout que ce soit moche du moment que c'est bon marché, on peut aisément imaginer la baleine sous le gravier.
Mais cette fois-ci, la scéance de shopping s'était apparemment très bien passée, Maman Kitten étant enchantée d'avoir trouvé et acheté un Castor pour Papa Kitten. Qu'est ce donc encore que cette chose là, demandèrent les enfants Kitten, inquiets. C'est quoi cette histoire de Castor ? Et Maman Kitten d'étaler l'objet en question sur la table du repas, entre le boeuf aux huitres et le porc au caramel, et d'expliquer d'un ton docte. Un Castor, c'est un caleçon normal, n'est ce pas, sauf que ce caleçon est astucieusement pourvu de repose-coucougnettes - ici, et là, ooOOoOoh, font les enfants Kitten - car, à partir d'un certain âge, les coucougnettes ont tendance à pendre, n'est ce pas, et il devient nécessaire de les maintenir, mais vous le saviez, non ? Et bien non, les enfants ne le savaient pas, on en apprend tous les jours dans la famille Kitten !
Alors que la cadette Kitten essaie de chasser de son esprit la pertubante image de Papa Kitten avec les coucougnettes qui pendent, le benjamin Kitten regarde Papa Kitten avec compassion, et l'ainée Kitten examine minutieusement le principe du Castor avec ses 9 doigts :
- "Et ben, 'Pa, t'as pas interêt à mettre ça pour une soirée Twist et Rock'n'Roll. Parce là, ça risque d'être vraiment d'être rigolo."

Si elle existait pas, faudrait l'inventer

*** Début du log IRC ***

[clim] Saleté
[clim] Adolescente à problèmes
[clim] Tyrannique
[clim] Affreuse
[clim] Narcotique
[clim] Iglesias Enrique
[clim] Catin
[clim] Kleptomane
[clim] Ignoble
[clim] Thèse (ah ah ah ah)
[clim] Tordue du bois de Boulogne
[clim] Ecervelé
[clim] Non mais je pensais pas tout ça :)

*** Fin du log IRC ***

vendredi 16 janvier 2004

Post chiant avec une chute trop prévisible

Cette nuit, je rêve des circonvolutions cérébrales, tranchées nettes en coupe axiale, de Lucy Lui alias O-Ren Ishii. Je me réveille avec un petit sourire pile deux secondes avant que la chatoune me balance sa patoune dans la gueule pour cause de retard dans la livraison des croquettes.
D'une main experte, je balance mon oreiller sur Orion qui machouillait la crassule en pensant que je le voyais pas. Et je me lève. Je ne sais pas si c'est l'âge, mais c'est de plus en plus dur. Surtout que si je pose le pied gauche en premier, faut que je recommence tout et généralement, ça loupe pas, je me rendors.
Je me prépare un petit déjeuner équilibré - thé, jus d'orange, pains au chocolat, amoxicilline et dextropropoxyphène, c'est le repas le plus important de la journée - que je mange en regardant les dessins animés en clair sur Canal.
Généralement, à ce moment là, je suis déjà en retard, ce qui n'est pas tellement gênant d'habitude, mais l'est plus actuellement, vu qu'ouvrir à mon infirmier en petite culotte, ça le fait pas trop. Donc, je me dépêche, et du coup, je m'envoie l'elastique qui ferme le sac plastique sur ma main gauche dans le nez, ce qui me fait oublier pendant quelques secondes à quel point j'ai mal au doigt. Je me lave dans ma douche trop petite avec une seule main - j'ai beaucoup du mal avec l'aisselle droite. Je sors, je me sèche le sac plastique et le reste et j'écoute le Mouv' et la météo pour savoir comment diantre je vais m'habiller. Hop, hop, hop, j'accélère le rythme, les fringues, les dents, la brosse à cheveu, ça sonne, c'est l'infirmier. Il est sympa, il a toujours des trucs marrants à me dire, comme, "je vous revois dans 15 jours, c'est ma collègue* qui va s'occuper de vous à partir de demain" (*celle qui fait MAL) ou "Vous supportez pas que je tamponne votre doigt, qu'est ce que ça va être quand il va falloir gratouiller pour aider l'ongle à repousser !".
Le pansement est fini, il s'en va, j'ai le coeur au bout du doigt. Vite, vite, je suis en retard, je prend mon manteau, je sors les chats du placard et je file au boulot. J'arrive au labo, essouflée, quatre étages, ça muscle les fessiers. Je dis bonjour, je dis oui, oui, mon doigt ça va, j'ouvre mon bureau, Prune est en vacances à DisneyLand, la salope.
Je m'installe devant mon ordinateur portable.
Je l'allume, je mets mes lunettes.
Pitin, comment j'ai trooooop pas envie de bosser.

dimanche 18 janvier 2004

Action

C'est la nuit.
Je tourne en rond et je me mets en scène.
J'ai tellement besoin qu'on me touche que ma peau me fait mal.

Math et matique

Deux garçons, une fille, trois possibilités.
Deux garçons, une fille et une gamecube...
Dommage.

lundi 19 janvier 2004

Moustaches again

Je joue de mon sommeil comme un plongeur en apnée libre de ses battements de coeur.
Je subis les heures qui passent sans atteindre mon esprit endormi.
Je me sens déconnectée, ailleurs.
Mes yeux sont lourds et mon souffle est court.
Je regarde ma main droite en imaginant une cigarette qu'il ne faut pas que j'allume.
Il n'y a pas de solution.
Uniquement des problèmes.

mardi 20 janvier 2004

Psycho me

Hier, j'avais rendez vous au service de chirurgie orthopédique pour montrer mon doigt.
J'ai attendu une heure et demie, on m'a enlevé mon pansement, j'ai encore attendu une heure, j'ai vu le chirurgien deux minutes montre en main, il m'a dit, "très bien, on se revoit dans trois semaines", on m'a refait mon pansement, et je suis partie.
Du coup, dans la salle d'attente, j'ai bien avancé dans American Pyscho - j'ai pas décidé encore exactement ce que j'en pensais - et on a comparé nos blessures entre patients.
Passer sans arrêt de Bateman en train de faire des trucs à une fille - ça me donnait chaud partout, alors que je savais qu'il allait la buter, suis-je normale ? - à la description détaillée et parfois sanguinolante des blessures de mes voisins de salle d'attente, ça m'a grillé quelques neurones.
(Et induit un décalage troublant. Genre je me voyais en surimpression en train de les découper tous à la tronçonneuse, mais c'est une autre histoire, non, je ne suis pas folle.)
J'étais assise entre une dame d'un certain âge qui s'était explosé le tibia en tombant d'une échelle, et une jeune femme qui s'était cassé le poignet dans des circonstances... mmm, disons qu'elle a rougi jusqu'aux cheveux quand quelqu'un lui a posé la question.
De tous, j'avais le truc le moins grave, mais j'ai quand même fait mon effet.
- "Et vous ?"
- "Oh, juste un panari, beaucoup de pus, on m'a enlevé l'ongle, c'est pas très grave, mais bordel, ça fait mal !"
- "Mais comment vous vous êtes fait ça ?"
- "En dévorant mes envies..."

mercredi 21 janvier 2004

Saturation

Sur mon bureau, sur ma chaise, sur mon étagère, par terre.
Elles s'étalent, elles envahissent tout.
Des dizaines et des dizaines et des dizaines de feuilles de papier.
Sur chacune de ces feuilles, la vie d'un inconnu anonyme.
Une femme, un homme, un enfant parfois.
Des jeunes, des moins jeunes, des très jeunes aussi.
Ces feuilles racontent leurs vies, et j'imagine leurs bonheurs, leurs malheurs.
Et puis l'horreur, cette chose qui pousse dans leur esprit, et qui trop souvent, met un terme à tout.
Je voudrais pleurer pour eux, et je n'arrive à pleurer que pour moi.

Morceau par morceau

My lover's charms
Are in a box
Beneath my bed
And piece by piece
I'll cherish them
Until the end
Send me an angel to love
I need to feel a little piece of heaven
Send me an angel to love
I'm afraid I'll never get to heaven
They burn my hand
Scar my face
And blind my eyes
I'll steal your breath
And throw away
What I despise
Send me an angel to love
I need to feel a little piece of heaven
Send me an angel to love
I'm afraid I'll never get to heaven
Between these walls
And darkened halls
I've done my time
If I should die
Before I wake
Then you'll know why
Send me an angel to love
I need to feel a little piece of heaven
Send me an angel to love
I'm afraid I'll never get to heaven
Piece by piece
Send me an angel

Garbage - My Lover's Box

jeudi 22 janvier 2004

L'offre et la demande

L'alarme incendie a inondé les couloirs et les bureaux de ce son aigü à la limite du supportable.
Prune et moi, on a refusé de descendre. On a déclaré qu'on préférait brûler avec nos thèses.
Mais en fait, on avait la flemme de se taper 4 étages vers le bas et 4 étages vers le haut pour ce qu'on savait être encore une nième fausse alerte ou exercice.
En attendant que mes oreilles arrêtent d'hurler au viol sonore, je compte.
Je compte le nombre de mails que j'envoie.
Je compte le nombre de mails que je reçois.
Et j'en conclus que cette activité n'est pas du tout rentable.

vendredi 23 janvier 2004

I'm only happy when it rains

Pieds.
Bus.
Pieds.
Métro.
Pieds.
Boulot.
Enfermée, emmitouflée, déconnectée.
Bien au chaud dans ma bulle de musique.
Et le reste du monde tourne sans moi.

Dead Lines

Plan de thèse définitif               30 Janvier
Chapitres 4 et 5                         9 Février
Chapitre 1                               24 Février
Chapitres 2 et 3                         8 Mars
Chapitre 6                               22 Mars
Chapitre 7                                 5 Avril
Chapitre 8                               19 Avril
Finalisation et envoi                   3 Mai
Soutenance                               2 Juillet

Mmm...
Mmmmmm...
AU SECOURS !

samedi 24 janvier 2004

Yiiipikaï

Samedi soir.
Trop de sang dans mon alcool.

lundi 26 janvier 2004

Vers l'infini et au delà

Ce matin...
... l'infirmière était en retard alors j'ai commencé mon pansement toute seule, résultat, il est tout moche et il pendouille.
... j'ai refusé de voir la réalité en face, j'ai mis mon jean préféré que j'ai acheté y a un an et demi, résultat, les coutures sont en train de s'incruster dans ma peau et je ne peux plus respirer.
... je suis arrivée au labo bien décidée à travailler d'arrache pied, on m'apprend qu'il va y avoir une coupure de courant, résultat, je suis toute déboussolée.
Sans dec', la vie est dure pour les super-héros.

mardi 27 janvier 2004

Guronsan est mon ami

Composition des principes actifs :
Glucoronamide 400 mg
Ascorbique acide 500 mg
Caféïne 50 mg

Si j'en prends trop, je palpite de partout.
Si j'en prends pas assez, je dors et je bave sur mon clavier.
Mmmm.
Le dosage est subtil. Très subtil.

Vive la Pomme

mercredi 28 janvier 2004

Bulletin météo

Ciel bleu bleu bleu tout bleu.
Vent froid, vent frais.
Et neige,
Au fond de mon verre.

jeudi 29 janvier 2004

Minimaliste extrêmiste

Formation.
Manifestation.
Incrustation.

vendredi 30 janvier 2004

Numerus Clausus

Deux exemplaires du même bouquin, Geisha, un en anglais, un en français, conséquences de mon impatience à le relire après avoir vu Mme Butterfly à l'Opéra la semaine dernière.
Une nouvelle brûlure, douce douleur volontaire, preuve que faire comme dans les rêves, ça peut faire mal. Un peu.
Un retard monstreux sur mon planning très serré, les jours qui défilent malgré moi, et la rédaction qui ne démarre pas.
Deux cernes sombres, profondes, installées pour durer, sous mes yeux, moi, la marmotte, la rêveuse, je ne veux plus dormir.
Un article à écrire pour le 1er Mars, de nouvelles heures de boulot à trouver dans mes journées surchargées, même pas peur, même pas mal.

Et un fantôme, une ombre.
Un dessin en pointillé.
Moi.

samedi 31 janvier 2004

On the road... again.

Le vent dans les cheveux,
Le soleil dans les yeux,
Les bêtes à ailes dans les dents,
Le paysage qui défile à toute allure,
La musique dans les oreilles pour ne pas écouter les klaxons,
Et la vitesse, enfin... presque.

Tremblez, piétons, automobilistes et cyclistes !
J'm'suis racheté un scooter.