lundi 1 septembre 2003

Odeurs et sons

Il flotte dans l'air comme un parfum de rentrée...
Il y a de la buée aux fenêtres.
Je savoure mon thé en ayant un peu froid aux pieds. Faudra que je pense à prendre une petite laine, il va faire frisquet sous la clim' aujourd'hui.
La chatoune s'endort doucement, roulée en boule sous la couette, après une dure nuit passée à nous réveiller.
Pendant que Buck 65 et PJ Harvey mettent le feu à Canal B, je suis prise d'une folle envie de tailler des crayons et de travailler.
Humpf.
J'ai grave besoin de vacances.

mardi 2 septembre 2003

s/"IRL"/"IVL"/g

mercredi 3 septembre 2003

Couleur colère

Maudire, juste pour le plaisir.
Jetter.
Hurler, juste pour se défouler.
Donner des coups de pieds.
Pleurer de rage, là, assise sur le trottoir.
Respirer, renifler.
Renoncer.
Et tenter de remettre cette putain de chaîne qui a encore déraillé.

Projection

Je suis toujours de très mauvaise méchante humeur, j'ai le poil tout rebroussé à l'envers.
J'ai envie de mordre, juste comme ça. Je voudrais être n'importe qui à part moi.
Mais je fais des efforts. Je me retiens, je suis sociable - j'essaie. C'est dur.
Mon neurochirurgien vient préparer l'intervention de demain. Il s'applique, il réfléchit, il planifie.
Je fulmine violemment en silence à côté de lui devant l'ordinateur quand il pose ses mains sur mon crâne, l'incline doucement dans la position désirée.
- Bon, la tumeur est là, donc si je t'installe comme ça, hmmm...
Ses doigts dessinent des arabesques virtuelles sur ma tête.
Je ferme les yeux et je prend la place du patient.

jeudi 4 septembre 2003

Passe moi le scotch, chéri

Les livres, les films, la télé et la société nous soutiennent que la clé pour des relations constructives et épanouies, c'est la communication.
Encore une belle connerie, tiens.
Le mieux, c'est de fermer sa gueule et surtout, ne pas oublier de sourire.

dimanche 7 septembre 2003

Anniversaire #echoes

Aussi intitulé, un verre ça va, 18 verres bonjour les dégâts.
Fabuleuse et intense soirée parisenne entre fabuleux et intenses blogueurs de tout bords.
Où j'aurais encore démontré avec classe et brio que boire, c'est mal, que le ridicule et la rétro honte ne tuent pas, et qu'il n'y a pas de limites aux conneries que je peux dire et faire en une soirée.
Et le pire ?
C'était génial. Quand est ce qu'on remet ça ?*

(* Laissez moi juste deux semaines, hein, le temps de déssaoûler)

Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran

Mon train démarre en direction du soleil.
Je m'installe comme je peux dans ma place trop petite pour mes longues jambes.
Je branche mon Archos sur Wish You Were Here, option Repeat.
Bien décidée à faire des infidélités à Pérez-Reverte et au Club Dumas - histoire de faire durer les 30 pages qui me restent -, j'ouvre le livre rencontré par un heureux hasard au Relais H de la gare.
"A onze ans, j'ai cassé mon cochon et je suis allé voir les putes..."
Une demi-heure plus tard, je l'ai déjà fini, mais je vais continuer à pleurer et à sourire jusqu'à ma destination.

lundi 8 septembre 2003

Mangez des pommes

mardi 9 septembre 2003

Tangente

Mon humeur oscille.
Comme dans les TPs d'électronique, du temps où j'étais beaucoup plus jeune, je fixe sur l'écran de ma tête le petit point vert de mon humeur pendant qu'il dessine d'absurdes pseudo-sinusoïdes.
Mon humeur oscille entre
la furie totale - mes cheveux crépitent, si, si, je vous jure, j'invente pas, ou presque, mes yeux me brûlent, mes mains tremblent, j'ai du mal à respirer, je hurle mentalement mes insultes préférées (oui, celles avec les ours, les ornythorinques et les canards), je serais capable d'étrangler un Twix à mains nues sans aucune pitié -
et
le dégoût de moi - je connais bien, je suis déjà passée par là, je sais qu'on y survit, mais ça ne m'aide pas.
J'ai mal au ventre.
J'ai envie de me vomir.
A chacun le diable qu'il mérite.

O-door

La porte de mon bureau est ouverte sur le couloir.
Quand la réserve du labo de biologie du bout vient de se faire livrer, ça sent très fort la souris.
Quand elle passe en me souriant, ça sent la bonne humeur et le parfum de grand couturier.
Quand une bonne âme a eu le courage et la bonne idée de retourner les placards de la bibliothèque, ça sent le café frais.
Quand mon responsable de thèse s'en grille une, ça sent... le tabac à rouler.
Quand le labo d'anatomie d'en face brûle ses morceaux de morts périmés, on donnerai n'importe quoi pour n'avoir jamais eu de nez.
Quand notre femme de ménage sort de sa déprime chronique et vient travailler par surprise, ça sent la javel et le frais.
Et aujourd'hui...
Aujourd'hui, les toilettes au milieu du couloir sont encore bouchées.

mercredi 10 septembre 2003

Une fois

Il sonne. Au bout de quelques secondes à peine, elle ouvre. Cigarette à la bouche, lunettes qui lui glissent sur le nez, cheveux ébouriffés. Tellement fidèle à l'image qu'il a gardé d'elle qu'il retient à grand peine un sourire.
- "Salut", dit-il.
- "Salut". Le ton est calme, posé, presque indifférent. A peine ses yeux se sont légèrement arrondis de surprise à sa vue.
- "Heuh, ça va ?"
Elle tient la porte entrebaillée de sa main libre, le corps à l'intérieur, la cigarette qui se consume à l'extérieur. Visiblement, elle ne veut pas qu'il entre, ni qu'il puisse regarder à l'intérieur de son appartement.
- "Pourquoi, ça t'intéresse ? Qu'est ce que tu veux d'abord ?"
- "Heuh, bin, oui, ça m'intéresse, bien sûr. Et, je voulais, euh, je voulais te voir, quoi, te parler."
- "Me parler ?" Elle l'observe, clairement curieuse maintenant. Elle se mordille la lèvre supérieure, relève ses lunettes d'un doigt habitué.
- "Eh bien, ma foi, oui."
- "Tu veux me parler, là, maintenant, après deux ans de silence ?
- "Oui."
- "La dernière fois qu'on s'est parlé, on ne s'est pas quittés en très bons termes, tu t'en souviens ? Disons qu'on s'est même quittés très fâchés."
- "Oui."
- "Et là, maintenant, tu veux me parler ?"
- "Oui."
- "Pourquoi ?"
- "Je vais mourir."
- "Oh. Diantre. Moi aussi, tu sais. Comme nous tous. Un jour."
- "Oui, certes, mais j'espère bien des années après moi."
- "Oh."
Elle le regarde à nouveau. Elle fume sa cigarette. Ses yeux sont indéchiffrables.
- "Attends moi là. Deux secondes, j'arrive."
Elle referme la porte. Il cligne des yeux un instant, déstabilisé. Il recule, se passe une main dans les cheveux, attend. Au bout de quelques minutes, il s'assoit sur la première marche de l'escalier.
Elle sort de son appartement, une bière dans chaque main. Elle s'assoit à côté de lui sans rien dire, pose les bières à ses pieds. Elle extirpe deux rondelles de citron vert de sa bouche et les enfonçe dans chaque goulot. Elle tire une longue rasade d'une bouteille et lui tend la deuxième.
- "Tu vas mourir."
- "Oui."
- "Quand ?"
- "Bientôt."
- "Qu'est ce que tu as ?"
- "Un truc mortel."
- "Je m'en doute, si tu vas mourir. Ca te fait mal ?"
- "Pas encore."
- "C'est pour quand ?"
- "Bientôt."
- "Bientôt quand ?"
- "Deux mois, six mois, pas plus."
- "Et pourquoi tu es venu me voir ?"
- "Je voulais te le dire, te dire au revoir."
- "Mmmmm..."
Elle plisse les yeux, le regarde à travers ses cils. Elle avale un tiers de sa bière d'un coup, laisse le silence s'installer.
- "Ce ne serait pas encore un des tes mensonges à la con pour me sauter encore une fois ?"
Il rit.
- "Non. Mais j'aimerai bien."
- "Quoi ? Me mentir ?"
- "Non."
- "Me sauter ?"
- "Oui."
- "Crève."
- "Oui. Bientôt."
Elle sourit, sort une cigarette d'un paquet abîmé, l'allume et tire une longue bouffée.
- "Tu vas faire quoi ?"
- "Quoi quoi ?"
- "Avant."
- "Avant de mourir ?"
- "Oui."
- "Je ne sais pas."
- "T'as au moins deux mois. Tu vas faire quoi ?"
- "Voyager. Tant que je peux."
- "Voyager..."
- "Oui."
- "Où ?"
- "Je ne sais pas."
- "Eh ben, tu sais pas grand chose."
- "Désolé, je n'avais pas prévu de mourir, hein."
- "C'est tout toi, ça, tu ne prévois jamais rien."
Il sourit, sirote sa bière. Elle fume tranquillement sa cigarette jusqu'au filtre, l'écrase sur la marche. Elle repose sa bouteille presque vide.
-"Bon, attends moi."
- "Ha ?"
- "Je vais faire mon sac."
- "Ton sac ?"
- "Oui."
- "Pourquoi ?"
- "Je vais voyager avec toi."
- "Oh !"
- "Oui."
Elle se lève. Il la regarde, abasourdi.
-"C'est de ma faute. J'ai tellement souhaité que tu crèves, ça me parait juste que je sois avec toi quand ça t'arrive."
Elle se penche, l'embrasse. Elle a goût de bière et de cigarette.
-"Et qui sait, en deux mois, peut être bien que tu me sauteras au moins une fois."

jeudi 11 septembre 2003

J'veux du cuir

Alors que je pédalais gaiement sous la pluie y a quelques jours, j'avais vaguement vu sur un panneau d'arrêt de bus une publicité pour La Redoute qui disait : "Le shopping devrait être remboursé par la Sécu" et je m'étais dit "Mmm" et je n'avais pas eu le temps de développer ma pensée parce que j'arrivais sur la méchante grimpette qu'il y a juste avant chez moi.
Aujourd'hui, cette morose journée qui s'annonçait grincheuse, pluvieuse, pleine de brouillard, de déprime et d'ennui, s'est trouvée fortement améliorée par une intense séance de shopping improvisé avec ma tite maman d'amour et sa fabuleuse carte de crédit qui ne sait me résister.
- "Mmmm, il te va trop trop bien cet amour de blouson en cuir, il est à combien ?"
Je lui montre l'étiquette.
- "Ha oui, quand même, wah-Arg !"
Je pose devant la glace.
- "Bon, allez, on le prend, t'es trop belle avec. T'as jeté un oeil aux pulls et aux chaussures ?"

Le shopping devrait être remboursé par la Sécu.
Ma mère aussi.

vendredi 12 septembre 2003

Café et conséquences

Je dois bien le reconnaitre, j'arrive souvent tard au boulot le matin. Quand je dis tard, c'est par rapport aux autres, ils sont déjà tous là depuis une demie heure, voire trois quarts d'heure. Résultat, je me tape la tournée de bisous et de poignées de main - et même dans un petit labo, c'est long - et je loupe le café du matin.
Le café du matin.
En plus de m'être vital puisqu'il me donne la force nécessaire de me trainer jusqu'à mon bureau pour allumer mon portable, il est très souvent aggrémenté de surprises très agréables comme des pains aux chocolat tout frais, des gâteaux ou des croissants.
Et surtout, surtout, c'est à ce moment là que sont échangées les informations importantes.
Du genre, grosse coupure de courant dans l'après midi, visite des huiles de la Faculté, présentation surprise de mes travaux devant des industriels en vadrouille...
Informations que je n'apprends généralement que cinq minutes avant l'heure, la bouche ouverte, le coeur palpitant d'angoisse et les paupières en mode guirlande clignotante de sapin de Noël.
Puisque je le loupe tous les jours, ce putain de bien trop tôt de café du matin.
Et je ne me ramasse que les miettes.

dimanche 14 septembre 2003

Circonflexe

Une demie graine a germé dans ma tête.
Mon cerveau pulse violemment contre sa barrière en os.
J'attends la floraison et la libération.
Manque de sommeil, sûrement.
Manque de raison, peut être.
Et certainement, beaucoup, beaucoup trop de questions.

lundi 15 septembre 2003

Chienne de thèse

L'astuce avec les réunions du lundi matin, c'est de ne pas les oublier.
Celle de ce matin, je m'en suis souvenue juste dix minutes avant alors que je finissais de me brosser les dents dans l'évier de la cuisine - oui, la salle de bains n'est toujours pas terminée.
Trois feux rouges grillés et deux excès de vitesse plus tard, j'arrive à peine en retard.
Evidemment, sans avoir rien préparé.
Dans le bureau de l'industriel attentif, je me lançe donc, lunettes alertes et jambes croisées, dans un des exercices que je maîtrise le mieux : improviser. C'est dingue comme je sais bien vendre mon sujet de thèse aux autres, moi qui ai complètement renoncé et qui n'y croit plus depuis maintenant des mois.
Je suis lancée, je parle, je fais des gestes, je brasse de l'air et des idées, mon auditoire m'écoute en hochant la tête, presque déjà convaincu.
Quand soudain, je m'arrête. Mes yeux s'écarquillent, j'ouvre la bouche, je la referme, je tremble, je pousse des petits cris, je m'agite sur mon siège.
Une énorme langue rapeuse surgissant de sous le bureau de l'industriel et appartenant à son boxer fétiche, a entamé le nettoyage minutieux de mon pied gauche.

Oops I did it again

Humpf.
Encore une belle après midi ensoleillée passée à faire des tonnes de tas de trucs autre que...
Travailler mon sujet de thèse.
Avancer ma rédaction.
Poursuivre mes recherches.

Mais...
Ne m'importunez plus, laissez-moi soupirer,
Je cherche le silence et la nuit pour pleurer.

mardi 16 septembre 2003

Mathématiques et fiction

"Would you tell me, please, which way I ought to go from here?'' said Alice.
"That depends a good deal on where you want to get to,'' said the Cheshire Cat.
"I don't much care where---'' said Alice.
"Then it doesn't matter which way you go,'' said the Cat.
"---so long as I get somewhere,'' Alice added as an explanation.
"Oh, you're sure to do that,'' said the Cat, "if you only walk long enough.''

Alice's Adventures In Wonderland - Lewis Carrol

mercredi 17 septembre 2003

Sushis sans soucis

Hier soir, on a commencé par un restau japonais, avec yakitori et poisson cru, mais même pas sur les corps nus de Nacara, Kobal2, taxi, Mandarine et Corsac. Dommage, une autre fois peut être.
Ensuite, j'ai pu tester et apprécier : les confortables fauteuils de chez Mandarine, les cigarettes faites maison de Stan, le Coca, la pouvoir de persuasion de Nacara quand elle veut te donner envie de lire des romans qu'elle a aimé, le Malibu, l'agilité de Kobal2 qui n'est même pas tombé par la fenêtre, le vin, la facilité et l'aisance avec laquelle taxi a squatté un fauteuil entier à lui tout seul - méthode brevetée : fermer les yeux, faire semblant de dormir, ne rien perdre de la conversation.
Conversation qui avait évidemment des "que de la gueule !" et des "prouve-le !" en guise de ponctuation.
Après, Mandarine m'a regardé et elle a ri : "Je t'imagine rentrer chez toi en vélo, Saki, et je trouve ça drôle."
Ha oui, effectivement.
Et bien, sur le chemin du retour, mon vélo avait des ailes.
Sûrement parce que je pesais plus rien.

Gastronomie sanguine

Donner son sang, ça n'a que des avantages.
D'abord, ça fait même pas mal et c'est super bien pour les gens qui en ont besoin, toussa.
Et en plus, pour à peine 450 ml et un grand sourire, tu te récupères ton repas complet pour midi : sandwich au jambon et au fromage, pomme, tomate, oeuf dur, petits gateaux et canette de Coca.
Si c'est pas royal ça.

[Edit : note à la benête que je suis, éviter la prochaine fois que je donne mon sang de choisir le lendemain d'une soirée l'ayant rendu un peu illicite]

jeudi 18 septembre 2003

Morts oniriques

En mer, je suis en train de faire la planche sous un ciel bleu turquoise. Un énorme requin me happe par en dessous et me dévore en quelque secondes.
En ville, sur une place ensoleillée, je joue à Chat Perché avec des amis. Une voiture folle fait une embardée, me fonce dessus à vive allure et m'expédie dans les airs.
En montagne, je m'approche un peu pour admirer la magnifique vue, un bouquet d'Edelweiss à la main. Un homme cagoulé surgit de nulle part et me pousse dans le vide.
A la campagne, je machouille un brin d'herbe allongée dans un champ de blé en regardant la forme des nuages. Un hélicoptère se détache dans l'horizon, vole vers moi et me crible de balles.

Humpf. Okaaaaay.
Quelque soit le rêve que je fais, mon subconscient me fait assassiner, et dans la douleur en plus.
Doit sûrement y avoir un message quelque part.

vendredi 19 septembre 2003

Kick me I'm stupid

dimanche 21 septembre 2003

Un dimanche en famille

On arrive bons derniers. En retard donc, mais on vient de loin.
On traverse le grand jardin, vers l'arbre magnifique d'où tombent les chats, et qui protège du soleil une longue table blanche.
Tournée des bonjours. 120 bises sonores, à raison de 4 par tête, même les bambins.
Et les commentaires fusent.
"Salut, Saki, ça va ? T'as encore grandi ma parole.."
"Bonjour, Saki, ça fait longtemps dis donc, t'as quel âge maintenant ? 27 ans !! Wah..."
"Alors, Saki, toujours pas mariée ?"
"Vous vous souviennez de Saki quand elle était haute comme ça, et qu'elle <insérez ici une histoire bien ridicule et bien honteuse tout droit sorti de ma petite enfance>."
"Bin, Saki, c'est pour quand le bébé ?"
"Toujours en thèse, Saki ? Mais ça fait des siècles, non ?"
Epuisant. Heureusement dans les heures ensoleillées qui vont suivre, mon moral d'alcoolique va remonter en flèche.
"Tiens, Saki, passe moi ton verre que je te fasse goûter ce petit Château Margaux."
"Saki, c'est toi qui adore le Sauternes ? J'ai ramené une bouteille de '96, tu vas m'en dire des nouvelles..."
"Tiens, ce Coteau du Layon, Saki, qu'est ce que tu en penses ?"
Mon verre n'est jamais vide.
"Fille d'ivrogne !" me lance mon petit papa qui trône comme un pacha à l'autre bout de la tablée.
Je souris. Gentiment saoûle et gorgée de soleil, au milieu de gens qui m'aiment, je suis bien.
Une petite petite cousine 4 fois plus jeune que moi m'escalade et s'installe sur mes genoux.
Elle ronronne dans mon cou, me fait plein de petits bisous, et murmure dans mon oreille :
"Saki, quand j'serais grande, j'serais comme toi."

lundi 22 septembre 2003

A chaque problème, sa solution

J'ai mal à la tête, et ça m'énerve.
J'ai pas envie de bosser, et ça m'énerve.
Je suis fatiguée, et ça m'énerve.
Je suis enrhumée, et ça m'énerve.
Ma paupière gauche me démange, et ça m'énerve.
Mon soutif est trop petit, et ça m'énerve.
Il pleut à torrents dehors, et ça me déprime.

Je laisse libre court à ma très mauvaise méchante humeur, et ça, ça m'enchante.

Des Origines

Pour ceux qui se demandent d'où vient mon surnom si terriblement efficace, la réponse est ici - ceux qui ne se demandent pas, bin, je les emmerde. Voilà.

La première histoire, KITTEN, commençe .
Et la seconde, KITTEN II, ici.
Enjoy.

mercredi 24 septembre 2003

Tant de choses, si peu de temps (ou l'inverse)

Bilan de la chasse au livre hier soir, que dalle, néant, zéro. Zut. Crotte. Etc.
J'ai par contre bien apprécié mes déambulations dans ce parc superbe où je ne vais pas assez souvent. J'ai pu y jouer des scènes dignes de Alice aux Pays des Merveilles.
- "Bonjour, vous pourriez lever les pieds ? Je cherche un livre..."
- "Ha non, non, pas mon livre, un livre."
- "Non, il est pas perdu. Mais je le cherche."

Sinon, en vrac, ma chatoune est possédée par le Malin - elle tue et elle massacre avec une violence inouïe la tribu d'Ours en peluche qui peuple ma chambre à coucher -, mon affreux torticoli contamine douloureusement le haut de mon dos et mes épaules, demain j'arrête ma thèse pour de bon, faut que j'aille faire les courses, y a plus de lait - ce qui expliquerait le comportement de la chatoune, si vous voyez ce que je veux dire hahahaha ahem pardon -, et mon lave vaisselle est agonisant.
Vous vous en foutez ?
Mes petits tracas vous ennuient, vous baillez ? Si, si, je vois bien.
Alors, surtout, ne cliquez pas ici.

jeudi 25 septembre 2003

Si ça continue, va falloir que ça cesse

Repas de midi, p'tit restau sympatoche avec deux amies.
- "Saki, tu vas à l'anniversaire de Machin ?"
- "Squand ?"
- "Décembre."
- "Ouh lalalala, malheureuse, mais c'est vachement loin, ça, Décembre."
- "Tu rigoles, c'est dans presque deux mois..."

*SCHPROUINKGrrrrrrrrrrrrrrrrrr*

- "Hé, Saki, pourquoi tu bouges plus ?"
- ...
- "Han, mais regarde, c'est bizarre, elle bouge plus... Elle reste là, la bouche ouverte, les yeux ecarquillés..."
- "Bah forcément, aussi, lui annoncer ça comme ça, sans ménagement."
- "Mais quoi donc ?"
- "Bin, Décembre. Dans deux mois."
- "Oh. Sa thèse, c'est ça ? Son manuscrit, toussa."
- "Oui."
- "C'est marrant, hein, elle bouge toujours pas... "
- "Tiens, passe moi son assiette, j'vais la finir."

vendredi 26 septembre 2003

L'Enfer Administratif

En Novembre, je vais à Montréal.
Oui, je vais en congrès quand même, malgré le rejet de mon article, mais je vous raconte pas tout ce que j'ai du promettre en échange. Hahaha, je vous vois venir, bande d'obsédés, non, pas du tout, j'ai du promettre de travailler, et d'arriver à l'heure le matin, vous vous rendez compte ?
Bref.
En Novembre, je vais à Montréal. Et pour ça, il me faut un billet d'avion.
C'est simple, vous vous dites, qu'est ce qu'elle nous embête ? Suffit d'aller sur le Ternet et de cliquer sur "Oui, je paye avec ma CB Magique".
Et bien, non. C'est mon labo qui paye. Donc, l'INSERM. Donc, c'est le bordel.
J'en suis à 5 coups de fil, 3 fax, 6 photocopies, 2 annulations, 4 confirmations et évidemment avec des interlocuteurs différents à chaque fois, sinon c'est pas drôle. Je dois encore remplir le formulaire B22, le E456 et la "feuille rose dans le tiroir en haut à gauche". Pire qu'un parcours du combattant.
Et après, on reproche au chercheur de ne pas s'ouvrir au monde...

samedi 27 septembre 2003

J'ai mal et j'aime ça

Un court trajet dans la purée de pois qui enhavit le matin, et la pancarte surgit dans la lumière de mes phares. "Centre équestre". Je pile, manque de me faire défoncer le parc choc-arrière par la voiture qui me collait et m'engage sur le parking. Un manège, une carrière, une rangée de box peints de couleur vive. La respiration des chevaux leur dessine des barbapapas autour des naseaux. J'attache fébrilement mes chaps fraichement achetées au Décathlon du coin et je m'avance.
- "Ah, c'est toi la nouvelle ? T'as pas monté depuis 10 ans, ma parole, ta bombe n'est plus aux normes."
Je papillotte des yeux. Appuyé sur sa fourche, le type qui vient de me sortir ça est une véritable caricature. Bêret informe, vêtements cradingues, gitaine maïs roulée au coin de la bouche... Il me broie la main en souriant largement.
- "Bon, on verra les formalités plus tard, quand t'auras bien mal partout, tu payeras sans sourciller. En attendant, tu vas me panser et me seller Voltigeur.  Méfie toi, il chique et il botte. Enfin, s'il sent que tu as peur."
Je me dirige vers le box de Voltigeur, qui a du être un bulldozer dans sa vie précédente.
Je panse et je selle sans autre incident notable qu'un écrabouillage en règle de mon pied gauche.
Je rejoins le reste de la reprise au manège et je m'installe sur mon bulldozer.
- "Bon, tu vas voir, il est un peu sec et dur de la bouche, secoue le, hein."
On commence. Echauffement au pas, puis au trot enlevé. Ensuite, les choses sérieuses, trot assis, galop avec et sans étrier, changements de main, etc... Des muscles qui n'avaient pas travaillé depuis des années se rappellent douloureusement à ma mémoire. Mes reflexes reviennent, ma position aussi. Talons, chevilles, molets, genoux, cuisses, bassin, épaules : souples. Coudes prêts du corps. Mains fixes.
Voltigeur est un bulldozeur avec un rocking-chair comme siège.
Une heure et demie plus tard, je démonte, le corps en vrac, les cheveux collés par la sueur sous ma bombe, les jambes toutes flageolantes et un sourire banane.
- "Alors, ça a été avec Voltigeur ? J'en connais une qui va souffrir ce soir.."
Je ris avec lui. "Je vais m'inscrire", je dis, aux anges, "et ce cheval est un amour."
L'amour de cheval tourne sa tête vers moi et me chique l'oreille en récompense.

dimanche 28 septembre 2003

Bad bad girl

[...]
What I need is a good defense
'Cause I'm feelin' like a criminal
And I need to be redeemed
To the one I've sinned against
Because he's all I ever knew of love

Let me know the way
Before there's hell to pay
Give me room to lay the law and let me go
I've got to make a play
To make my lover stay
So what would an angel say
The devil wants to know
[...]

Fiona Apple - Criminal

lundi 29 septembre 2003

Aie

C'est bien simple, j'ai mal PARTOUT.
Il n'y a pas un muscle qui ne me fait pas mal.
J'ai les molets durs comme du béton, donc, je boite des deux jambes.
J'ai mal aux cuisses, donc je marche en canard.
J'ai mal au bas du dos, donc je marche penchée en avant.
J'ai mal aux épaules, donc j'allonge le cou.
Je vous raconte pas l'allure et le syle de ma démarche.

Et là, j'ai très envie d'un Coca Light. 4 étages vers le bas, 4 étages vers le haut.
Durée du trajet estimée à 436 "aïe", 231 "ouïlle" et 67 "putain de bordel de merde mais qu'est ce qui m'a pris de me remettre à l'équitation, moi..."

Tout pareil

mardi 30 septembre 2003

Murphy suce des ours

Hier soir.
Je rentre toute fatiguée d'une dure journée de boulot - QUI A RIGOLE ?
Ahem.
Je reprends.
Je rentre toute fatiguée d'une dure journée au labo.
Dans ma chambre, sur ma belle couette, un double ignoble vomi de chat m'attend gaiement.
Youpi.
Je soupire, je nettoie couette et housse dans l'évier de la cuisine au savon de Marseille, quand je réalise que mes pieds sont mouillés. Ha. L'évier de la cuisine fuit.
Youpi.
Alors que je tente de localiser la fuite, j'entend la chatoune qui gratouille dans son bac à litière. Je regarde et je la surprends en train d'en expulser ses crottes.
Humpf.
Je la gronde, je nettoie et en me relevant, je heurte très violement l'arrête du mur au dessus de la poubelle avec mon tendre front.
Je tombe assise par terre, et je pleure.
Conclusion : Murphy est un connard et maintenant, en plus de marcher comme si j'avais la polio, je ressemble à une licorne.

Je ne suis pas qu'un numéro !

Ma thèse, c'est une CIFRE.
En théorie, une thèse CIFRE, c'est moitié moitié recherche en labo et en entreprise.
Sauf que moi, la filliale de l'entreprise qui me finance, celle avec qui je devais bosser, celle qui développait les softs dans lesquels je devais intégrer mes travaux, bin elle a fait faillite 3 mois après le début de ma thèse.
Mais, heureusement - ou malheureusement, hein, finalement, avec deux ans et demi de recul - la maison mère a décidé de continuer à me financer même si je ne travaillais plus avec elle faute d'interlocuteur dans mon domaine.
Ca m'a valu au cours de ces années de thèse des plutôt situations comiques, comme, par exemple, mes coups de fils à la DRH pour poser mes jours de congés, et la DRH me demandant poliment qui diable je suis et pourquoi donc je l'appelle ?
Mais ça s'arrangeait toujours plus ou moins, parce qu'il y avait quelqu'un qui savait qui j'étais, quelqu'un qui m'avait rencontrée en vrai, le directeur de la Division Médicale. Celui qui avait signé mon contrat. Celui qui prenait parfois de mes nouvelles, m'appelait sa thésarde préférée, et s'excusait de ma situation délicate.
Je viens de l'appeler ce matin, j'ai besoin d'un document officiel.
"Mais Monsieur DDM ne travaille plus chez nous, mademoiselle. Rappelez moi qui vous êtes ?"
Han.